Top 10 2019 de Delphine Larose

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7 janvier 2020 par Delphine Larose

Top 10 Delphine

Je ne pensais pas être aussi nostalgique en écrivant ce palmarès de mes coups de cœur de 2019. C’est comme si l’entrée dans cette nouvelle décennie tournait la page sur une époque de ma vie où j’ai réellement découvert le cinéma et où j’ai appris à forger ma propre identité cinématographique. Il y a eu les journées cinéma chez Paul, les étés à louer aléatoirement des films à la BAnQ, les projections pendant mon baccalauréat à l’université Concordia… Dans ces années charnières de ma vie, il y avait quelque chose de rassurant à savoir que le cinéma était là pour m’accompagner au gré des saisons. Même s’il y a quelque chose d’assez effrayant avec l’arrivée de ce nouveau chapitre, je peux me dire que peu importe, il y aura toujours des films pour me rassurer. Allez, trêve de nostalgie, voici donc les 10 films qui ont marqué mon année cinématographique !

Mercedes (Nora Navas) und Salvador Mallo (Antonio Banderas)

10. DOLOR Y GLORIA [DOULEUR ET GLOIRE] – Pedro Almodóvar
La ligne est mince entre réalité et fiction dans le dernier Almodóvar, qui traite de la vie d’un réalisateur vieillissant se posant des questions sur l’avenir de sa carrière et la postérité de son œuvre. Certains thèmes récurrents chez le cinéaste reviennent dans ce film, notamment la relation entre la mère et l’enfant, qui est exécutée avec infinie tendresse par Penélope Cruz. Puis il y a cette lenteur qui nous transporte tout doucement dans ce récit sans artifice, rempli d’émotions véritables et sincères. Il faut également noter l’interprétation mémorable d’Antonio Banderas ; c’est comme s’il tenait un miroir pointant vers le réalisateur et qu’il réussissait à lui capturer chaque instant de vulnérabilité et d’authenticité.

Love Anthosha

9. LOVE, ANTOSHA – Garret Price
J’avais 14 ans quand je suis tombée pour la première fois en amour avec Anton Yelchin, quand je l’ai vu dans la série HUFF que j’écoutais avec mes parents. Puis, cette deuxième fois à 21 ans devant LIKE CRAZY, où je n’arrivais pas à comprendre comment il était possible de jouer une histoire d’amour aussi sincère au grand écran. Il y a eu les larmes, quand j’ai appris son décès beaucoup trop tôt (à l’âge de 27 ans), d’une manière rappelant les pires films d’horreur américains. Et finalement, ce documentaire célébrant sa vie, exposant tout le génie du jeune prodige, de celui qui a tant accompli (comment est-ce possible de jouer dans soixante-neuf productions en si peu de temps ?). Un hommage à la hauteur d’Anton qui rend son départ encore plus difficile.

Once Upon a Time

8. ONCE UPON A TIME… IN HOLLYWOOD – Quentin Tarantino
Ça aurait pu être dangereux de jouer avec les faits véridiques comme Tarantino l’a fait avec ONCE UPON A TIME… IN HOLLYWOOD. Heureusement, cela a été fait avec brio, avec la parfaite touche d’humour et tout juste assez de cynisme pour nous transporter à l’âge d’or d’Hollywood. Leonardo DiCaprio est excellent dans son rôle d’acteur western déchu, et Brad Pitt équilibre le tout avec sa présence apaisante. Un film qui m’a agréablement surprise et qui change un peu du registre habituel du réalisateur. Rafraîchissant !

The Irishman

7. THE IRISHMAN [I HEARD YOU PAINT HOUSES] – Martin Scorsese
On l’a vu des tonnes de fois au cinéma, l’histoire du gangster qui démolit tout sur son passage. On l’a aussi vu également plus d’une fois chez Scorsese, mais il y a certainement quelque chose de bien spécial dans THE IRISHMAN. Je crois qu’il s’agit d’un rapprochement vers la vulnérabilité de l’homme vieillissant, autant chez le personnage que chez l’acteur et chez le réalisateur. C’est comme si on annonçait un nouveau chapitre dans le cinéma de Scorsese : un retour aux sources, en y ajoutant une dose de sensibilité et d’élégance. On savoure pleinement les trois heures et demie en compagnie de Robert De Niro qui est impeccable du début à la fin.

