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10 janvier 2017 par Sophie Grech

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Si parfois il est difficile de trouver dix films qui nous ont marqués au cours d’une année, 2016 fut pour moi tout le contraire. J’ai vécu une année remplie de vraies émotions cinématographiques, et pas uniquement de belles œuvres à analyser et où le débat fait rage. Je me suis noyée dans mes propres larmes pour au moins trois films de cette liste, j’ai tremblé dans le Palais des festivals en séance de minuit devant THE WAILING et j’ai ri aux éclats devant des blagues de flatulences ou devant les manigances un peu sales d’Isabelle Huppert. 2017 me fait de grandes promesses avec les nouveaux films d’Alex Garland, de Bong Joon-ho, d’Edgar Wright et surtout du tandem Jonathan Dayton et Valerie Faris, mais tout ce que je lui demande, c’est autant de vibrations qu’en 2016.

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10. LA TORTUE ROUGE – Michael Dudok de Wit
L’un des films larmoyants de ce palmarès. À mon sens, il est extrêmement audacieux de faire un film aussi simple. Pas de dialogues, trois personnages, un lieu unique, LA TORTUE ROUGE est une ode à la simplicité des contes et de leur message. Cette première collaboration historique entre les studios Ghibli et un réalisateur européen, arrive par une sorte de magie, à nous transmettre toutes les belles émotions que peut nous faire ressentir le cinéma. De la joie, de la peur, de la tristesse, quelques notes de musique et des couleurs douces parviennent à créer un grand film visible par les tout-petits comme par les grands.

CAPTAIN FANTASTIC

9. CAPTAIN FANTASTIC – Matt Ross
Cette fable sur l’éducation fut l’un de mes coups de cœur cinématographiques de l’année, de par sa fougue, son message et son dynamisme. Mais 2016 n’a cessé de me surprendre et m’a fait relativiser sur le côté exceptionnel de CAPTAIN FANTASTIC. Entendons-nous, j’adore toujours ce road trip barré aux personnages déjantés, il n’est néanmoins pas un classique en devenir. Sa musique (composée par Jonsi), sa réalisation fluide, et l’humour décalé des dialogues en font un moment jouissif de cinéma qui comble mes attentes de spectatrice et j’ai déjà hâte de le revoir.

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8. AMERICAN HONEY – Andrea Arnold
Un souffle de vie et de spontanéité. AMERICAN HONEY est un road trip mettant en scène des jeunes adulescents aux vies dissolues, cherchant au travers de ce porte-à-porte et de la vie en communauté un sens à l’existence. Mélange de casting sauvage et d’acteurs chevronnés (Shia LaBeouf), le film transmet une émotion réaliste et sincère au travers de personnages atypiques. J’admire énormément le scénario de ce film que ne respecte aucune structure classique et qui s’axe autour de l’évolution subtile de son personnage principal. AMERICAN HONEY nous a offert des scènes qui je l’espère resteront parmi les grandes scènes de l’Histoire du cinéma.

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7. MA VIE DE COURGETTE – Claude Barras
Des torrents de larmes pour ce très court long métrage d’animation français (à peine 67 minutes) écrit par l’ultra talentueuse Céline Sciamma. C’est l’histoire du jeune Courgette qui tue accidentellement sa maman violente et alcoolique et qui se retrouve dans une maison d’accueil. Il y fait la connaissance de ses nouveaux amis (tout aussi ravagés par la vie que lui) et surtout de Camille qui devient très vite la personne la plus importante de sa vie. Une narration simple, remplie de douceur et d’émotions pour ce film en stop-motion sur l’enfance d’une grande puissance. Remarqué à Cannes, primé au festival d’Annecy, c’est une bulle d’enfance et d’espoir à mettre devant tous les yeux.

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6. SWISS ARMY MAN – Dan Kwan et Daniel Scheinert
Certains films ne sont pas parfaits, pas réguliers dans leur narration et parfois passent même complètement à côté de leur fin, mais parfois ces œuvres sont aussi nos meilleurs moments de cinéma. Aucun film ne m’a autant donné le sourire ; une hilarité incontrôlable accompagnée d’une sensation de bien-être que je n’avais pas vécu depuis LITTLE MISS SUNSHINE. SWISS ARMY MAN est un savoureux mélange du monde de Gondry et de blagues d’Harry Potter qui fait des pets surpuissants, mais c’est original, surprenant, dynamique, drôle et parfaitement interprété par Daniel Radcliff et Paul Dano, qui, à eux deux concentrent tout le talent et l’audace de leur génération. Cet ovni a le mérite d’être unique, et si pétillant qu’on lui pardonne volontiers ses faiblesses.

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5. PATERSON – Jim Jarmusch
La poésie se cache dans les détails, dans chaque détail de la vie de Paterson, chauffeur de bus dans la ville de Paterson sur la ligne Paterson. Le dernier film de Jim Jarmusch m’a enveloppé dans une bulle de bien-être dont j’aurais souhaité ne jamais sortir. Une dose d’humour absurde pour une parenthèse de pur bonheur cinématographique. Adam Driver prouve qu’être le neveu de Darth Vader ne l’empêche pas d’exceller dans des rôles nuancés. Sa voix si particulière m’a transporté, envouté dans cet univers qui ressemble tellement au nôtre, sauf lorsque l’on fait attention aux petites choses.

