Top 25 films d’horreur*

2

23 octobre 2015 par Paul Landriau

Funny Games

*hors franchise.

À une semaine de l’Halloween, et après quelques dizaines (voire centaines, j’ai arrêté de compter) de courriels, textos, rappels, échanges, questions, clarifications, frustrations, envolées, l’équipe de Point de vues est fière de vous présenter son premier Top commun, ici le Top 25 films d’horreur*. L’astérisque ici vous indiquant qu’on n’aime pas nécessairement faire les choses comme les autres, et que ce Top ne devrait en aucun cas apparaître comme objectif, définitif et autoritaire. Déjà, faut-il rappeler que ce Top reflète la subjectivité des membres de l’équipe, du corpus qu’ils ont visionné et surtout retenu au fil des ans; des préférences et affinités envers telle ou telle frange de cette famille très accueillante malgré tout qu’est l’horreur. Il semble facile de définir ce qu’est un film d’horreur jusqu’à ce que votre rédacteur en chef vous demande d’en dresser un Top 25. Dès le départ, le choix des films aura été laissé à la discrétion des membres, qui votèrent anonymement. Vous trouverez ici les films qui ont récolté le plus de points selon un système très simple, le #1 de chacun valant 25 points, puis le #2 24, ainsi de suite. Aucun débat n’a fait suite à savoir si tel ou tel film était éligible, expliquant que certains films ne s’y trouvent pas, ou que d’autres sont classés plutôt loin. C’est que certains ne considèrent pas un MULHOLLAND DR. comme de l’horreur, par exemple. Aussi, faut-il voir ce Top comme un départ et une piste, comme une autre liste qui vous donnera on l’espère envie de découvrir et redécouvrir certains films et certains cinéastes. Et l’envie bien sûr de nous indiquer en commentaire ce qui manque cruellement et ce qui fâche. Finalement, nous avons d’emblée exclu les films de franchises, pour éviter de se retrouver avec une autre liste occupée majoritairement par les PSYCHO, ALIEN, HALLOWEEN, SAW, CARRIE, FRIDAY THE 13TH, CUBE, THE RING, THE EXORCIST, SCREAM, NIGHTMARE ON ELM STREET, de ce monde. Tout film ayant eut droit à une suite, ou une suite elle-même aura donc été automatiquement exclue d’emblée, nul besoin de nous envoyer vos plaintes à ce sujet. Sur ce, place à l’horreur! Voici Halloween, voici Halloween!

23) Elephant – 2003 – 81 min – États-Unis – Gus Van SantElephantDans la vie, j’ai une phobie. Celle de mourir dans une tuerie scolaire. À chaque rentrée, je prends toujours un trente secondes pour analyser la salle de classe dans laquelle je me trouve, pour optimiser mes chances de survie si un tireur fou décide d’y mettre les pieds. On s’entend donc pour dire que ce n’était pas la meilleure idée du siècle dans mon cas d’écouter ELEPHANT de Gus Van Sant. Je n’en ai pas dormi pendant trois jours; ce n’est même pas des blagues. Je n’arrive plus à entendre Für Elise de Beethoven sans que les images de ce film apparaissent dans ma tête. — Delphine Larose

23) Salo ou les 120 journées de Sodome / Salò o le 120 giornate di Sodoma – 1975 – 116 min – Italie, France – Pier Paolo PasoliniSaloQu’on soit fasciné par l’allégorie politique terrifiante ou qu’on soit tout simplement dégoûté par la barbarie de l’ensemble (ou bien les deux), n’empêche que les images inoubliables du légendaire SALO de Pasolini, inspiré de l’œuvre de Sade, n’ont toujours pas fini de tourmenter mon esprit. Un gâteau aux lames de rasoir. Un buffet de matières fécales. Des bourreaux fascistes monstrueux qui font passer Jigsaw pour un simple clown farceur. Rien qu’y repenser me donne envie de me tenir loin de ce film, malgré toute l’expertise cinématographique en évidence. Bref, de la vraie torture porn artistique, pour tout ce que cela implique. — Benjamin Pelletier

