Journal de bord – Fantasia 2018

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26 août 2018 par Rémi Fréchette

fantasia2018

Tradition oblige pour une cinquième année, voici pour la mémoire collective (surtout la mienne) l’entière liste de mes visionnements de cette 22e édition du festival Fantasia. Cette année, j’aurai eu la chance de voir « seulement » 24 nouveaux longs-métrages, un nombre en corrélation avec mes tâches au festival qui ont pris de l’importance. Cette année, en compagnie d’Isabelle Gauvreau, nous avons programmé plus de 100 courts-métrages québécois dans 7 programmes différents, en plus des longs-métrages LE NID et PLAYING HARD (que je m’abstiendrai d’ajouter à ma liste par souci d’impartialité). J’ai également participé à plusieurs épisodes de l’émission FANTASIA 2018 animée par Benoit Mercier, diffusée sur le web ainsi qu’à MaTV, où j’ai discuté des courts-métrages présentés au festival. Autrement, j’ai assemblé les segments de LA NUIT DOUTEUX.ORG, une projection qui célébrait les 10 ans du mouvement avec un mash upd’extraits hétéroclites divisé en 10 thématiques par 10 VJs réguliers des soirées.

Finalement, avec mon chapeau de réalisateur, j’ai vécu deux magnifiques moments durant le festival. Mon court-métrage A NIGHT OF SWEATS a été projeté dans la programmation de DJ XL5 (akaMarc Lamothe), un événement que j’affectionne depuis plusieurs années. Il était plongé à travers des bijoux de courts-métrages, figure notamment dans mes préférés : FIRE IN CARDBOARD CITY et THE SHIVERING TRUTH. Le film était aussi présenté pour la première fois dans sa version doublée en français international (!). Deuxièmement, j’ai enfin projeté devant un auditoire de près de 700 personnes MONTREAL DEAD END, un projet collectif sur lequel je travaillais depuis plus d’un an. Les réactions étaient fortes dans la salle, et l’événement a agi comme une belle finale pour mon année Fantasia, alors que le festival se terminait officiellement deux jours plus tard. Bref, une année haute en émotions, autant pour le programmateur, le réalisateur, mais aussi pour le cinéphile. Parlant du cinéphile…

Voici en ordre décroissant mon top complet des longs-métrages que j’ai découvert durant le festival.

24. HURT – 93 min – 2018 – Sonny Mallhi
Que dire de HURT… un film que j’ai presque déjà oublié peu de temps après le festival. C’est le seul film cette année qui m’a complètement laissé froid. Ça se prend beaucoup trop au sérieux pour un film construit sur une formule hyper clichée, les personnages sont ennuyants, il n’y a aucune idée surprenante ou originale. L’année prochaine j’aurai déjà tout oublié.

23. RONDO – 88 min – 2018 – Drew Barnhardt
Un film d’exploitation sur des gangsters qui commettent des actes horribles. L’histoire part dans tous les sens, la direction photo est horrible, les décors sont pratiquement vides et plusieurs performances sont assez atroces. Mais le film assume ce qu’il fait (et ce qu’il ne fait pas) et la proposition est généralement amusante. Quelques rires, des moments-chocs qui font grincer des dents, et une finale over-the-topqui ne laisse pas indifférent.

22. PUPPET MASTER : THE LITTLEST REICH – 90 min – 2018 – Sonny Laguna et Tommy Wiklund
Le treizième volet (!) de la saga PUPPET MASTER qui a commencée en 1989. Pas de panique, j’avais moi aussi seulement vu les trois premiers — vous n’avez pas à connaître la série entière pour comprendre l’histoire. La prémisse est simple : une foule assiste à une convention dans un hôtel à propos du grand marionnettiste nazi-meurtrier Toulon, qui a conçu il y a longtemps des poupées tueuses. Les marionnettes prennent vie et tuent tout le monde. Simple comme ça ! C’était LE film gore du festival, qui livrait comme jamais la série ne l’avait fait au niveau de l’hémoglobine. C’est très mal écrit et les comédiens sont pour la plupart assez terribles, mais le film est conscient de son but qui est de divertir et dégouter le public avec équilibre. Un moment fort : une marionnette entre dans le ventre d’une femme enceinte par son entrejambe et ressort en déchirant la bedaine de la pauvre dame, en tenant le fœtus dans ses bras. #Art.

