Top 10 (+ 11) 2015 de Rémi Fréchette

2

17 janvier 2016 par Rémi Fréchette

Top 10 Rémi

2015 m’apparaissait bien décevante au niveau cinéma, mais après un rattrapage intensif en décembre (t’sais un ratio de trois films par jour), j’ai finalement réussi à lister plusieurs coups de cœur. Ceux-ci sont donc tirés d’un échantillon d’environ une cinquantaine de films de 2015 (toujours d’après les dates de sortie sur IMDb, alors oubliez les BIRDMAN et les IT FOLLOWS de ce monde). M’en manque encore quelques-uns à voir, mais bon… faut apprendre à s’arrêter ! Entre autres THE FORBIDDEN ROOM de Guy Maddin qui se glisserait sûrement dans cette liste.

En regardant ce portrait de mes favoris de l’année, je réalise qu’il y a sur ma liste beaucoup de huis clos intéressants (cinq dans mon top 10), des personnages féminins forts, et le retour en force de quelques cinéastes (à voir surtout dans les mentions à la fin de la liste). 2015, c’était aussi ma première visite au BIFFF, le petit cousin belge de Fantasia, le Festival du Documenteur en Abitibi, une longue liste de projections à Fantasia, la première du festival Éléphant ClassiQ, le Off Courts de Trouville-sur-Mer, le Kino Kabaret de Montréal, et au niveau personnel la sortie de ma deuxième série web L’ÉTRANGE PROVINCE.

Bref, sans plus attendre, voici ma liste de favoris, suivie de onze coups de cœur que je devais joindre, sous peine de le regretter pour le restant de ma vie (ou pas).

The Diary of a Teenage Girl

10. THE DIARY OF A TEENAGE GIRL – 102 min – États-Unis – Marielle Heller

Basé sur un roman graphique de l’auteure Phoebe Gloeckner, on assiste au coming of age inhabituel d’une adolescente de 15 ans dans les années 70 qui découvre la sexualité et l’amour, mais qui apprend surtout à s’aimer elle-même. Le point de vue est original, et la performance de Bel Powley dans le rôle principal rend la protagoniste crédible à travers ses réflexions d’adolescente en pleine découverte de son amour propre. Le film est souvent drôle, bien rythmé, et on sent une sensibilité et une forte compréhension du personnage malgré ses actions moralement inacceptable, principalement due au scénario et à la réalisation de Marielle Heller. On est très curieux de voir ce que nous réserve ensuite la jeune comédienne devenue réalisatrice…

Star Wars: The Force Awakens Ph: Film Frame �Lucasfilm 2015

9. STAR WARS: EPISODE VII – THE FORCE AWAKENS – 135 min – États-Unis – J.J. Abrams

Haters gonna hate : j’ai adoré THE FORCE AWAKENS au point de le mettre dans mon top ! Dès les premières images de la bande-annonce, le sentiment nostalgique m’avait gagné (et m’a fait même pleurer). Je savais que STAR WARS était de retour pour vrai, avec Harrison Ford, Chewie, les stormtroopers, et plein d’autres personnages que je ne pensais jamais retrouver sur grand écran. Le film utilise une bonne balance entre les références à la mythologie de la trilogie originale, et la quête du nouveau personnage principal, Rey. On en a beaucoup parlé déjà, mais ça fait du bien une héroïne féminine. Bien sûr, l’histoire a des similitudes avec A NEW HOPE, mais le film ne fait que rebâtir l’univers pour faire évoluer des personnages aussi (sinon plus) intéressants que ceux de la première trilogie. Un stormtrooper qui déserte. Chewbacca qui prend des décisions. Les années qui ont passé et qui ont changé Han Solo. Le nouveau vilain, qui cosplay Darth Vador sans avoir sa sagesse. Tout ça a comblé le fan et le cinéphile en moi. Merci J.J., tu peux prendre tout mon argent !

The Hateful Eight

8. THE HATEFUL EIGHT – 187 min – États-Unis – Quentin Tarantino

Un film de Tarantino, un groupe d’hommes dans un seul lieu avec des comptes à régler, une tension forte qui mène à quelques fusillades… ça vous rappelle quelque chose ? RESERVOIR DOGS ? Vrai, mais aussi THE HATEFUL EIGHT, un western qui reprend la simplicité narrative de son premier film, en ajoutant une maturité qui s’est développée à travers 23 ans d’expérience. Tarantino mise sur ses forces (oui, ça parle beaucoup), et prend le temps de bien développer les quelques personnages du film. Avec une durée de 3 h 7, il a le temps. Mais ça passe très vite, vu la constante tension ponctuée de quelques moments bonbon tarantinesques, comme les revirements de situations et les monologues intenses (Samuel L. Jackson au rendez-vous). Le tout est présenté dans une esthétique de film-spectacle en deux parties, avec même l’intro musicale sur une image fixe (me rappelant la fois où je croyais que le DVD de WEST SIDE STORY était brisé, mais c’était juste l’intro !). Le film marque aussi le retour d’Ennio Morricone, qui signe une magnifique bande sonore originale.

