Top 10 2018 de Mario Melidona

Poster un commentaire

12 janvier 2019 par Mario Melidona

top 10 mario melidona

Si dans la « vraie vie », 2018 fut une année plutôt merdique, laissez-moi vous dire que la télévision permet de supporter le tout. De nouvelles séries et des surprises ont fait tomber de la liste certains des choix apparaissant dans les années précédentes, tandis que d’autres défendent encore leur place avec brio. Plus de 500 séries dramatiques ont pris d’assaut les ondes (et les bandes passantes surtout), et ce sans compter les séries documentaires ou la téléréalité. Netflix est responsable d’un nombre toujours plus croissant de cette offre gargantuesque, tandis que certaines des plus grosses séries de notre époque ont fait une pause en 2018 (GAME OF THRONES, FARGO ou STRANGER THINGS notamment). Bref, voici mon Top 10 de l’année.

the good place

10. THE GOOD PLACE – Michael Schur
Voici une série qui sait se renouveler constamment. THE GOOD PLACE, pour cette saison, nous montre l’architecte Michael (Ted Danson) qui conduit les personnages d’Eleanor (Kristen Bell), Chidi (William Jackson Harper), Tahani (Jameela Jamil) et Jason (Manny Jacinto) de retour sur terre, effaçant de leur mémoire leur existence précédente au Mauvais Endroit, afin qu’ils puissent devenir de meilleures personnes et accéder enfin au véritable Bon Endroit. Le créateur Michael Schur et son équipe de scénaristes ont conçu des épisodes tous plus éclatés les uns que les autres, le meilleur étant sans doute JANET(S), celui où D’Arcy Carden évoque Tatiana Maslany d’ORPHAN BLACK en interprétant les quatre rôles principaux des personnages se cachant à l’abri dans le vide interne de Janet (une intelligence artificielle à apparence humaine). Je sais, ça ne fait vraiment pas de sens dit comme ça, c’est pourquoi il faut absolument l’écouter.

pose

9. POSE – Ryan Murphy, Brad Falchuk et Steven Canals
Billy Porter ! Si je pouvais concrétiser un vœu, ce serait de placer Billy Porter dans toutes les émissions ! (Il a un rôle conséquent dans une autre série de Ryan Murphy, AMERICAN HORROR STORY : APOCALYPSE). Porter joue ici le rôle de Pray Tell, qui nous guide dans le New York underground des années 80 où la scène des Balls et des drag queens doit faire face à la crise du sida. La série suit plusieurs actrices transgenres, des nouvelles venues, qui interprètent des personnages transgenres dans une histoire transgenre écrite par des scénaristes transgenres. Le producteur exécutif Ryan Murphy a conçu plusieurs grandes séries contemporaines (AMERICAN HORROR STORY, AMERICAN CRIME STORY, 9-1-1, FEUD), et celle-ci, développée par Steven Canals, se déroule dans le milieu LGBTQ+. Au fond, elle se concentre sur une seule chose, très simple : on peut choisir sa famille.

killing eve

8. KILLING EVE – Phoebe Waller-Bridge
C’est un véritable délice d’observer le jeu du chat et de la souris auquel se livre Eve Polastri (Sandra Oh) et Villanelle (Jodie Comer). Eve, une agente britannique, est intriguée par Villanelle, une assassine idiosyncrasique. Conçue par Phoebe Waller-Bridge, KILLING EVE est une proposition féminine élevée par son humour noir et ses deux actrices magnétiques. Même si la série est parfois inutilement compliquée, comme lors du passage en prison qui a été repris en masse par les internautes sous la forme de mèmes, elle propose un rythme enlevant qui captive totalement.

the haunting of hill house

7. THE HAUNTING OF HILL HOUSE – Mike Flanagan
Évidemment que THE HAUNTING OF HILL HOUSE ferait bonne figure dans mon Top 10. Profitons-en pour dire à quel point l’épisode TWO STORMS parvient à explorer avec maestriales traumatismes de l’enfance et de l’âge adulte grâce à des plans-séquences hallucinants qui confirment la cohérence de la vision de Mike Flanagan. J’écrivais à ce propos dans ma critique : « Flanagan réussit un véritable exploit de mise en scène dans cet épisode, et c’est loin d’être le seul haut fait d’armes de la série ; ailleurs, il fera se croiser les différentes versions des membres de la famille à l’intérieur du même plan, tandis que passé, présent et futur convergent. »

the end of the f***ing world

6. THE END OF THE F***ING WORLD – Charlie Covell
Une véritable surprise que cette amitié délicieusement trouble entre les psychopathes James (Alex Lawther) et la rebelle Alyssa (Jessica Barden), qui décident de partir en voyage sur la route afin d’échapper à la vie tumultueuse de banlieue. Dire qu’à la base cette relation s’est développée, car James voyait en Alyssa sa première victime de meurtre ! Rapidement, ils développeront une codépendance qui leur est propre. Basée sur le roman graphique de Charles Forsman, cette minisérie en 8 épisodes coproduite par Channel 4 et Netflix est écrite par Charlie Covell et réalisée par Entwistle et Lucy Tcherniak.

