Top 10

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5 janvier 2017 par Pascal Plante

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Exit 2016, bonjour 2017 !

Je déclare le bal des tops annuels de l’équipe de Point de vues ouvert.

J’aimerais m’excuser d’emblée… pour quelconque raison, même si une multitude de documentaires furent superbes cette année (FUOCOAMMARE, WEINER, TA’ANG, 13TH, LO AND BEHOLD, etc.), aucun ne semble s’être taillé une place au sein de mon palmarès personnel. Puis il y a le cas de O.J. MADE IN AMERICA : indéniablement l’une des meilleures expériences audiovisuelles de l’année, mais je ressens un sentiment conflictuel d’inclure un documentaire télé de 7 h 30 produit par ESPN au sein d’un top « cinéma ». Cela dit, je mentionne, sans condescendance aucune : O.J. est un incontournable. Voyez-le.

Il y a également les rendez-vous manqués. Parmi les poids lourds qui m’ont glissé entre les doigts, notons tout spécifiquement le PATERSON de Jim Jarmusch et le PERSONAL SHOPPER d’Olivier Assayas.

Mais bon…

Sur ce, voici mes 10 coups de cœur cinéma de 2016 (plus deux mentions).

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Mentions : ELLE / L’AVENIR – Paul Verhoeven / Mia Hansen-Løve
Ma liste, mes règles ! Ex aequo en 11e position symbolique, un doublé Isabelle Hupert, avec deux films diamétralement opposés : l’un, un thriller psychosexuel sur la vie après le viol, l’autre, un drame délicat sur une professeure de philosophie qui redéfinit son existence suite au départ de son mari.
ELLE porte un regard novateur sur un sujet délicat, en assumant pourtant toute sa dépravation sans jamais s’y complaire. L’AVENIR interpelle notre intellect et notre humanité, avec simplicité et justesse. Dénominateur commun : une actrice principale tout feu, tout flamme, magnétique, juste et touchante.

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10. JACKIE – Pablo Larrain
Allant bien au-delà de la simple imitation, Natalie Portman joue toute la gamme d’émotions pour rendre sa Jackie en choc post-traumatique plus vraie que vraie. Cependant, j’oserais dire que l’étoile du match est la mise en scène énergique et audacieuse de Pablo Larrain (qui a signé pas moins de trois longs métrages en 2016 !). Bien qu’exubérante, sa caméra 16 mm ne perd jamais le cap sur l’essentiel : le visage de Natalie Portman. « Producteur exécutif : Darren Aronofsky ». Ah, ça explique certaines choses.

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9. AQUARIUS – Kleber Mendonça Filho
AQUARIUS tire à boulets rouges sur de multiples travers d’une société brésilienne corrompue via un récit intimiste porté par une Sonia Braga magistrale. Un film dense, aux thématiques complexes, faisant mouche à chaque détour.

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8. THE NEON DEMON – Nicolas Winding Refn
Véritable délice esthétique, THE NEON DEMON est une satire mordante au ton unique, truffé d’humour noir, passant de tordu à carrément pervers. Le succès du film repose sur l’aura de perfection d’Elle Fanning. On nous pose sans cesse la question : « Qu’est-ce que la beauté ? », et l’œuvre propose, de façon métatextuelle, de possibles pistes de réflexion.

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7. OPERATION AVALANCHE – Matt Johnson
Ce deuxième long métrage de Matt Johnson (après le superbe THE DIRTIES en 2013) rappelle à quel point ce cinéaste effronté est essentiel à la vitalité du cinéma canadien. Retrouvant le style mocumentaire de son opus précédent, mais dans un film d’époque cette fois, l’acteur-réalisateur a dû infiltrer les réels locaux de la NASA pour y filmer incognito des scènes, conduire une voiture dans une poursuite périlleuse en plan-séquence, recréer en chair et en os un Stanley Kubrick de l’époque de 2001, et j’en passe. Les prises de risques inspirent ; l’énergie est contagieuse.

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6. CEUX QUI FONT LES RÉVOLUTIONS À MOITIÉ N’ONT FAIT QUE SE CREUSER UN TOMBEAU– Mathieu Denis et Simon Lavoie
I don’t always write reviews, but when I do, I give ✮✮✮✮.