Love & Peace

7. LOVE & PEACE – 117 min – Japon – Sion Sono

C’est l’histoire d’un homme qui achète une tortue. Il la jette finalement aux toilettes parce que ses collègues se moquent de lui. La tortue arrive dans une pièce cachée dans les égouts, où un clochard donne la vie à des jouets et la parole à des animaux. Celui-ci transforme l’animal en tortue magique. Maintenant qu’elle peut réaliser des vœux, la tortue retourne voir son propriétaire et lui donne une carrière de rock star. Mais la popularité prend la tête de l’homme. Oh et finalement, c’est un film de Noël aussi. Si ce synopsis ne vous donne pas envie de rentrer dans l’univers de Sion Sono, rien n’y arrivera. C’est de la pure folie, maitrisée par un génie qui pond des films uniques plusieurs fois par année. Il réussit à humaniser une marionnette de tortue, et à rendre sympathique un personnage qui est écrit et joué comme un cartoon. La preuve que l’expression WTF Japan !? n’a pas nécessairement une connotation négative.

Inside Out

6. INSIDE OUT – 95 min – États-Unis – Pete Docter et Ronnie Del Carmen

J’ai ri, j’ai eu peur, j’ai pleuré, j’ai été séduit, dès les premières notes de la magnifique trame sonore de Giacchino j’ai eu des frissons. Eh oui, Pixar m’a encore gagné, dans probablement un des meilleurs films du studio (EVER). Le concept des « employés dans la tête qui commande l’humain » a déjà été exploré, mais quand Pixar s’en mêle, on découvre un nouveau degré de complexité dans ce concept. C’est une analyse profonde des émotions humaines, ici ciblées au moment du passage à l’adolescence, dans un enrobage de film d’animation coloré, qui est plus riche thématiquement que la plupart des films. On s’attache individuellement à toutes les émotions de la jeune fille au centre du récit, chacune ayant une raison d’être, autant dans le scénario que dans la vie.

Ex Machina

5. EX MACHINA – 108 min – Royaume-Uni – Alex Garland

Même en science-fiction, less is more (en français ; moins c’est plus… ou quelque chose du genre.) On traite ici de l’intelligence artificielle en huis clos avec principalement trois comédiens. Oscar Isaac est un jeune milliardaire excentrique (à l’opposé de sa performance dans INSIDE LLEWYN DAVIS), qui fait tester une androïde qu’il a créé au personnage de Domhnall Gleeson. C’est au fil des discussions avec la robote qu’on voit son intelligence se développer, et sa conscience naître. Et on croit au personnage et à sa dimension psychologique grâce au jeu froid mais dangereusement séduisant de Alicia Vikander. On a un étrange crush sur elle, un peu comme on l’a eu pour la voix sexy de Scarlett Johansson dans HER. S’ajoutent à ça les effets spéciaux efficaces qui donnent l’impression qu’elle est fabriquée de toutes pièces. Un scénario solide aux couleurs azimoviennes, qui fait autant réfléchir sur le progrès technologique de l’espèce, que sur l’Homme lui-même. (En passant, y’a probablement la meilleure scène de danse de l’année. Plus que PITCH PERFECT 2, j’imagine.)

Mad Max - Fury Road

4. MAD MAX: FURY ROAD – 120 min – Australie, États-Unis – George Miller

Je n’avais pas senti autant de fraicheur dans un blockbuster depuis longtemps. Définitivement au-dessus de mes attentes, meilleur que tous les autres chapitres de la franchise, le quatrième (et kind of reboot de) MAD MAX est un film d’action parfait. L’histoire est simple, les enjeux sont clairs, les personnages évoluent… Ça semble être une base, mais le gros cinéma hollywoodien qui fait boum boum oublie souvent ses codes de base. George Miller rend un ultime film d’action, avec de vraies cascades souvent rares dans l’ère du CGI, sous la forme d’une course infernale qui n’arrête presque jamais. L’univers qu’il crée est unique et plein de surprises (le mec avec la guitare quand même !), et il ne tombe jamais dans la surexplication du pourquoi du comment. Il fait un réel retour aux sources autant pour son propre cinéma, que pour la façon de tourner et d’écrire un blockbuster d’action. Je suis franchement heureux qu’il ait opté pour réaliser une suite à MAD MAX, plutôt qu’un troisième volet à sa franchise de pingouins HAPPY FEET. Très très heureux.