23) L’Étrange couleur des larmes de ton corps – 2013 – 102 min – Belgique, France, Luxembourg – Hélène Cattet et Bruno ForzaniL'Étrange couleur des larmes de ton corpsSorte de mutation intellectuelle provenant de la production large du giallo, ce film expérience s’endure plutôt que s’écoute. Exercice répétitif lorgnant du côté du cinéma structurel, constructions labyrinthiques et concentriques, comme autant d’appartements en piège d’ours qui tentent d’isoler le protagoniste du film. Le duo Cattet et Frozani fait des merveilles, rend sur pellicule le résultat de la dissection de l’inconscient humain, et place de front les fantasmes les plus barbares de notre nature. Éclectique, électrique, singulier, ce film laissera une cicatrice dans votre esprit qui ne guérira jamais. À écouter à la limite de l’endurable. — Paul Landriau

23) The Haunting – 1963 – 112 min – Royaume-Uni, États-Unis – Robert WiseThe HauntingL’ultime film de maison hantée. Alors qu’on pense davantage à WEST SIDE STORY ou THE SOUND OF MUSIC lorsqu’apparaît le nom Robert Wise, c’est plutôt ses prouesses de genre (films noirs comme THE SET-UP et ODDS AGAINST TOMORROW ou épouvante pour la RKO) qui me rejoignent le plus. Film le plus effrayant de tous les temps selon Martin Scorsese, THE HAUNTING et sa mise en scène provoquent notre frayeur par ce qu’il ne montre pas. Tout comme les personnages, qui font partie d’une expérience psychologique sur la peur, le spectateur commence à ressentir les effets malfaisants du manoir Hill bien avant que Wise les rendent explicites. Peut-être l’ultime chef-d’œuvre du film d’horreur américain avant qu’il bascule vers la modernité. — Benjamin Pelletier

22) El Orfanato – 2007 – 105 min – Espagne – J. A. BayonaEl OrfanatoUne bonne vieille histoire de fantôme captivera toujours l’audience. EL ORFANATO de Juan Antonio Bayona ne réinvente pas la roue, mais se démarque par son classicisme intemporel, son atmosphère chiaroscuro (clair-obscur) angoissante, son efficacité narrative toute en simplicité et sa mise en scène rigoureuse. De plus, le rejet de l’utilisation des technologies numériques (malédiction qui pullule de façon maladive sur une bien trop grande proportion de films d’horreur contemporains) confère un certain réalisme à un film qui jongle tout de même avec des thématiques surnaturelles. Pour toutes ces raisons, EL ORFANATO est invité à résister au test du temps; à demeurer efficace ad vitam æternam. —Pascal Plante

18) Under the Skin – 2013 – 108 min – Royaume-Uni, États-Unis, SuisseUnder the SkinAutre film récent sur notre liste, comme quoi un renouveau du film « d’horreur » est en place, les récits les plus marquants étant bien sûr l’œuvre de ces artistes qui cherchent à étirer et redéfinir les genres en place. Horreur, science-fiction, clip vidéo (diront certaines mauvaises langues), au fond, ce n’est que diverses étiquettes pour tenter de cerner l’indéfinissable, sinon qu’en terme de cinéma, UNDER THE SKIN, c’est juste le zénith. Scarlett Johansson qui livre une performance inoubliable en mante religieuse qui dévore ses conquêtes après une séduction d’usage, qui on s’entend est plutôt aisée lorsqu’on possède un tel corps, un tel charisme. Ces proies masculines iront à la queue leu leu plonger dans le lac sans fond, queue érigée la première pour abandonner leur chair corporelle. Dans le procédé, la créature en apprendra un peu plus sur l’Homme et surtout, sur la Femme. — Paul Landriau

18) The Mist – 2007 – 126 min – États-Unis – Frank DarabontThe MistTroisième adaptation de Stephen King par Frank Darabont, première qui est réellement de l’horreur, THE MIST a une enveloppe de film apocalyptique avec des bestioles géantes, mais est au final une étude de personnages en huis clos. On y retrouve les archétypes des personnages de King, soit le papa qui doit protéger son enfant à tout prix, le jeune qui cherche à devenir un homme, ou la fanatique religieuse qui nous fait hurler de rage. Darabont ne s’attarde pas trop à ses monstres, mais reste en caméra quasi-reportage avec son groupe de personnages pour nous faire sentir cette panique. Le film converge vers une des plus grandes finales de film d’horreur contemporain, qui était absente originalement de la nouvelle de King, mais a été ajoutée par le réalisateur. — Rémi Fréchette