Crisis Jung

21. CRISIS JUNG – 70 min – 2018 – Baptiste Gaubert et Jérémie Hoarau
Une série web présentée par BlackPill (qui avait aussi produit GAME OF DEATH l’an dernier), qui n’a malheureusement pas pour l’occasion bénéficiée d’un remontage. C’est un dessin animé français qui s’inspire du style télévisuel japonais des années 80, avec un univers riche bourré en testostérone, ainsi que les voix et bruitages calqués sur ces animations de l’époque. Si le projet avait été réédité, il aurait eu une place beaucoup plus haute dans cette liste. Reste que le travail et l’imagination derrière valent amplement le détour !

20. RELAXER – 91 min – 2018 – Joel Potrykus
Une proposition unique pour un « hyper » huis clos : en 1999, un homme est voué à rester assis sur son divan jusqu’à ce qu’il batte le jeu entier de Pac-Man. Dès l’entrée dans la salle, on a reçu des petits sacs à vomi, nous préparant au pire. Finalement ce n’est jamais trop dégueulasse, le film oscille entre des scènes uniques avec des personnages colorés qui rendent visite au protagoniste, et des scènes où celui-ci essaie de survivre par tous les moyens. Un film original qui est malheureusement inégal, parfois trop long pour sa prémisse simple, mais qui malgré tout nous restera longtemps en tête.

19. DANS LA BRUME – 89 min – 2018 – Daniel Roby
Un film catastrophe de grande envergure produit en France, sous la direction de Daniel Roby (réalisateur de LOUIS CYR), qui montre Paris prisonnière d’une fumée toxique. Le récit inclut des éléments frôlant la science-fiction, alors qu’un couple tente de s’occuper de leur fille qui doit vivre dans un habitacle vitré pour survivre à une étrange maladie. C’est souvent tiré par les cheveux, les raisonnements des personnages sont parfois très illogiques, et le scénario est truffé d’incohérence (le deuxième acte dans les rues ne sert presque à rien même s’il est amusant). Mais quelques moments inspirés de mise en scène, des effets spéciaux impressionnants, et un ton léger rendent le film efficace pour ce qu’il tente d’accomplir.

18. THE MAN WHO KILLED HITLER AND THEN THE BIGFOOT – 98 min – 2018 – Robert D. Krzykowski
Avec un titre pareil, on s’attend à un film de série B qui ne se prend définitivement pas au sérieux. Étrangement, c’est un peu le cas, trop même, poussant souvent très loin la note émotive. En même temps, il y a tout de même des moments série B. À un moment un gag visuel digne de AIRPLANE ! Parfois des scènes de film romantique très clichées ou encore des réflexions moroses sur la vieillesse et les souvenirs. Finalement, je ne sais pas exactement ce qu’est le film. Une magnifique performance de Sam Elliott sauve le projet, qui aurait bénéficié d’un peu plus de focus au niveau du ton et de l’histoire. Les mélanges de genre c’est excellent, mais cela exige une cohérence et une fluidité qui manque ici.

The Ranger

17. THE RANGER – 77 min – 2018 – Jenn Wexler
Très efficace dans ce que ça tente de faire, mais avec une prémisse des plus prévisibles. Une gang de jeunes dans un chalet dans les bois d’un côté, un garde forestier complètement psychopathe qui tente de les éliminer un à un de l’autre. Cliché bonus : la jeune femme principale a vécu un traumatisme qu’on découvre au compte-goutte lors de flashbackstournés en slow motion. Tous les ingrédients sont là, vous connaissez la formule. Si vous appréciez le genre, THE RANGER va vous plaire. Si vous n’aimez pas, passez celui-ci, car il n’y a rien de frais apporté au plat ! La bande-annonce est magnifique au passage, mais ne représente malheureusement aucunement le ton du film qui est lui beaucoup plus conventionnel.

16. MEGA TIME SQUAD – 86 min – 2018 – Tim van Dammen
Un film sur une bande de petits truands australiens, avec des éléments de voyage dans le temps, ce qui résulte en la multiplication le protagoniste du film jusqu’à pouvoir créer une équipe constituée de lui-même en plusieurs exemplaires. Rien de trop surprenant ou extravagant, mais un concept assez amusant pour une projection en festival. Des personnages criards et vulgaires qui s’engueulent la plupart du temps, quelques tournures scénaristiques surprenantes, des performances efficaces. C’est drôle, punché, rythmé, et assez court pour ne jamais s’ennuyer.