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4. THE WAILING (GOKSUNG) – Na Hong-jin
Le film d’horreur de l’année ! THE WAILING m’a collé au fond de mon siège de cinéma deux fois consécutives. Un personnage principal pataud, faible et anti-charismatique nous emmène dans une enquête sanglante aux multiples rebondissements. Thriller, film de fantômes, de possessions, de zombies, THE WAILING ne cesse de jouer avec son public. Effrayant et drôle, ce long métrage nous a offert la scène la plus incroyable de cette année, une scène de près de dix minutes de double exorcisme à clouer n’importe qui au sol. En tout cas ça a marché pour moi.

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3. TONI ERDMANN – Maren Ade
WOW ! J’ai envie de comprendre comment cette idée folle a germé dans la tête de Maren Ade, de me faufiler dans son cerveau et de comprendre comment chacune de ces scènes a vu le jour. L’histoire d’un père qui, pour se rapprocher de sa fille avec qui il a une relation presque inexistante, va inventer un personnage saugrenu nommé TONI ERDMANN. Il y a dans cette œuvre majeure de l’année (mais également de la décennie) l’audace du grand cinéma. Si toutes les histoires ont déjà été racontées, ce film le fait avec des personnages que je n’avais encore jamais aperçus de près ou de loin au cinéma. C’est ma palme d’or.

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2. MADEMOISELLE (AH GA SSI) – Park Chan-wook
Cette histoire d’amour entre une servante coréenne et une riche héritière japonaise dans les années 30 se déploie comme un magnifique thriller érotique tout en subtilité. J’ai été emporté par la parfaite balance entre la délicatesse et la violence de ce long métrage de près de trois heures. Après son titanesque OLDBOY, Park Chan-wook signe cette œuvre extraordinaire de perfection formelle et de rigueur en matière de cohérence scénaristique. Pas une seule fausse note pour MADEMOISELLE, ce récit en crescendo. En effet ce film en trois parties manie les codes et les retournements de situation sans jamais tomber dans le twist tape-à-l’œil ou vulgaire. Une perle, du grand cinéma, trois heures de bonheur.

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1. ELLE – Paul Verhoeven
Thriller érotique sur fond de parodie de film bourgeois français, ELLE s’impose comme la surprise ultime de l’année. Vu pas moins de trois fois au cinéma, chacun de ces visionnages m’a permis de comprendre toute la finesse de ce film brutal. Visuellement moins léché que sa période américaine, Paul Verhoeven n’a pas abandonné son ton satirique pour nous offrir cette œuvre dense qui ne cesse de dérouter le spectateur. J’ai découvert une Isabelle Huppert qui jusqu’à présent me laissait souvent de marbre, et j’ai pris conscience qu’elle est indéniablement l’une des meilleures actrices (tout court). Drôle, grinçante, effrayante, malaisante, ELLE est pour moi l’œuvre la plus aboutie de l’année grâce à son incongruité, son intelligence et la finesse de ses personnages.

***

Bonus

Le film vu a la dernière minute :

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A MONSTER CALLS – J.A. Bayona
Arrivé trop tard pour être dans le palmarès, A MONSTER CALLS a tout pour me plaire (et me faire beaucoup pleurer). Un film sur la peine infantile réalisé avec brio par le plus que talentueux Juan Antonio Bayona. Le réalisateur de L’ORPHELINAT sait diriger des enfants et livrer le meilleur d’eux à l’écran. Le jeune Lewis MacDougall m’a donné des frissons, et m’a surtout donné très envie de le prendre dans les bras, de lui dire que ça ira. Le film nous immerge dans la peine infinie d’un jeune garçon qui perd sa mère, une immersion belle et douloureuse. Je le conseille à toutes les personnes que je rencontre depuis une semaine donc il était nécessaire de le répéter ici.

Les deux trames sonores qui ne quittent plus mes oreilles :

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LA LA LAND et SWISS ARMY MAN. Sans m’étendre sur le sujet je voulais juste partager ce coup de cœur musical pour deux trames sonores qui apportent beaucoup à leurs films respectifs. Pour LA LA LAND cela semble aller de soi, mais pour SWISS ARMY MAN la musique lui donne plus de rythme et lui donne même une couleur pop plus prononcée. Deux films à mettre dans son baladeur !

***

Le point commun entre tous les films de mon palmarès est l’effet de surprise. Mélange des genres, choix scénaristiques ou partis pris de dingue ; ce fut intense et jouissif. Le millésime 2016 et moi-même sommes en très bons termes. Ce fût une année de tentatives, de choix ambitieux et c’est ce que je demande à un film au fond. Je préfèrerai toujours un film imparfait et surprenant qu’un film lisse et irréprochable. J’espère donc que 2017 m’a entendu et va m’apporter pleins de films parfaitement imparfaits, avec de l’émotion à ras bord et beaucoup de surprises.

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