18) L’Échine du diable / El espinazo del diablo – 2001 – 106 min – Espagne, Mexique, France, Argentine – Guillermo del ToroL'Échine du diableAprès avoir été confié aux bons soins de Carmen et Cesares, directeurs d’un orphelinat de Santa Lucia, le jeune Carlos subit à la fois l’hostilité de ses camarades de dortoirs et l’accueil à peine plus chaleureux de l’homme à tout faire, Jacinto. Mais quelque chose le regarde et gronde depuis les fondations de l’établissement. Qu’est-ce qui est pire, la réalité (de la guerre civile et de l’avènement franquiste) ou le monde imaginé (la présence désincarnée de Santí)? Entre les mains de del Toro, le genre fantastique ne se contente pas de cultiver le doute : il arrive à faire muter celui-ci en angoisse, sourde d’abord et dévorante ensuite. — Charlotte Bonmati-Mullins

18) Antichrist – 2009 – 108 min – Danemark, Allemagne, France, Suède, Italie, Pologne – Lars von TrierPremière session de cégep. Il est une heure du matin et je dois me lever tôt pour prendre le bus (vie de banlieue). Je travaillais dans un club vidéo à l’époque, et j’écoutais tous les films qui prenaient l’affiche chaque semaine. Antichrist est devenu mon premier contact avec l’être tordu qu’est Lars von Trier. Dans la pénombre de ma petite chambre de petite fille qui habite encore chez ses parents, j’ai découvert l’horreur de l’Homme et de la Femme, à l’état brut. Des scènes qui ne s’oublient pas, qui percent la mémoire et qui donnent la chair de poule jusqu’au bas du dos. — Delphine Larose

17) La piel que habito / La Peau que j’habite – 2011 – 120 min – Espagne – Pedro AlmodóvarLa piel que habitoQu’est-ce que ça donne quand un des plus grands réalisateurs vivants, habituellement connu pour ses comédies loufoques et ses drames poignants, les deux habités par des femmes fortes, s’attaque à l’horreur? L’un des films les plus terrifiants de la dernière décennie. Le cinéaste adulé conçoit ce récit comme tous ces autres, avec une direction artistique au poil et une construction narrative efficace, sauf que cette fois-ci l’idylle tourne au cauchemar. L’Homme devra affronter la créature qu’il craint le plus, la Femme, et accepter la créature qu’il déteste le plus, soi-même. Un classique moderne. — Paul Landriau

16) Misery – 1990 – 107 min – États-Unis – Rob ReinerMiseryEn 1991, Kathy Bates s’est fait décerner un rare honneur, soit un Oscar pour un premier rôle dans un film d’horreur. Son personnage d’Annie Wilkes, la meilleure (ou la pire) fan de l’écrivain en vedette dans le film MISERY, deviendra iconique chez les amateurs du genre. Le film tourné en huis clos est tout simple, mais avec la construction du récit par Stephen King, les choix de mise en scène et d’adaptation de Rob Reiner et les performances de Bates et de James Caan font de cette œuvre un film qui marque dès la première écoute. Reiner ne va jamais dans le gore ou le grand spectacle, mais crée cette tension qui nous tient au bout de notre chaise. — Rémi Fréchette

15) Mulholland Dr. – 2001 – 147 min – France, États-Unis – David LynchMulholland DriveEst-ce que MULHOLLAND DR. est un rêve, une fantaisie ou la réalité? Le rêve éveillé de David Lynch est une construction déstabilisante et consciente où il explore les enchevêtrements de l’amour et de la crainte entre Betty (une jeune actrice remplie d’espoir qui débarque à Hollywood) et Rita (une amnésique qui souhaite retrouver son identité). Même après moult visionnements de cette épopée de l’artifice, je ne sais toujours pas à quoi tout ce puzzle mène. Une des scènes clés, une expérience de cinéma forte, est cette performance inoubliable au club miteux Silencio, qui continue même après la mort de la chanteuse sur scène. Il est impossible de déterminer si Rita et Betty vivent un rêve, un fantasme ou la réalité et cette indétermination est peut-être la chose la plus terrifiante qui soit. — Mario Melidona

