Découvrir le classique SUSPIRIA

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1 septembre 2017 par Mario Melidona

Suspiria

Je dois admettre que je n’avais jamais vu SUSPIRIA au complet. Ceci sera moins une critique classique qu’une réflexion sur mon expérience dans le cadre du dernier festival Fantasia. Je sais ce que vous pensez : comment un cinéphile, qui se proclame lui-même un fan d’horreur, n’avait-il jamais vu SUSPIRIA, ou même quelconque film de Dario Argento !? Pour être franc, je n’en ai aucune idée. Voici donc un faux pas rectifié, et sans surprise, j’ai adoré.

Le festival Fantasia propose chaque année au moins une projection d’une nouvelle restauration d’un classique de l’horreur (qui a oublié la projection incroyable du film culte THE TEXAS CHAIN SAW MASSACRE du regretté Tobe Hooper ?) et cette année le morceau de choix était la restauration 4K de SUSPIRIA pour célébrer les 40 ans du film. C’est un véritable travail d’orfèvre de la part de Synapse Films qui y a consacré trois ans, sous la supervision du directeur photo Luciano Tovoli, une légende dans le milieu, afin de présenter le film sous son meilleur jour et de proposer un mix sonore impeccable qui captivait l’audience vendue d’avance. On se croyait dans les années 70.

Je connaissais bien sûr le film de réputation pour avoir vu des extraits à l’université et pour le voir figurer dans toute liste des meilleurs films d’horreur qui se respecte. C’est vraiment un objet singulier et magnifique. Argento semble accorder préséance aux décors et la lumière de telle façon qu’on ne peut que se laisser porter par ces ambiances surréelles. L’objet filmique devient pratiquement organique, il suinte de l’écran. Véritable trip psychédélique où les yeux ne savent où s’arrêter tellement chaque plan est une fresque multicolore qui submerge la vision. Si les gens s’égarent dans le labyrinthe de l’hôtel Overlook dans THE SHINING, ici les spectateurs se baladent dans l’académie de danse avec un sentiment de fascination et d’appréhension.

Rarement une direction photo aura été autant en symbiose avec les décors et les costumes ; on se sent plongés dans la peinture même avec ces rouges, ces verts et ces bleus qui recouvrent tous les coins qui ne sont pas tapis dans l’ombre. Le doublage anglais m’a agacé au début, mais après avoir discuté avec d’autres festivaliers, je peux comprendre l’affection pour cette époque où ces versions étaient diffusées à l’international. De toute façon, on ne va pas vraiment voir ce film pour la qualité des dialogues !

Quantité de textes ont été écrits sur le film, et je tente moins d’imposer une réflexion novatrice que de reconnaître le pouvoir qu’il exerce sur les cinéphiles, même après plusieurs décennies. Si la forme du film exerce toujours un tel attrait, la vulnérabilité du personnage de Suzy me touche personnellement. J’ai l’impression de ressentir une très forte correspondance avec ce personnage tragique et ce style de cinéma très kitsch. En même temps qu’elle, on se sent courageux de traverser les couloirs de cette académie diabolique et diablement séduisante. À voir, à vivre de toute urgence. Magic is everywhere.

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