Top 10 2015 de Benjamin Pelletier

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3 janvier 2016 par Benjamin Pelletier

Top 10 Benjamin

Mississippi Grind

10. MISSISSIPPI GRIND – 108 min – États-Unis – Anna Boden et Ryan Fleck

Un nouveau road movie américain essentiel, clin d’œil au CALIFORNIA SPLIT de Robert Altman par son titre et sa paire de flambeurs dégénérés, ce nouveau indie du duo Boden/Fleck est avant tout servi par deux interprètes au talent indiscutable. D’abord un Ryan Reynolds qui, au-delà des GREEN LANTERN et THE PROPOSAL de ce monde, se bâtit peu à peu une filmographie assez impressionnante en marge des grands studios. Vient ensuite l’Australien Ben Mendelsohn, qu’on a vu ici et là dans plusieurs films de qualité mais qui, une fois l’occasion présentée, livre ici la performance masculine la plus mémorable de l’année. Œuvre modeste, amusante et ô combien humaine, MISSISSIPPI GRIND capte avec lucidité le quotidien répétitif et absurde du joueur compulsif, peu importe qu’il soit dans les gains ou les pertes, dans un casino en Iowa ou à l’arrière d’un bar à Memphis.

9.Endorphine

9. ENDORPHINE – 84 min – Canada (Québec) – André Turpin

Quinze ans après son premier long-métrage UN CRABE DANS LA TÊTE, André Turpin le réalisateur signe une épopée intimiste à propos des effets du traumatisme sur notre perception du temps, se campant quelque part entre la folie onirique de Lynch et la dextérité narrative de Nolan en empruntant aussi à Bergman pour y parvenir. Un grand petit film, exploration cosmique et métaphysique des répercussions psychologiques d’un drame familial, ENDORPHINE pourrait facilement jouer au film de science-fiction mais décide malgré tout de demeurer les deux pieds sur terre. Bref, un périple sensoriel et émotionnel comme on en voit rarement au Québec.

Mistress America

8. MISTRESS AMERICA – 84 min – États-Unis, Brésil – Noah Baumbach

Grande dame de la comédie étatsunienne, une Kate Hepburn pour notre nouvelle génération, Greta Gerwig est suprêmement captivante à regarder dans à peu près tout ce qu’elle fait. Évidemment, elle l’est encore plus lorsque filmée par son collaborateur/conjoint Noah Baumbach, qui parvient avec MISTRESS AMERICA à recréer le rythme narratif et verbal enivrant des comédies « screwball » des années 30 et 40. Une vraie traite, difficile à résister.

La Loi du marché

7. LA LOI DU MARCHÉ – 93 min – France – Stéphane Brizé

À l’opposée du film précédemment mentionné, LA LOI DU MARCHÉ s’impose en tant qu’une des expériences les plus austères, difficiles et carrément violentes de l’année. Une violence qui, bien sûr, n’a rien de physique mais qui percute davantage. Une violence dont les effets se manifestent principalement sur le visage de l’admirable Vincent Lindon, qui incarne ici un chômeur dans sa quête accablante pour du travail dans le merdier grandissant de la classe moyenne européenne. Brizé rallie un mal-être individuel et social avec une force de frappe étonnante, destinée à perdurer.

The Assassin

6. THE ASSASSIN / NIE YIN NIANG – 105 min – Taïwan, Chine, Hong Kong, France – Hou Hsiao-hsien

Premier long-métrage en huit ans pour un des cinéastes les plus adulés du cinéma mondial, et un wu xia avec son actrice fétiche Shu Qi, en plus. Bien sûr, beaucoup d’entre nous étaient déjà conquis dès le dévoilement du projet, et l’attente en aura value la peine. THE ASSASSIN, en plus d’être un des films les plus visuellement splendides de l’année, en est probablement le plus mystérieux, à la fois séducteur et difficilement pénétrable au premier abord, invitant les écoutes multiples. À l’image de son personnage central, Hou nous offre un fleuve d’émotions latentes qui pourtant ne pénètrent jamais la surface entièrement, un film que beaucoup admireront avant d’aimer.

Mad Max - Fury Road

5. MAD MAX: FURY ROAD – 120 min – Australie, États-Unis – George Miller

On peut littéralement s’intoxiquer avec le nouveau MAD MAX, modèle de film d’action quasi parfait dans lequel on n’arrête jamais les engins et leurs moteurs pour raconter une histoire. Un film qui partage parfois les spectateurs en raison de son excentricité, le nouvel opus de la saga de George Miller est pourtant devenu un des grands succès critiques de l’année (tout genre confondu), et avec raison. Une aventure grandiose et visionnaire qui, à mon humble avis, mérite très certainement une suite.

Tangerine

4. TANGERINE – 88 min – États-Unis – Sean Baker

En parlant d’intoxication cinématographique, la palme pourrait très bien être décernée à TANGERINE. Son rythme effréné, ses personnages extravagants, ses dialogues choquants et hilarants, ses images tournées au iPhone, bref toutes ses composantes en font un film qui ne se visionne pas autant qu’il s’absorbe. Enlaçant habilement un réalisme social aussi éloquent qu’un documentaire à la cadence narrative des meilleures comédies hollywoodiennes, le tout mis en scène avec une énergie contagieuse, ce bijou signé Sean Baker déborde d’humanité.

Le Fils de Saul

3. LE FILS DE SAUL / SAUL FIA – 107 min – Hongrie – László Nemes

Un traitement juste des atrocités de l’Holocauste, brutal comme il se doit sans jamais tomber une seule seconde dans la complaisance ou le tape-à-l’œil. Un voyage en enfer accompagné de l’un de ses gardiens. Un récit profondément affectant sur les difficultés de garder sa dignité humaine en temps de guerre. Puis ultimement, un film qui rend compte de l’importance d’être témoin des horreurs du monde pour ne pas les reproduire. LE FILS DE SAUL, c’est toutes ces choses et encore plus. Remarquons que nous parlons ici de la première œuvre d’un jeune cinéaste dans sa trentaine, dont la maturité étonne encore plus que son talent.

Ex Machina

2. EX MACHINA – 108 min – Royaume-Uni – Alex Garland

EX MACHINA, c’est de la science-fiction pour grandes personnes et un film de cinéma des plus stimulants. Au-delà de ses réflexions familières mais pertinentes sur l’intelligence artificielle, Alex Garland réussit à imprégner son huis clos de nombreux genres cinématographiques, tous aussi maîtrisés. En effet, on a droit non seulement à de la science-fiction allégorique mais aussi à du film noir (une sorte de DOUBLE INDEMNITY où Barbara Stanwyck devient une Alicia Vikander androïde) en plus d’un film d’horreur classique au récit dérivé tout droit de Mary Shelley et H.G. Wells. Un remodelage contemporain de vieux mythes qui donne froid dans le dos en raison de la crédibilité des éléments de son récit et de son approche troublante au regard masculin, par lequel la fétichisation déshumanisée du sexe opposé mènera les deux protagonistes à leur perte, voici un autre premier film d’une expertise fulgurante.

Carol

1. CAROL – 118 min – Royaume-Uni, États-Unis – Todd Haynes

Tout simplement sublime, aussi charnel que cérébral, ce CAROL de Todd Haynes est de très loin mon grand coup de cœur cinéma de 2015. Un hymne à la liberté, transmise par une histoire d’amour déchirante, digne des meilleurs films de Douglas Sirk. À voir et à revoir, je m’arrête ici.

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