14) The Babadook – 2014 – 93 min – Australie, Canada – Jennifer KentThe BabadookTrop de films d’horreur s’écoutent à la blague, le spectateur complice du cinéaste, partageant avec celui-ci les mêmes référents. Les personnages de ces films, donnés en pâture, ne sont que des archétypes; les créatures fantastiques et monstres iconiques proviennent d’un langage compris et parlé de tous. Le véritable malaise provient plutôt de l’horreur qui nous est inconfortable car trop proche de nous, comme pour ce récit extrêmement calculé et réglé au quart de tour d’une veuve qui élève tant bien que mal (mais surtout mal) un enfant en manque de repères. L’inquiétante étrangeté, c’est lorsque sa propre mère n’est plus la figure protectrice maternelle qu’elle se doit d’incarner, mais le monstre que l’on redoute. — Paul Landriau

13) Santa sangre – 1989 – 123 min – Mexique, Italie – Alejandro JodorowskySanta SangreLa Vision (« v » majuscule) de Jodorowski trouve son parfait équilibre dans le cinéma de genre. Mais bon. SANTA SANGRE est davantage un film de Jodorowski qu’un film d’horreur, si vous voyez ce que je veux dire. Psychédélique, provocant, symbolique, absurde, vulgaire, onirique, extravagant… SANTA SANGRE est tout ça. Habilement partagé entre des flashbacks d’une enfance trouble et des moments au temps présent dans un hôpital psychiatrique, le filon dramatique du film est plus discipliné que les autres œuvres de Jodo. En même temps… je dis ça, et j’ai de la difficulté à me souvenir de l’histoire! On s’en fiche. Le film contient plus de moments mémorables qu’une douzaine d’autres. Ne serait-ce que pour ça, cette œuvre mésestimée vaut le détour. — Pascal Plante

12) Repulsion – 1965 – 105 min – Royaume-Uni – Roman PolanskiRepulsionLe mépris entretenu par certains face au cinéma de genre est d’autant plus incompréhensible lorsqu’on observe les entrées de grands cinéastes dans le domaine. Polanski est l’un d’eux et si ROSEMARY’S BABY est plus près de la définition moderne du cinéma d’horreur, REPULSION s’ancre bien dans les codes du genre. Traitant ici l’angoisse et les traumatismes sexuels de front, sans nécessairement en présenter les causes, Polanski présente comme réalité l’univers intérieur de son personnage pour un résultat prenant. Il faut admirer, au centre, la performance de Catherine Deneuve, l’une des plus mémorables de sa longue carrière, pour laquelle l’actrice aurait apparemment beaucoup souffert. Tout comme son réalisateur, le tournage de REPULSION est entouré d’une certaine controverse. Dans tous les cas, le film, lui, restera dans l’histoire. — Olivier Bouchard

11) El laberinto del fauno / Le Labyrinthe de Pan – 2006 – 118 min – Espagne, Mexique – Guillermo Del ToroLabyrinthe de PanLe prologue en forme de conte du LABYRINTHE DE PAN rappelle à l’enfant en nous le pouvoir de l’imagination. Cette imagination est tout à fait terrifiante dans ce conte de fées pour adultes de Guillermo Del Toro qui s’intéresse à la réalité drue de la violence et de la mort. Pour se convaincre de la force de ce chef-d’œuvre, on pense aux horreurs de la guerre civile espagnole de 1944 telle que vécue par Ofelia, à son traître de beau-père le capitaine Vidal et à la perte des figures paternelles qu’elle a connues. Ce qui captive n’est pas uniquement l’histoire tragique (et ultimement édifiante) d’Ofelia, mais bien les confrontations qui l’oppose aux créatures cauchemardesques que sont le faune et l’homme pâle dans cet imaginarium fabuleux. — Mario Melidona

10) Eraserhead – 1977 – 89 min – États-Unis – David LynchEraserheadPremier chef-d’œuvre de David Lynch, autant (sinon plus) inclassable que ses autres productions, ERASERHEAD a tout du film d’horreur, malgré son ton inhabituel jamais égalé. Aucun autre film n’a aussi bien émulé un cauchemar, tant à travers sa trame narrative décousue, sa photographie en noir et blanc aux inspirations expressionnistes ou son ambiance sonore qui nous plonge dans une profonde noirceur. Lynch entre dans la psyché de ses personnages, mais aussi dans celle de son public, en présentant des scènes qui nous dégoutent, nous font grincer des dents, ou nous font rire de malaise face à l’univers représenté qui est en marge de tout. Le film agit comme une transe malsaine, un voyage vers un subconscient dérangé. — Rémi Fréchette

