Top 10 2018 de Benjamin Pelletier

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9 janvier 2019 par Benjamin Pelletier

top 10 benjamin pelletier

Les mentions spéciales qui ont frôlé le palmarès : THE BALLAD OF BUSTER SCRUGGS, LE POIRIER SAUVAGE, IF BEALE STREET COULD TALK, LA DISPARITION DES LUCIOLES, BLACKKKLANSMAN.

Les coups de cœur de 2017 qui ont pris l’affiche cette année au Québec : FIRST REFORMED, REVENGE, YOU WERE NEVER REALLY HERE, THE POST, THE DEATH OF STALIN.

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border

10. BORDER – Ali Abbasi
Pour l’originalité de sa prémisse fantaisiste et la force de frappe de son rendu. Voici un conte moderne à la fois insolite et émouvant sur la découverte de soi et du monde, une histoire d’amour entre trolls (oui, littéralement) qui ne largue jamais son spectateur malgré l’absurdité inhérente du récit.

an elephant sitting still

9. AN ELEPHANT SITTING STILL – Hu Bo
Pour l’emprise gargantuesque de sa trame narrative fragmentée et son regard nécessaire sur le profond malaise d’une Chine industrielle moderne. L’unique film du défunt cinéaste Hu Bo se penche, le temps d’une seule journée, sur les destins mornes de quatre personnages en détresse, tous résolus à fuir vers la ville de Manzhouli où se cache, peut-être, une lueur d’espoir. Une œuvre dense (230 minutes), parfois difficile, mais ultimement enrichissante.

widows

8. WIDOWS – Steve McQueen
Pour l’évidence d’une évolution surprenante dans le parcours hollywoodien de Steve McQueen. S’affichant comme la proposition la plus accessible du cinéaste britannique, WIDOWS brosse le portrait sombre d’un Chicago contemporain sous le voile d’un thriller de braquage efficace et incisif, le tout porté par un puissant quatuor d’héroïnes qu’on ne saurait oublier de si tôt.

shoplifters

7. UNE AFFAIRE DE FAMILLE (SHOPLIFTERS / MANBIKI KAZOKU) – Hirokazu Kore-eda
Pour l’humanité profonde qui découle de chaque décision de mise en scène chez Kore-eda. Cherchant à redéfinir le concept de « famille » au-delà de ses impératifs biologiques et sociaux, le nouveau film du virtuose japonais expose patiemment, couche par couche, les dynamiques internes d’un clan de marginaux qui recourt à diverses arnaques et escroqueries mineures pour survivre. Comme quoi la vraie famille est celle que l’on choisit, peu importe les circonstances.

Ray & Liz

6. RAY & LIZ – Richard Billingham
Pour l’optique foncièrement personnelle du photographe Richard Billingham et de ses souvenirs d’une enfance perturbée. Un autre portrait de famille des plus excentriques, RAY & LIZ poursuit la démarche esthétique d’une œuvre qui se construit autour des parents de son créateur depuis plus de vingt ans. En résulte le travail fascinant d’un artiste perpétuellement aux prises avec son passé, un objet cinématographique subjuguant qui évoque à la fois Terence Davies et Harmony Korine.

leave no trace

5. LEAVE NO TRACE – Debra Granik
Pour la découverte de Thomasin McKenzie, d’abord et avant tout. En tandem avec l’excellent Ben Foster, la jeune actrice néo-zélandaise incarne une adolescente qui, après une vie isolée du reste du monde dans une forêt de l’Oregon, devra graduellement commencer à voler de ses propres ailes. C’est donc dans ce quatrième long-métrage de Debra Granik qu’on retrouve la meilleure prestation féminine de l’année, un petit grand film tout en subtilité dont l’authenticité affective a de quoi faire passer CAPTAIN FANTASTIC pour un feuilleton du dimanche.

the favourite

4. THE FAVOURITE – Yorgos Lanthimos
Pour la folie palpable de Lanthimos et de ses interprètes dans ce qui s’inscrit à mes yeux comme une des meilleures parodies possible du film à costumes. Mais ne vous détrompez pas, THE FAVOURITE demeure méthodique dans son délire. Avec un retour en force après le complaisant THE KILLING OF A SACRED DEER, l’enfant terrible grec nous livre un exercice sardonique de déconstruction des dynamiques de pouvoir des riches et puissants, l’exposé hilarant d’une royauté britannique à son plus pathétique, voire bestial.

sorry to bother you!

3. SORRY TO BOTHER YOU – Boots Riley
Pour l’audace qui compose son univers alternatif et la lucidité de son propos politique. Dans son premier long-métrage, le rappeur/producteur Boots Riley transforme Oakland en véritable champ de bataille dystopique pour la lutte des classes dans lequel Cassius (un formidable Lakeith Stanfield) réussit à grimper les échelons d’une boîte de télémarketing aux intentions sinistres. Tout comme GET OUT l’an dernier, SORRY TO BOTHER YOU réussit également à explorer la condition afro-américaine par un assemblage ingénieux de différents genres cinématographiques, combinant science-fiction paranoïaque, drame social et comédie absurde avec grand succès.

happy as lazzaro

2. HEUREUX COMME LAZZARO (HAPPY AS LAZZARO / LAZZARO FELICE) – Alice Rohrwacher
Pour Lazzaro l’éternel chérubin, cette figure de saint qui, à travers un récit dont les éventuelles surprises frôlent le génie, traverse les époques sans jamais perdre une seule parcelle de son innocence. Rappelant d’abord le cinéma d’Olmi et de Pasolini pour ultimement devenir une allégorie complètement singulière sur le sort de l’Italie contemporaine, le nouveau film d’Alice Rohrwacher capture l’imaginaire comme les meilleurs contes savent le faire.

Peter Bogdanovich, John Huston in Orson Wells'

1. THE OTHER SIDE OF THE WIND – Orson Welles
Pour tous les excès casse-gueules et l’ambition créatrice démesurée qui s’y retrouvent, son existence même étant cause de réjouissance pour les cinéphiles en 2018. Au-delà de ses mythiques circonstances de production, l’ultime opus d’Orson Welles, ce Saint Graal incomplet du cinéma hollywoodien récemment reconstruit sous l’ombrelle de Netflix, demeure une œuvre majeure qui a eu raison de voir le jour. Le tout demeure au final inclassable, mais profondément fascinant ; à la fois un film-essai réflexif sur le métier de cinéaste, le faux documentaire d’un tournage laborieux et une satire de cinéma d’auteur, THE OTHER SIDE OF THE WIND nous donne du Welles à son plus espiègle et expérimental.

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