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5. SIERANEVADA – Cristi Puiu
Les films de réunions de famille qui tournent au vinaigre, on en a vu, vu, et revu. Même notre Dolan national en a fait un, lui aussi, cette année. Ceci dit, le film de Puiu se trouve dans une classe à part : en plus de disséquer les relations familiales et amoureuses sous toutes les coutures, on y traite de l’histoire de la Roumanie post-dictature, de théories du complot, du 11 septembre, de Charlie Hebdo, d’héritage religieux, de communisme, et plus, et plus, et plus encore. La caméra de Puiu campée dans cet appartement exigu est désorientée, oscillant incessamment de gauche à droite dans l’espoir de s’accrocher à un peu de bon sens… en vain. Un délice.

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4. MANCHESTER BY THE SEA – Kenneth Lonergan
D’une apparente simplicité, le scénario de MANCHESTER BY THE SEA est d’une richesse inouïe, d’une humanité et d’une profondeur sans borne. Pourtant, ce qui frappe par-dessus tout est l’impressionnante prestation de Casey Affleck, qui sait donner toutes les couches nécessaires afin de rendre captivant un personnage qui, a priori, aurait pu devenir opaque, hermétique, ou alors carrément antipathique et ennuyeux. Il n’en est rien. Pour contrecarrer le caractère funèbre du récit, Lonergan a l’intelligence de saupoudrer le tout de belles doses d’humour, permettant ainsi de revenir à la charge avec une énergie renouvelée afin de nous heurter encore et encore avec des émotions fortes. Un film beau et déchirant à la fois.

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3. TONI ERDMANN – Maren Ade
Je n’ai rien envie de dévoiler sur TONI ERDMANN, car j’ai eu la chance de le visionner ne sachant pas où le récit allait aller, et j’estime qu’il s’agit probablement de la meilleure façon d’en faire l’expérience. Je dirai simplement qu’il s’agit d’une œuvre colossale, drôle et émouvante, qui récompense le spectateur patient, tant le génie se glisse insidieusement sous la peau pour éclater au grand jour dans une finale en apothéose. Croyez les éloges ; il les mérite.

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2. LA LA LAND – Damien Chazelle
Le cinéma peut être la cure au cynisme ambiant ; il peut nous amener momentanément dans les nuages, nous faire rire et pleurer, nous inspirer et nous faire vibrer. LA LA LAND incarne cette magie propre au septième art de la façon la plus pure possible. Sa communion émotionnelle avec le spectateur est primitive, mais diablement efficace. C’est une célébration de la couleur, de la vie et de l’amour. Naïf ? Peut-être. Mais, au risque de sonner mielleux, j’estime que cette profession de bonheur en vrac nous est essentielle, surtout aujourd’hui.

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1. AMERICAN HONEY – Andrea Arnold
Ironiquement, le portrait le plus éclairé de l’Amérique aura été peint par une Anglaise, cette année. La recette gagnante d’Andrea Arnold ? Ne pas juger ses protagonistes ; les aimer coûte que coûte, dans leurs hauts comme dans leurs bas. Arnold sait extirper la poésie des bas-fonds, et, ce faisant, rend toute la dignité à ces enfants perdus. Sasha Lane crève l’écran et Shia LaBeouf se fond avec une distribution de non-acteurs avec brio. AMERICAN HONEY est un film-musical nouveau genre qui défie, par sa structure épisodique, nos attentes face à une œuvre de fiction. Comme dans tout bon road trip, l’égarement et la découverte font partie intégrante de l’expérience. Et quelle expérience ! Je manque de qualificatifs pour exprimer mon amour de ce film. Je me contenterai de le qualifier de miracle.

***

On se souhaite à tous une belle année cinéma en 2017 !

Une réflexion sur “Top 10

  1. […] sur grand écran, j’en ressens encore moins une imposture, peu importe ce qu’en pense mon collègue. Récit extrêmement fouillé sur la vie, la carrière, l’image, l’impact, le procès, le legs […]

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