9) It Follows – 2014 – 100 min – États-Unis – David Robert MitchellIt FollowsJay Height barbote, en rêvassant dans une piscine hors terre où elle n’est jamais hors vue : elle s’ennuie. Alors pour tuer le temps, elle le dilue entre sa sœur, ses amis et Paul, qui aimerait bien être plus que ça. Sauf qu’avant même d’être dans la course, le transi se fait doubler par Hugh. Et sur la banquette arrière, le rêve de Jay vire au cauchemar, puisqu’il ne sera plus question de tuer du temps mais d’en gagner; peu importe avec qui. Voilà une œuvre (d)étonnante, à travers laquelle Michell (dé)compose les codes propres au genre : on en a encore mal aux nerfs (optiques)! — Charlotte Bonmati-Mullins

7) Peeping Tom – 1960 – 101 min – Royaume-Uni – Michael PowellPeeping TomQuelques mois avant qu’un petit film nommé PSYCHO eût fait un tabac partout dans le monde, un autre slasher, plus subversif encore, engendra la fureur des critiques et du public en Angleterre. Michael Powell était allé trop loin. PEEPING TOM lui coûta sa (fin de) carrière. On lui reprochait d’inviter le spectateur à sympathiser avec un tueur en série. De se mettre dans sa peau. Moi je dis : « Pourquoi pas? » Voici une prise de risque noble pour forcer la réflexion; pour pousser la conversation. Encore aujourd’hui, en raison de l’ambigüité de la prise de position de l’auteur, l’inconfort vécu par le spectateur est viscéral, insupportable. Comment ne pas être ébranlé par ces plans à la première personne, en caméra subjective… si vous avez vu le film, vous savez de quoi je parle. — Pascal Plante

7) Låt den rätte komma in / Let the Right One In – 2008 – 115 min – Suède – Tomas AlfredsonLet the Right One In« I’m twelve. But I’ve been twelve for a long time. » Des mots terrifiants qui vous glacent le sang. Ces mots prononcés par la vampire immortelle Eli envers le solitaire, mais intéressé Oskar. Le film visuellement remarquable de Tomas Alfredson, LET THE RIGHT ONE IN, est une version révolutionnaire du lien entre vampire et humain qui cette fois pose l’Homme en tant que menace. Le gardien d’Eli, Håkan, tranche la gorge d’un innocent sur l’étendue vaste et blanche de neige à Stockholm, sacrifiant son humanité au service de sa dévotion romantique envers la mystérieuse vampire. En particulier, la révélation terrifiante du corps asexué d’Eli fait écho à une terreur sans nom d’une précédente vie. L’Homme est le pire des monstres. — Mario Melidona

6) The Thing – 1982 – 109 min – États-Unis – John Carpenterthe thingLe cinéma de Carpenter, artiste de son temps, est destiné à devenir vieillot. Dans ses meilleurs moments — et c’est bien le cas de THE THING, peut-être son plus grand film —, on dira avec une certaine mélancolie de Carpenter qu’il fait partie d’une époque révolue, « il ne s’en fait plus des comme ça ». Effectivement, des films comme THE THING, surtout dans le cinéma de genre, c’est de plus en plus rare. Intelligent sans être intellectuel, malin sans prendre son audience pour une troupe d’imbéciles, Carpenter a réalisé une grande œuvre sur la paranoïa qui nous prend jusqu’à nous faire douter de nous-mêmes. Il faut voir ce moment d’anthologie où les personnages se testent et sont soulagés d’apprendre qu’ils ne sont pas, eux-mêmes, la chose. Pour autant que la peur de l’autre nous agite, c’est la peur de l’inconstance de notre propre identité qui terrifie profondément, et c’est là que le film réussit magnifiquement. — Olivier Bouchard

5) Funny Games – 1997 / 2007 – 108 min / 111 min – Autriche / États-Unis, France, Royaume-Uni, Autriche, Allemagne, Italie – Michael HanekeFunny GamesS’il y a quelque chose que j’aime plus que tout dans le cinéma de Michael Haneke, c’est la manière qu’il a de prendre le spectateur et de l’amener dans les recoins les plus sournois de l’être humain. C’est comme s’il t’attachait et te forçait à regarder les plus sordides horreurs; et le pire, c’est que tu en redemandes tellement c’est bien réalisé. Dans FUNNY GAMES, on devient spectateur d’un massacre cruel et on ne comprend pas trop ce qui se passe. Mais avare de savoir le reste de l’histoire, on continue de regarder comme de vrais voyeurs. — Delphine Larose