IMG_6290.CR2

3. THE LOBSTER – 118 min – Irlande, Royaume-Uni, Grèce, France, Pays-Bas, États-Unis – Yorgos Lanthimos

N’ayant pas vu son plus connu DOGTOOTH, je me suis lancé dans THE LOBSTER en n’ayant aucune idée à quoi m’attendre de l’univers du Grec Yorgos Lanthimos. Et quelle découverte, ce presque huis clos qui agit comme une fable mythologique surréaliste ! On y retrouve Colin Farrell dans un rôle plutôt discret, qui vit dans un futur alternatif où le célibat est interdit. L’histoire se passe presque uniquement dans un hôtel où le protagoniste, en compagnie de son frère qui est déjà passé par là, devra se trouver une compagne. Je n’entrerai pas dans les conséquences d’un refus de coopérer, parce que bien que celles-ci soient expliquées au début, le ton sobre et sérieux du film nous fait douter que l’histoire mène vraiment vers ses conclusions. Parfois drôle, parfois dérangeant, le film n’a rien d’habituel et vaut la peine d’être vécu.

Anomalisa

2. ANOMALISA – 90 min – États-Unis – Charlie Kaufman et Duke Johnson

Après avoir vu la réalisation de SYNECDOCHE, NEW YORK de Charlie Kaufman, je croyais que l’auteur manquait un peu de retenu pour amener ses concepts métaphoriques par lui-même. Mais ANOMALISA est tout ce qu’un film de Kaufman devrait être, quand on se rappelle un ETERNAL SUNSHINE…, ADAPTATION ou BEING JOHN MALKOVICH : un film qui explore la forme, mais qui livre une histoire remplie d’humanité et de sentiments purs. Bien que les personnages soient des marionnettes animées en stop-motion (d’où la coréalisation avec l’animateur Duke Johnson), les voix et le concept unique qui les lient aux individus créent des émotions réelles qui ne peuvent que bâtir un protagoniste fort et complexe. On se demande longtemps : « Pourquoi un film en animation ? » vu la simplicité du lieu et de l’histoire (un huis clos dans un hôtel, un homme qui essaie de comprendre ses propres émotions), mais les idées uniques de Kaufman viennent rapidement justifier la forme.

Youth

1. YOUTH – 124 min – Italie, France, Suisse, Royaume-Uni – Paolo Sorrentino

Paolo Sorrentino avait épaté avec LA GRANDE BELLEZZA en 2013, et c’est en force qu’il revient avec YOUTH. Dans les rôles principaux, on retrouve le plus-que-parfait duo de Michael Caine, qui joue un chef d’orchestre retraité, et Harvey Keitel, dans le rôle d’un réalisateur qui tente de retrouver la fraicheur de ses films d’autrefois. Le scénario est riche thématiquement, traite bien sûr de la jeunesse vs la vieillesse, mais aussi l’amour, la réussite, l’intégrité. Bien que j’ai adoré son film précédent, YOUTH bénéficie d’une ligne narrative plus claire et une évolution plus définie des personnages. Et ces thématiques sont exploitées en quasi-huis clos dans un hôtel (oui, un autre dans cette liste), réussissant à exploiter la cinématographie de façon magnifique pour montrer la beauté de la vie et la richesse de cœur des deux protagonistes. YOUTH est d’une grande beauté (sans faire de jeu de mot douteux), autant dans l’humanité et la complexité de ses personnages, que dans la fenêtre qui est ouverte tout au long du film sur des petits moments magiques. Ça, c’est du cinéma !

***

Parce que je ne suis pas capable de nommer juste dix films que j’ai aimés, parce que ça omettrait des films à voir absolument et des petits trésors cachés, en voici onze de plus !! Aucun ordre précis, juste onze coups de cœur gratuits. Comme ça. Vous me remercierez plus tard.