craxy ex-girlfriend

5. CRAZY EX-GIRLFRIEND – Rachel Bloom et Aline Brosh McKenna
Chaque saison est une reconfiguration des tropes auxquels on s’attend à ce que la série réponde. Rebecca Bunch accèdera-t-elle un jour au bonheur ? Se rétablira-t-elle de sa maladie mentale ? Mauvaises nouvelles pour la protagoniste que cette nouvelle saison. Ses motivations louches et ses privilèges intrinsèques mèneront aux actions néfastes que commet Rebecca envers ses amis, sa famille et elle-même, le tout dans un enrobage de comédie musicale, évidemment. On dansera et chantera sur cette variation du thème principal, sur cette musique d’Halloween dédiée aux regrets ou encore sur cette pièce s’attardant aux confrontations familiales. La série fonce dans des directions inusitées afin de confronter sa propre finale tandis que se conclura au début de l’année l’une des aventures télévisuelles les plus stimulantes des dernières années.

The Terror Season 1, Episode 10-Photo credit AMC

4. THE TERROR – David Kajganich et Soo Hugh
Si l’on pouvait croiser THE THING de John Carpenter avec un drame d’époque et les terres désolées du passage du Nord-Ouest, on obtiendrait l’équivalent de la terrifiante et atmosphérique série THE TERROR. Adaptée du roman de Dan Simmons, la série suit le journal de bord fictif du capitaine Franklin, tandis que son expédition en Arctique sera le théâtre d’épreuves auxquels sera confronté son équipage : la famine, la mutinerie, le cannibalisme ainsi qu’une immense créature blanche que l’on nomme le Tuunbaq. Cette série met à l’épreuve ses personnages et m’a rempli d’effroi.

big mouth

3. BIG MOUTH – Nick Kroll, Andrew Goldberg, Mark Levin et Jennifer Flackett
Il n’y a, dans le paysage télévisuel, aucune série aussi vulgaire et authentique que la série animée BIG MOUTH de Netflix. J’avais raté la première saison lorsqu’elle est sortie, mais le bouche-à-oreille m’a convaincu de la rattraper avant le lancement de la deuxième saison. Les auteurs ont accouché d’une nouvelle icône de la pop culture : le Sorcier de la Honte (David Thewlis dans la version originale). La distribution est sublime (il faut entendre Maya Rudolph prononcer bubble bath !) et la série a l’audace de ne pas tenter de plaire à tout prix. On y aborde la virginité du personnage de l’entraîneur Steve, ce qui en fait un personnage si vulnérable et attachant, ou alors on dédie un épisode entier autour de l’association Planned Parenthood. À voir !

westworld

2. WESTWORLD – Jonathan Nolan et Lisa Joy
Il y a quelque chose de fondamentalement inspirant dans la structure narrative de WESTWORLD. Plusieurs critiques affirment que la série n’est pas aussi brillante que ce qu’elle prétend, mais sous la couche narrative complexe se trouve un mythe aussi classique qu’intemporel. C’est une allégorie de notre désir incontrôlable de devenir maîtres de notre destinée, thème maintes fois exploré dans la littérature classique de la science-fiction. Quelle est la conséquence de la réalisation que le contrôle n’a rien à voir avec le destin ? Dolores (Evan Rachel Wood) et Maeve (Thandie Newton) comprendront que leur éveil spirituel est littéralement codé par les créateurs et que la futilité de leur liberté émane directement des structures qui maintiennent WESTWORLD en activité.

the americans

1. THE AMERICANS – Joe Weisberg
La principale inquiétude avec n’importe quelle série c’est : « est-ce que la conclusion sera satisfaisante ? » Dans ce cas précis, ça ne fait aucun doute. La série a su récompenser ses fidèles spectateurs chaque saison. Les drames d’espionnages s’intéressent en temps normal à ceux qui s’en sortent et à ceux qui y passent, mais comme je l’ai dit précédemment dans mes autres Tops 10, cette série a toujours été plus intéressée par la famille Jennings, cœur du drame et famille nucléaire par excellence. Est-ce qu’Elizabeth peut remettre en question son patriotisme aveugle envers sa patrie ? Est-ce que Philip peut sauver sa peau alors que l’enquête du FBI sur son passé trouble arrive à terme ? L’enjeu est donc moins la survie, mais la vie de famille ; n’incarneront-ils jamais réellement cette famille exemplaire ? Si leur patriotisme a bien servi à protéger la cellule familiale, le jeu en valait-il la peine ? La séquence finale, le point ultime à cette série, en train, sur les notes de With or Without You dévoilera l’étendue de l’échec. Crève-cœur.