15. BODY MELT – 81 min – 1993 – Philip Brophy
J’ai une fascination pour ces compagnies comme Vinegar Syndrome qui prennent le soin de remastériser en 4K des films d’horreur bas de gamme et trash. Ils présentaient cette année BODY MELT, une comédie d’horreur hyper gore australienne de 1993. Le scénario était d’après moi trop dispersé et pas assez simple pour ce qu’on attend du film : des corps qui fondent !! Une bonne idée trop déconstruite qui avec un peu plus de focus aurait pu faire glisser le film dans les rangs d’un STREET TRASH ou d’un BAD TASTE. Au travers, il y a quand même quelques magnifiques idées de mise en scène, et au niveau du gore, quand le film s’y met enfin, il fournit le paquet ! Du body horrordes plus dégueulasses présenté avec une légèreté qui rappelle les débuts de Peter Jackson.

Louder!

14. LOUDER! CAN’T HEAR WHAT YOU’RE SINGIN’, WIMP! (ONRYÔ O AGERO TAKO! NANI UTATTEN NO KA ZENZEN WAKANNÊ N DA YO!!) – 106 min – 2018 – Satoshi Miki
Le WTF Japan !?annuel parmi mes visionnements de cette année ! L’histoire est celle d’un rocker qui a donné son corps à la musique et d’une jeune femme qui tente de percer malgré sa voix ridiculement faible. Une amitié improbable qui deviendra, vous l’aurez deviné, une romance. Ce n’est pas le synopsis qui rend le film étrange, mais bien sa facture visuelle complètement déjantée. On secoue la caméra dans tous les sens, on ne manque pas une chance de dynamiser les scènes sans aucune raison logique. Ajoutez à cela des personnages cartoonesques qui font même des remarques métatextuelles sur le fait qu’ils se trouvent caricaturaux. C’est parfois un peu trop, mais au moins on se n’ennuie pas une seule seconde dans ce délire !

13. PEOPLE’S REPUBLIC OF DESIRE – 95 min – 2018 – Hao Wu
Un documentaire sur le phénomène des vedettes de webcam en Chine. Rien d’érotique ici, seulement des gens ordinaires qui vivent leurs vies et partagent en direct leurs émotions, plusieurs gagnant ainsi d’impressionnants salaires. Un fascinant phénomène de l’industrie du divertissement et de la communication qui est complètement inconnu chez nous. Même si cela ne nous est pas familier, les thématiques répondent beaucoup à notre réalité de consommation des médias et du culte de la personnalité.

12. TERRIFIED (ATERRASDOS) – 87 min – 2017 – Demián Rugna
La touche latine dans le cinéma d’horreur est si souvent efficace ! Avec une direction photo angoissante, des performances puissantes, et des moments-chocs hyper efficaces, c’est une des projections les plus réactives que j’ai vues face à l’épouvante. Le scénario est malheureusement très mince ; on suit une équipe de chasseurs de démons dans un quartier hanté, ce qui sert simplement à lier et justifier les moments effrayants. Quelques-uns de ces moments sont un peu faciles et clichés, dont le tout dernier plan qui m’a presque fait détester le film. Heureusement TERRIFIED assure au niveau de la terreur pure !

11. NIGHTMARE CINEMA – 119 min – 2018 – Alejandro Brugués, Joe Dante, Mike Garris, David Slade et Ryûhei Kitamura
Suite à la projection de cette anthologie par quelques maitres, j’ai entendu beaucoup de haine du public. Pourtant j’ai passé un excellent moment à découvrir ces histoires, ne m’attendant aucunement au film de l’année ! Bien sûr l’ensemble est inégal, la dernière histoire était de loin la plus faible et aurait juste pu être coupé pour raccourcir le film à une durée parfaite. La prémisse pour lier les histoires aussi était assez faible et convenue. Mais dans l’ensemble j’ai eu beaucoup de plaisir, spécialement avec la première histoire qui se décrit comme le dernier acte d’un slasher, qui assumait à 100 % sa folie.

