Paul dans le Nord

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2 novembre 2015 par Paul Landriau

Jazz

Les frais de voyage ont été payés par la 20th Century Fox.

Le genre de notice qu’on lit parfois à la fin d’un reportage d’un journaliste de La Presse, et qui donne à rêver. L’élite de la critique québécoise qui reçoit le traitement de luxe afin d’aller à la rencontre des artisans et voir des films en avant-première à Los Angeles. Remarquez bien qu’en 2015, il est si simple de faire des entrevues téléphoniques, ou encore par Skype. Je sais bien de quoi je parle, ça fait plus de 125 fois que j’effectue une « entrevue » avec mes comparses pour le podcast qui a lancé ce site.

Ce site bien modeste mais plein de belles intentions, qui jamais n’a été envahi de publicités ou s’est fait dicter la façon de faire les choses. Même que mon hébergement me coûte un peu plus cher pour libérer la page d’accueil de toute publicité. Les fondements de ce site, c’est un peu ce qu’on préfère nous-mêmes en tant que lecteurs et surfeurs depuis toujours. J’essaie d’en faire un espace convivial et sobre, où le contenu de qualité attire un public raffiné, et il y a une semaine, j’ai eu une belle confirmation que ces efforts ne sont pas vains. Un courriel parmi les dizaines que je reçois chaque semaine, sauf qu’il m’était adressé personnellement et me proposait de visiter le Festival de cinéma international en Abitibi-Témiscamingue toutes dépenses payées.

Vraiment!?

Et soudainement le cœur qui bat, le sourire qui ne s’efface plus, les textos échangés avec la famille dans l’empressement avant de répondre par l’affirmative à la si jolie invitation. À mon échelle donc, je vais pouvoir couvrir un festival, que, comble du hasard, je songeais fortement à visiter de toute façon, mon ami (et cofondateur du site) Pascal Plante ayant un film dans la section Espace Courts. Nous discutions de la façon de s’y rendre, nous regardions les chambres et les hôtels des environs quelques jours à peine avant ce courriel.

Cela représente pour moi une étape importante de ce site, et une énorme victoire personnelle, moins parce que cela me fait économiser quelques sous, mais parce que ça traduit une reconnaissance d’un travail qui est surtout un hobby que l’on poursuit dans nos temps libres. Avant de faire de la critique écrite, j’en faisais par la parole, autour d’une bière, à mes amis — toute occasion étant bonne pour débattre du dernier film visionné. Dans les prochains jours donc, compte-rendu de mes impressions, critiques et entrevues. Photos et anecdotes sur mon compte Facebook également.

***

Et puis le jour du départ, dimanche le 1er novembre, l’orage qui gronde. Je suis à peine remis de cette semaine de travail intense pour la tenue du Rocky Horror Picture Show Montréal à l’Impérial, dont la popularité ne dérougit pas, le film fêtant ses 40 ans cette année. Il y avait du monde à la messe et le cinéma était véritablement a mess.

Je me rends donc milieu d’après-midi à l’arrêt de bus, attendant le 747 lorsque la pluie s’intensifie, que les nuages couvrent les rares parcelles de ciel dégagées et que le vent s’en donne à cœur joie. Avançant péniblement dans ce décor que Kurosawa lui-même n’aurait pu mettre en scène de meilleure façon, j’ai une pensée pour les livres que j’ai emportés dans mon sac et mon cellulaire dans mon jeans. Dame nature souhaitait me souhaiter un au revoir mémorable. C’est le cas.

Passé la foule de gens à l’aéroport (j’ai un peu horreur des énormes foules, du moins quand j’y suis coincé), je me dirige vers un long corridor qui mène au fond d’une aile, où la toute dernière porte est celle qui m’attend. Un minuscule avion nous portera à travers la province et la pluie. Nous sommes une dizaine à bord, le voyage doit durer un peu moins d’une heure trente, même pas le temps d’écouter un film. Je termine donc mon premier bouquin, que j’avais entamé quelques jours plus tôt (RAGE de Richard Bachman / Stephen King) et gobe le premier tiers d’un livre sur les cinémas d’Asie (Frédéric Monvoisin). Au décollage, puisqu’il est tard, je vois l’étendue de la métropole au sol, comme un ciel étoilé à l’envers, ou une carte-mère d’un vieil ordinateur. Les différentes ampoules, incandescentes, néons ou DEL donne au tableau des teintes dorées, argentées et bleutées. Rapidement, notre avion dépasse la zone concentrée et le ciel/sol devient noir opaque. Quelque part entre le Japon et la Corée, je m’assoupis.

À l’arrivée, un sympathique chauffeur vient nous chercher. Nous, c’est également la scénariste du film LE RANG DU LION, Sophie-Anne Beaudry. Nous discutons dans le trajet qui nous mène à notre hôtel. Elle connait et lit Point de vues. Décidément, cette semaine fera du bien à l’égo. J’avais manqué le film lors de la présentation au FNC, je lui promets de l’attraper cette fois-ci. Elle me dévoile la genèse du projet et ses recherches en psychologie. Elle revient de Berlin, où elle a présenté le film qui a reçu un bel accueil.

***

J’aime souvent faire des trucs absurdes au nom de l’humour. La semaine dernière, alors que je passais du temps à Québec, ma ville natale, avec ma copine, nous sommes allés voir PAUL À QUÉBEC de François Bouvier, adaptation de la bédé éponyme de Michel Rabagliati, malheureusement selon moi pas du tout à la hauteur de la source. Ma copine en a profité pour acheter le dernier volume de la série, PAUL DANS LE NORD, que j’ai lu d’une traite. J’ai beaucoup d’affection pour cette série, et pas uniquement parce que je partage le prénom. Quoi qu’il en soit, Paul dans le Nord, cette semaine, c’est moi.

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