***

Vingt séries que je dois rattraper :
A VERY ENGLISH SCANDAL, ASH VS. EVIL DEAD (troisième saison), ATLANTA: ROBBIN’ SEASON, BODYGUARD, COBRA KAI, THE DEUCE (deuxième saison), ESCAPE AT DANNEMORA, FOREVER, HOMECOMING, KIDDING, THE KOMINSKY METHOD, THE LITTLE DRUMMER GIRL, LODGE 49, MY BRILLIANT FRIEND, PATRICK MELROSE, THE ROMANOFFS, SALT FAT ACID HEAT, SWEETBITTER, VIDA, WILD WILD COUNTRY.

***

Les quarante autres
Habituellement je publiais un Top 10 suivi d’une sélection des pires séries télé de l’année. Cette année cependant, je me suis rendu compte (en dialoguant avec mes collègues de Film Twitter, cette communauté de cinéphiles) que ça ne servait à rien d’enfoncer le clou et de perdre mon temps (et le vôtre) pour des œuvres qui n’en valent pas la peine. C’était déjà assez compliqué de choisir les dix meilleures séries, alors voici plutôt quelques autres séries remarquables, ce qui au total ne représente encore que moins de 10 % de la production actuelle.

babylon berlin

11. BABYLON BERLIN – Tom Tykwer, Achim von Borries et Hendrik Handloegten
La reconstitution du Weimar des années 30 est éblouissante : les couleurs vives, le milieu vibrant du cabaret, les travestis, mais aussi une grande conspiration. Toute cette énergie avant-gardiste qui cependant subira les foudres de la montée du fascisme. L’histoire se répète.

the good fight

12. THE GOOD FIGHT – Robert King, Michelle King, Phil Alden Robinson
Pointer exactement là où ça fait mal ; voici la grande force de l’autre série des King, THE GOOD WIFE. Dans la saison 2 de cette série sœur, l’approche est beaucoup plus agressive ; d’un côté, l’invasion de fausses nouvelles inspirées de l’ère dans laquelle on vit (merci Trump !), de l’autre, la protagoniste Christine Baranski tellement déroutée par les moments surréalistes de sa vie qu’elle consomme des hallucinogènes afin de tenir le coup.

full frontal with samantha bee

13. LAST WEEK TONIGHT WITH JOHN OLIVER – John Oliver / FULL FRONTAL WITH SAMANTHA BEE – Samantha Bee
Nos phares afin de nous guider dans la noirceur ; Dieu bénisse John Oliver et Samantha Bee qui s’en prennent à cœur joie afin de dénoncer Trump, l’autoritarisme et de revenir sur le mouvement #MeToo à grand renfort d’humour grinçant. Que ferions-nous sans eux ? Mention spéciale au « Stupid Watergate » d’Oliver et à l’« I.C.E. on ICE » de Bee.

castle rock

14. CASTLE ROCK – Sam Shaw et Dustin Thomason
Un autre coup de cœur dont j’ai fait la critique plus tôt cette année : « Castle Rock, la communauté comme la série, est la triste héritière des péchés de ses habitants au grand dam des rares visiteurs… la série tapisse son histoire et ratisse large, laissant toujours poindre l’odeur d’un complot ou d’un secret mal gardé (le mal engendre le mal, qui est sous la surface, ou plutôt aux alentours) ; les citoyens devant composer avec des évènements de plus en plus inexplicables. »

legends of tomorrow

15. LEGENDS OF TOMORROW – Greg Berlanti, Marc Guggenheim, Andrew Kreisberg et Phil Klemmer
Cette mégasérie est vraiment amusante et n’a pas à rougir face à ses frères : l’ultra-sérieux ARROW qui vient parfois plomber l’atmosphère, la légèrement kitsch SUPERGIRL ou les mésaventures de FLASH. Après avoir été relégué dans l’ombre de l’autre méga évènement télévisuel rassemblant plusieurs superhéros de DC et CW, ELSEWORLDS, la série proposait son propre épisode spécial de fin d’année, LEGENDS OF TO MEOW MEOW, où l’on avait droit à des karaokés, des marionnettes, une parodie de GUARDIANS OF THE GALAXY (de Marvel !) et un caméo des drôles de dames.

***

Le reste, en ordre alphabétique :
13 REASONS WHY, ALTERED CARBON, AMERICAN CRIME STORY: THE ASSASSINATION OF GIANNI VERSACE, AMERICAN HORROR STORY: APOCALYPSE, AMERICAN VANDAL, ARRESTED DEVELOPMENT, BARRY, BASKETS, BETTER CALL SAUL, BLACK MIRROR, BROOKLYN NINE-NINE, COUNTERPART, DAREDEVIL, DIETLAND, DOCTOR WHO, ELECTRIC DREAMS, GLOW, HANDMAID’S TALE, HAPPY!, MARVEL’S JESSICA JONES, LEGION, MANIAC, MARY KILLS PEOPLE, MOM, ONE DAY AT A TIME, ORANGE IS THE NEW BLACK, OZARK, QUEER EYE, SCHITT’S CREEK, SHARP OBJECTS, SILICON VALLEY, THE SINNER, UNBREAKABLE KIMMY SCHMIDT, VICTORIA, THE X-FILES.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

archives

%d blogueurs aiment cette page :