Zolock

10. POURQUOI L’ÉTRANGE MONSIEUR ZOLOCK S’INTÉRESSAIT-IL TANT À LA BANDE DESSINÉE? – 69 min – 1983 – Yves Simoneau
Difficile à décrire, ce magnifique documentaire, tombé dans l’oubli, d’Yves Simoneau à propos de la bédé francophone. Le récit a une construction insolite : il insère des entrevues avec les plus grands bédéistes européens et québécois à travers une trame de fiction qui oppose un détective et un grand méchant du mal. C’est un mélange improbable des genres qui donne un film unique, tout en livrant une information passionnante sur un médium souvent tassé du revers de la main. Une belle découverte à faire à travers la collection Éléphant.

9. PROFILE – 105 min – 2018 – Timur Bekmambetov
Timur Bekmambetov, ce cinéaste russe qui nous avait offert NIGHT WATCH, WANTED et ABRAHAM LINCOLN : VAMPIRE HUNTER est à la tête de cette mode cinématographique nommée le screenlife. Cette technique consiste à faire passer l’histoire d’un film entièrement dans un écran d’ordinateur, répliquant ainsi une grande partie de nos vies en 2018. Voici son appropriation personnelle du format, le récit d’une journaliste qui communique avec un terroriste d’Al-Qaeda sous l’excuse qu’elle souhaite s’endoctriner. Le sujet est assez puissant, et l’exécution est très réaliste contrairement à la majorité des films en screenlife. Le récit par contre avance souvent de quelques jours à la fois, rendant quelques transitions émotives assez abruptes, brisant parfois la vraisemblance du propos. Le film se prend donc parfois un peu trop au sérieux, mais en même temps c’est ce qui le différencie des autres œuvres présentés jusqu’à maintenant avec cette technique.

8. UNFRIENDED : DARK WEB – 92 min – 2018 – Stephen Susco
Le deuxième film en screenlife(récit se déroulant entièrement sur un écran d’ordinateur) que j’ai vu, et qui pour moi donne tout le sens à cette technique. Contrairement au premier volet de cette franchise, l’histoire (qui n’est aucunement lié) quitte le surnaturel pour aller dans le monde des pirates et des zones sombres de l’internet. C’est parfois incohérent, assez tape-à-l’œil, souvent improbable et les personnages sont assez clichés. Mais l’ensemble est du bon divertissement qui utilise le screenlifede la bonne façon, à l’aide d’un montage bien rythmé et d’une utilisation intelligente des caméras et des écrans. Les dialogues sont souvent drôles, la chimie des personnages est bien exploitée tand que les scènes d’horreur sont assez efficaces. Bref, beaucoup moins de substance que PROFILE, mais une technique narrative beaucoup plus efficace.

Tokyo Vampire Hotel

7. TOKYO VAMPIRE HOTEL – 142 min – 2017 – Sion Sono
Cette série de l’épatant Sion Sono a été condensée dans ce film d’un peu plus de deux heures. Malgré ce remontage, quelques bouts de l’histoire tournent un peu en rond. À tout le moins, la violence extrême et le visuel ambitieux sont là pour tenir l’attention. La maitrise du médium et l’attrait du shock value de l’inimitable cinéaste se marie parfaitement pour donner un film rythmé et surprenant. Même si ça ne s’inscrit pas dans ses plus grandes œuvres — possiblement par essoufflement vu la quantité impressionnante de films qu’il réalise annuellement —, le réalisateur assure au public qu’il en aura pour son argent.

6. CAM – 94 min – 2018 – Daniel Goldhaber
Les technologies étaient bien au cœur de l’horreur cette année à Fantasia, comme preuve cet excellent thriller surnaturel. Une cam girlse fait voler sa page où elle fait ses performances érotiques par une fille qui semble l’imiter à la perfection. C’est très efficace et surtout bien divertissant, le film prenant soin de développer un profil intéressant de sa protagoniste. Quelques rebondissements sont un peu tirés par les cheveux, et la fin peut nous laisser un peu sur notre faim, mais le concept, son exécution et les performances des comédiens sont assez réussis pour nous tenir en haleine. Loin d’être un chef-d’œuvre, c’est quand même le genre de film qui fait plaisir de découvrir à Fantasia.