Booksmart

6. BOOKSMART – Olivia Wilde
Ça prend une belle bande de femmes pour faire un film comme BOOKSMART : quatre scénaristes qui décrivent avec perfection la réalité de l’adolescence aux temps modernes, deux actrices qui jouent avec sincérité et générosité et finalement une réalisatrice qui met le tout à l’écran de la manière la plus brillante qui soit. Il est impossible de ne pas s’attacher à ces deux jeunes ados marginales, qui essaient de trouver une place dans cet univers si hermétique qu’est notre passage à l’école secondaire. Avec du recul, j’aurais aimé avoir toute l’intelligence, la sensibilité et la prestance de ces filles à 16 ans, parce qu’elles sont vraiment sur la coche !

The Two Popes

5. THE TWO POPES – Fernando Meirelles
Quand on demande à deux grands acteurs comme Anthony Hopkins et Jonathan Pryce de jouer respectivement les papes Benoit XVI et François, on peut difficilement perdre au jeu. Capturant ce moment de transition au Vatican, THE TWO POPES expose d’abord et avant tout la vie de deux papes qui, si différents qu’ils puissent l’être l’un de l’autre, se retrouvent dans la foi. Habituellement représenté comme des surhumains, il est intéressant de voir les deux personnages en toute simplicité et vulnérabilité. Il serait finalement difficile de ne pas mentionner la force du scénario ; bien que dense et complexe, il est porté avec brio par les deux acteurs principaux et nous plonge directement dans un univers habituellement fermé à double tour. S’agit-il de la réalité, est-ce teinté de fiction ? Peu importe, on s’en fout. Ce film vaut le détour.

Midsommar

4. MIDSOMMAR – Ari Aster
Comment est-ce possible de faire un film aussi épeurant dans un paysage nordique en plein solstice d’été ? Brisant les codes conventionnels de l’horreur, Ari Aster amène une toute nouvelle dimension au cinéma de genre, avec un soleil éclatant, des costumes d’un blanc immaculé et ces fleurs colorées à n’en plus finir. Il est difficile de rester indifférent à ce que l’on voit ; aussi sournois qu’il soit, MIDSOMMAR s’installe tranquillement pour finalement atteindre un paroxysme déconcertant, qui nous hante pour un long moment. Ça donne envie de se réserver un billet d’avion pour la Suède… NOT.

Uncut Gems

3. UNCUT GEMS – Benny & Josh Safdie
S’il n’y avait qu’un mot à utiliser pour parler de ce film, c’est CHAOTIQUE, en majuscules et en caractères gras. Dans la même veine que GOOD TIME, UNCUT GEMS nous transporte dans un périple étrangement envoutant, passant d’un voyage à l’intérieur d’un colon jusqu’au Furby en diamants. Plus surprenant ; qui aurait cru voir un Adam Sandler au sommet de son art dans ce dernier opus des frères Safdie ? Tout dans ce film est déroutant ; il est impossible de savoir où l’on s’en va et le niveau d’intensité ne descend pas d’une minute à l’autre. Il y a ce moment où le générique de fin apparait à l’écran et il est impossible de reprendre son souffle : on le doit autant au génie des réalisateurs qu’à la densité du récit que l’on vient de voir.

Little Women

2. LITTLE WOMEN – Greta Gerwig
Bien que LITTLE WOMEN se situe dans une époque révolue des États-Unis, son sujet est toujours d’actualité et apporte réflexion sur la place de la femme au sein de la société contemporaine. Mais au-delà de tout ça, c’est d’abord et avant tout l’histoire d’un clan de femmes, quatre sœurs et une mère qui s’aiment inconditionnellement malgré les fortes tempêtes de la vie. Il y a tous ces moments où l’on a l’impression de regarder des œuvres d’art, des scènes peintes seulement avec les plus belles couleurs et nuances de pastel. Il y a également cette lumière, ces lueurs, qui capturent chaque facette d’elles, le regard de Gerwig sur ces femmes étant rempli de bienveillance et d’amour pour chaque plan du film. Parce que c’est ça au fond, l’essentiel de LITTLE WOMEN.

Parasite

1. PARASITE – Bong Joon-ho
Je pense que vraiment tout a déjà été dit sur l’impressionnant PARASITE de Bong Joon-ho, et j’ai peur de ne pas être assez pertinente pour être à la hauteur des éloges que ce film mérite. Mélange parfait entre BURNING et UNE HISTOIRE DE FAMILLE, PARASITE nous amène dans les recoins du beau et du laid, de l’amour et de la haine, de l’ordre et du chaos. Une expérience cinématographique bien difficile à oublier.

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