Much Loved

MUCH LOVED – 104 min – France, Maroc – Nabil Ayouch

Probablement un des films les plus importants de l’année, spécialement pour son propos sur la prostitution au Maroc. Et tant mieux, même si les réactions sont malheureusement violentes dans son pays d’origine, le mot se répand et le film fait réagir. Le regard du réalisateur Nabil Ayouch, qui dresse un portrait réaliste et très humain des femmes prisonnières de ce travail, n’est jamais critique envers elles. Il n’exploite jamais le facteur-choc ou le désespoir humain, il donne plutôt la parole à des personnages forts et plein d’espoir.

Me and Earl and the Dying Girl

ME AND EARL AND THE DYING GIRL – 105 min – États-Unis – Alfonso Gomez-Rejon

Le me, c’est notre protagoniste, un adolescent qui préfère s’effacer plutôt que se mêler aux autres. Earl, c’est son ami, qu’il décrit comme collègue, avec qui il réalise des remakes amateurs de grands classiques du cinéma. The dying girl, c’est cette fille atteinte de leucémie pour qui il se lie d’amitié de façon très maladroite. C’est le feel good de l’année, dans le style de LITTLE MISS SUNSHINE / JUNO, avec une touche de BE KIND REWIND. Alfonso Gomez-Rejon signe une réalisation unique et colorée qui marque une belle évolution après son dernier film tout en style, moins en personnages (le slasher THE TOWN THAT DREADED SUNDOWN). Sans sortir des sentiers battus, ME AND EARL AND THE DYING GIRL remplit son mandat, avec un scénario très accessible, ses moments drôles et ses moments tristes.

The Martian

THE MARTIAN – 144 min – États-Unis, Royaume-Uni – Ridley Scott

Je suis très peu fan de Ridley Scott d’habitude, même que j’évite souvent ses films (comme les EXODUS et ROBIN HOOD des dernières années). Mais THE MARTIAN bénéficie d’un matériel source riche et intelligent, le bestseller d’Andy Weir, et le génie de placer Matt Damon dans le rôle principal. Celui-ci rend le protagoniste attachant, aidant à s’identifier avec lui malgré son intelligence surhumaine. Contrairement à ce que beaucoup reprochent au film, moi je trouve ça sensé d’aller sauver Matt Damon dans cette situation, si ce n’est que pour aller prendre une bière avec lui à son retour sur Terre et jaser de ses patates martiennes.

CAROL

CAROL – 118 min – Royaume-Uni, États-Unis – Todd Haynes

CAROL ne se retrouve pas dans mon top 10 (scandale !) mais oui, il devait être mentionné, et, oui, c’est définitivement un des meilleurs films de l’année. C’est à travers deux performances magnifiques de Cate Blanchett et Rooney Mara qu’on vit cette histoire d’amour racontée toute en retenue. Et malgré un sujet tendu, soit l’homosexualité dans l’Amérique des années 50 avec deux personnages qui viennent de classes sociales bien différentes, le film aurait pu tomber facilement dans le mélodrame. Mais Todd Haynes ramène le film vers l’essentiel, soit l’amour pur, peu importe le lieu, le temps, le sexe, ou le statut social. Un magnifique scénario joué par deux incroyables actrices, ça donne ça.

Tag

TAG / RIARU ONIGOKKO – 85 min – Japon – Sion Sono

Un deuxième Sion Sono sur ma liste, parce qu’il a quand même réalisé 6 films cette année (!!!). TAG devait se retrouver dans mes recommandations ; quand je parlais de WTF Japan !? avec LOVE & PEACE dans mon top 10, c’est très peu comparé à TAG. On ouvre sur une scène où le vent coupe en deux un autobus complet (sur la longueur, oui oui), s’en suit des enseignants qui fusillent des étudiants dans une esthétique de manga hyperviolent, un mariage qui dégénère, un marathon mortel… Je ne sais pas trop comment raconter, je ne sais même pas comment critiquer ça… En fait, je ne sais même pas si je l’ai rêvé. Est-ce que je suis encore en vie ? Allô ?

Turbo Kid

TURBO KID – 93 min – Canada (Québec), États-Unis, Nouvelle-Zélande – François Simard, Anouk Whissell, Yoann-Karl Whissell

AAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHH !!!! YES YES YES !!! Splash-Bzzzzzzzzzzzzzzzzz-schlack !!! Psschhhhhhhhhhhhh AAAAAHHHHHHHHHHHHHHH !! *80s techno theme* VVRRRRRRRRRR-ssschhhhhhhhhhh! WWOUUUUUHHHHOUUUUU !!! arrrrghhhhhh. Schwing-schwing ! (Tout ça tourné au Québec, avec Michael Ironside, Laurence Leboeuf, la folie de RoadKill SuperStar et les images / musique de Jean-Philippe Bernier #fierdenotrecinémadegenre.)