5. LA NUIT A DÉVORÉ LE MONDE – 93 min – 2018 – Dominique Rocher
Je vais souvent voir à reculons les films de zombies, vu la surenchère du genre dans les dernières années. Mais parfois on donne une chance au mort-vivant, et il ne déçoit pas ! Présenté avec simplicité, on reste en huis clos avec un homme seul dans un grand appartement français barricadé après une invasion. Un peu comme un CAST AWAY, ce Tom Hanks se tient en forme, joue de la musique, et tente de ne pas devenir fou dans cette solitude. Le film est à propos de l’homme et de sa survie physique et mentale, et non à propos des zombies. À noter la présence de Denis Lavant en zombie qui devient le Wilson du protagoniste.

4. BODIED – 120 min – 2017 – Joseph Kahn
On a déjà parlé de Joseph Kahn au podcast pour son « chef-d’oeuvre » TORQUE, ou encore pour ses vidéoclips pour Britney Spears ou Katy Perry ; voici son troisième long métrage à propos du milieu des rap battles. Produit par Eminem qui a clairement inspiré le scénario, on suit un jeune étudiant blanc fasciné par l’utilisation de répliques racistes dans ce genre de duel. Le film est drôle, dynamique, et nous garde en haleine durant les longues scènes de combat d’insultes. Le film traite ainsi de racisme, de liberté d’expression, des limites sociales de certains sujets. C’est un pari très risqué, surtout en y mêlant des opinions sur des sujets actuellement très sensibles, mais dans l’ensemble le rythme est captivant et ne diminue jamais.

3. WINDIGO – 97 min – 1994 – Robert Morin
Une relecture de HEARTS OF DARKNESS, le roman sur lequel est basé APOCALYPSE NOW, réalisée par Robert Morin, en utilisant comme trame de fond la crise autochtone post-Oka. Avec en plus Guy Nadon comme personnage principal, et un mélange de fiction traditionnelle et de prise de vue à la première personne (dans le style de REQUIEM POUR UN BEAU SANS CŒUR). C’est un grand film qui avait malheureusement sombré dans l’oubli, probablement un des meilleurs de Robert Morin, avec un fort discours politique au cœur d’une réalisation impressionnante et ambitieuse. Le réalisateur dit souvent qu’il aime faire des « p’tites vues », mais celle-ci c’est plutôt une grande œuvre. À découvrir absolument sur la plateforme Éléphant.

2. LUZ – 70 min – 2018 – Tilman Singer
Un projet de fin de maîtrise ambitieux et unique, LUZ est une expérience en soi qui semble sortir d’une autre époque. Tourné en 16 mm dans une esthétique qui peut rappeler les années 70 de David Cronenberg et Ken Russell, le film met en scène une jeune chauffeuse de taxi qui se fait mettre en transe dans un poste de police pour exorciser un démon. Avec sa courte de durée de 70 min, tout a sa place dans le film, mais les clés sont laissées au spectateur afin qu’il puisse lui-même tirer ses conclusions. C’est un film que je vais définitivement revisiter très prochainement, autant pour me laisser envouter dans ses images, que pour creuser dans les multiples couches narratives.

Under the Silver Lake

1. UNDER THE SILVER LAKE – 139 min – 2018 – David Robert Mitchell
Quelques films dans cette liste sont définitivement des films plus « parfaits » que celui-ci, mais c’est définitivement celui qui m’a le plus emballé. C’est tape-à-l’œil, un peu trop long, souvent n’importe quoi, mais dans l’ensemble à une aventure que j’ai adoré vivre. Un jeune homme sans emploi tombe amoureux en une soirée de sa voisine, mais le lendemain matin elle disparaît complètement de son appartement, ne laissant que des symboles étranges sur les murs. Le récit se développe à travers des théories de conspiration, des thématiques de film noir au goût moderne, et des scènes étranges et comiques un peu comme dans l’univers des frères Coen. Pour certains, le film sera un peu trop n’importe quoi, mais pour moi il y a tellement de moments surprenants, de personnages lynchéens mémorables, ainsi qu’une magnifique trame sonore orchestrale dans un style très Hollywood classique qui berce cette enquête insolite, que je me suis régalé. Les références aux grands cinéastes sont littéralement dans notre face, mais ce collage de plusieurs styles et références est un beau trip à découvrir.

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