4) Videodrome – 1983 – 87 min – Canada – David CronenbergVideodromeVision de dystopie techno sexuelle complètement cinglée déguisée en film d’épouvante de série B, le film le plus emblématique de la filmographie de Cronenberg en est sans doute aussi l’un des plus cauchemardesques. VIDEODROME est aussi difficile à catégoriser aujourd’hui qu’il l’était à sa sortie en 1983, quoique son échec initial, justement dû à l’incapacité des studios à proprement cerner sa commercialisation, s’est aujourd’hui transformé en popularité culte incontestable. Un vrai mind fuck cinématographique comme on en a rarement vu au Canada, on le désigne en tant que « Canadian neo-noir postmodernist science fiction body horror/psychological horror film » sur la page anglaise de Wikipédia. Je veux dire, sérieusement. — Benjamin Pelletier

3) Freaks – 1932 – 63 min – États-Unis – Tod BrowningFreaksQuelque huit décennies plus tard, le débat fait rage et le malaise est toujours présent. Est-ce que cette production modeste de Tod Browning, qui a rapidement obtenu un statut culte, exploite les estropiés et autres handicapés qui composent le cœur du film, ou est-ce que Browning les place à l’avant-plan et leur permet enfin de prendre le rôle qui leur échappera toujours? Ces personnages font partie d’un cirque, et les acteurs ont pris part à ce cirque médiatique, cette farce qu’est le cinéma, mais quand a-t-on vu un homme-tronc allumer une cigarette? Curiosité macabre, ils auront tout de même le dessus sur les personnages « normaux », bien formés, et il faudra attendre un certain Jodorowsky avant que les estropiés ne reçoivent autant d’attention. Complexe, contradictoire et dérangeant, bref le film idéal pour l’Halloween et pour que la réflexion se poursuive au-delà de la soirée cinéma entre potes. — Paul Landriau

2) Rosemary’s Baby – 1968 – 136 min – États-Unis – Roman PolanskiRosemary's BabyIl n’y a pas de bête sacrée à Hollywood. Suite, remake, on ne s’en sort pas. Fort heureusement, et pour une raison inexplicable, ALICE’S BABY, JANE’S BABY, (NOM DE FEMME)’S BABY ont été avortés. Le premier film américain de Roman Polanski est inattaquable : comment surpasser la Rosemary de Mia, frêle, chétive, pleine de vérité? Comment être plus juste que ce mari acteur en quête de gloire interprété (de façon autoréflexive) par un jeune Cassavetes? Et puis… Ruth Gordon, parfaite. ROSEMARY’S BABY est un film d’acteur; un thriller psychologique macabre qui hante les esprits; un drame de mœurs psychosexuel d’une richesse thématique inouïe. L’apogée de la carrière de Polanski, peu importe la langue, peu importe le pays. — Pascal Plante

1) The Shining – 1980 – 146 min – États-Unis, Royaume-Uni – Stanley KubrickThe ShiningAvant de troquer sa machine à écrire pour une hache, Jack Terrance était convaincu qu’il trouverait l’inspiration dans les dédales désertés de l’hôtel Overlook. Sa femme Wendy aussi. Jusqu’à ce qu’elle découvre des pages et des pages noircies par la psychose meurtrière de son cher et tendre. Le « petit doigt » de leur fils Danny avait pourtant cherché à les prévenir du flot de sang à venir, et au passé… Il aura fallu un an (plutôt que quatre mois) pour que l’équipe vienne à bout du tournage; Kubrick poussant le perfectionnisme à l’obsession, en accumulant jusqu’à cinquante prises par plan : Shirley Duvall ne sera malheureusement pas sortie indemne de cette expérience… Nous non plus, sauf qu’on en redemande! — Charlotte Bonmati-Mullins

Retrouvez ici nos listes individuelles.

Et vous, quels sont vos films d’horreur préférés?

2 réflexions sur “Top 25 films d’horreur*

  1. Dominic dit :

    Martyrs… je n’ai pas pu le regarder une seconde fois. Fait anodin, Xavier Dolan y joue un petit rôle.

  2. […] notre Top commun, retrouvez ici nos listes individuelles, qui donnent un portrait plus précis de l’amateur […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

sondage

%d blogueurs aiment cette page :