Le Tout nouveau testament

LE TOUT NOUVEAU TESTAMENT – 113 min – Belgique, France, Luxembourg – Jaco Van Dormael

D’abord, j’adore Benoit Poelvoorde. Lui donner le rôle de Dieu, c’est du génie, en plein dans ses cordes. Spécialement pour un Dieu qui habite dans un petit appartement crade à Bruxelles sans sortie possible, avec sa femme interprétée par Yolande Moreau et sa jeune fille qui souhaite foutre le bordel dans les dossiers de son père. Cette dernière réussit à s’évader de la demeure familiale pour se trouver des apôtres dans les rues de la capitale belge (dont Catherine Deneuve qui se tape un gorille, no kidding) et ainsi rédiger un Nouveau Testament. Mon premier pas dans l’univers de Jaco Van Dormael, une belle surprise avec une construction narrative peu commune, qui marque pour le meilleur ou pour le pire. Amen.

La Loi du marché

LA LOI DU MARCHÉ – 93 min – France – Stéphane Brizé

Y’en a pas de job. Enfin pas celle que tu veux et surtout pas celle que tu mérites. LA LOI DU MARCHÉ joue sur cette thématique dans une série de vignettes qui suivent un homme dans la cinquantaine qui tente de se recaser dans un nouveau boulot. Les scènes très sobres et réalistes sont captivantes, tenues par une incroyable performance de Vincent Lindon. Le personnage agit souvent comme un observateur face à cette absurdité de la recherche d’emploi dans cette période de crise. On vit avec lui un malaise face au système, souvent triste et frustrant, parfois tellement absurde que ça en devient drôle.

Cobain - Montage of Heck

COBAIN: MONTAGE OF HECK – 145 min – États-Unis – Brett Morgen

J’ai vu très peu de documentaires cette année, mais dans mon rattrapage j’ai pu au moins voir le rockumentary sur Kurt Cobain. Et bien que j’apprécie Nirvana, je ne connaissais pas très bien l’histoire du groupe et de son leader. Mais dans une forme qui mêle des enregistrements audio et vidéo de Cobain, des passages de son journal, des entrevues avec ses proches et des magnifiques reconstitutions en animation 2D, le portrait de la montée et de la descente de Cobain est incroyablement détaillé et donne envie de repasser à travers sa musique.

Far From the Madding Crowd

FAR FROM THE MADDING CROWD – 119 min – Royaume-Uni, États-Unis – Thomas Vinterberg

Coup de cœur ultime avec LA CHASSE, j’avais hâte de voir le prochain film de Thomas Vinterberg. Je ne suis pas vendu de base aux drames « victoriens », avec des dialogues victoriens, des enjeux victoriens, et des larmes victoriennes. Mais quand une histoire du genre tombe dans les mains d’un maître avec un casting parfait, le film peut seulement être une réussite. Le ton frôle souvent le mélodrame, mais il est bien utilisé et surtout bien maitrisé, ne tombant jamais dans l’excès. Finalement, c’est pas si pire un film victorien.

The Visit

THE VISIT – 94 min – États-Unis – M. Night Shyamalan

Welcome back, mister Shyamalan. THE VISIT n’est définitivement pas un des « films de l’année », mais il est du moins un des films les plus divertissants et marque le retour du maître de la twist. Loin de ses mégabudgets qui ont donnés des mégaflops, Shyamalan fait un retour aux sources dans un found footage très original. Un des points forts du film est qu’il n’y a jamais le désir de plonger dans le réalisme, le réalisateur utilisant plutôt la caméra subjective comme moteur narratif. Ses personnages sont construits dans l’excès et ne se prennent pas du tout au sérieux, et les moments-chocs sont bien amenés et sont très efficaces. Est-ce qu’on laisse tomber la suite de THE LAST AIRBENDER et on continue à faire des folies comme ça ? Steplait ?

2 réflexions sur “Top 10 (+ 11) 2015 de Rémi Fréchette

  1. […] ONIGOKKO – 85 min – Japon – Sion Sono Un des meilleurs films de 2015 qui est apparu sur mon Top de fin d’année. J’ai eu le plaisir de le revoir sur grand écran, connaissant maintenant la finale et […]

  2. […] THE LOBSTER ou ANOMALISA (ces deux derniers, j’avais pu les attraper juste à temps pour mon top de l’année 2015). Sous cette règle, mon échantillon est de plus de 70 films… il me reste quand même plusieurs […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

sondage

%d blogueurs aiment cette page :