Retour sur REGARD

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3 avril 2017 par Sophie Grech

Regard

© Laurie Vesco

La 21e édition du festival REGARD se tenait du 15 au 19 mars à Chicoutimi, une formidable occasion de profiter de la crème de la crème en matière de courts-métrages et de faire de superbes rencontres.

De ma mince expérience, REGARD m’a surtout marqué par la qualité de sa programmation. Dès la première projection (celle du jeudi soir dont vous pouvez trouver la description ici), pas moins de cinq des six courts projetés m’ont laissé sans voix.

Le premier, BON VOYAGE de Mark Wilkins, est un film allemand de 21 minutes traitant de la lourde thématique des migrants syriens qui tentent de traverser la Méditerranée sur des radeaux de fortune. Poignant, réalisé à la perfection, le premier court de ce long week-end a placé la barre très haute.

S’en suit un drame post-apocalyptique muet avec deux enfants qui tentent de survivre. Même si le film m’a moins touché de par le manque de profondeur de son propos, il était indéniable qu’en termes de visuels, son réalisateur Arnaud Brisebois nous offrait ce qui se fait de mieux.

D’un documentaire sur Oscar Peterson à un film d’animation sur l’actualité française de l’année 2015, les courts se succèdent et n’ont au final qu’un seul point commun, la qualité de leur réalisation.

Je suis sortie de cette projection avec deux coups de cœur : le premier, TIMECODE, avait déjà pas mal voyagé, puisqu’après avoir remporté un prix à Cannes, il était en nomination aux Oscar. Cette comédie légère met en scène deux gardiens de sécurité d’un stationnement en Espagne. La jeune femme et son collègue créent une chorégraphie en se laissant des pas de danse au travers des vidéos de surveillance tel un échange épistolaire nouveau genre. Drôle, touchant, sensible, TIMECODE mérite son rayonnement international et j’étais ravie de l’attraper à REGARD.

Enfin, 3-way (Not Calling) fût mon chouchou de la soirée, et certainement du festival. Une histoire de crise légère de la quarantaine, vécue par un couple ayant besoin de tester de nouvelles choses (sexuellement parlant). Ça vient titiller avec humour la génération Y, son rapport au divertissement (de Netflix au porno), son rapport au couple, son rapport à l’intimité, son rapport à la vie. Une génération de grands gamins inconséquents, que Molly McGlynn, la réalisatrice, nous présente avec beaucoup de tendresse.

REGARD c’est également des activités pour mettre en valeur le cinéma, ses artisans, favoriser les rencontres, et partager l’amour du septième art.

5 à 7, cabaret, after ; j’ai constaté que l’on ne dort pas beaucoup à Chicoutimi en période de festival. Une belle équipe qui a tout organisé pour que les professionnels puissent allier réseautage et agrément. Outre les activités nocturnes, REGARD proposait aux plus diurnes de se diriger vers d’autres programmes de courts, des leçons de cinéma (par exemple avec Momo Seko) ou des discussions avec des réalisateurs ou acteurs (notamment Fanny Malette).

Tant d’activités font qu’il m’est impossible d’être exhaustive, je vais donc revenir sur d’autres œuvres qui m’ont marqué.

Tout d’abord RETOUR DE QUALITÉ de Daniel Abraham et Pierre-Alexandre Girard, une fiction québécoise sur l’obsolescence programmée appliquée aux humains. Humour sombre et situation absurde pour un film drôle et grinçant.

APNÉE d’Alexis Chartrand, une adaptation du roman graphique éponyme, raconte les difficultés de Sophie, une jeune femme qui tente de surmonter une dépression. À souligner : la performance de la comédienne principale Alexa-Jeanne Dubé qui crève l’écran par les nuances qu’elle apporte à son personnage.

L’humour belge s’invite à Regard avec LE PLOMBIER de Méryl Fortunat-Rossi et Xavier Seron ! Après L’ours Noir primé aux Magritte (prix du cinéma en Belgique), le duo de réalisateurs revient avec ce huis clos décapant. Histoire simple : doublage amateur d’un porno.

Le dernier, mais non le moindre, HILARION de Gaétan Reine. Un documentaire d’une sensibilité rare, sur le parcours d’un fils qui va se confronter à l’image vieillissante du père qui l’a maltraité par le passé. Un film magnifique par la sincérité de son propos et la noble démarche de son réalisateur.

In Fine, REGARD c’est plus de 160 courts-métrages et une vingtaine d’activités, mais surtout il fait partie de ces festivals que l’on quitte avec la larme à œil et qu’on a hâte de retrouver pour la prochaine édition. C’est un rendez-vous !

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