La fois où je me suis fait avoir par Nicholas Sparks

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30 juillet 2015 par Delphine Larose

The Longest Ride

C’est reconnu, le marché des films romantiques à l’eau de rose est parsemé depuis quelques années par les histoires de Nicholas Sparks, célèbre romancier grandement apprécié par la gent féminine. Les chiffres au box-office explosent quand un de ses récits est adapté au grand écran; chaque fille de ce monde vous dira à quel point elle a versé toutes les larmes de son corps pendant THE NOTEBOOK, A WALK TO REMEMBER ou bien DEAR JOHN. Je ne faisais pas partie de ces filles… Jusqu’au jour où je me suis fait avoir par THE LONGEST RIDE.

Là je vous vois déjà me dire (surtout Rémi Fréchette) : « Ouais, mais Delphine, pourquoi t’as décidé d’écouter un film cucul de même alors que tu sais pertinemment que tu vas en être blasée après 15 minutes? » La réponse est bien simple. Je n’avais pas le goût pour une fois d’écouter un film cérébral, j’avais fait le tour de tout ce qui est disponible sur les internets, et je me suis juré de ne jamais au grand jamais écouter FIFTY SHADES OF GREY. Et puis comme je sais qu’il manque de girl power sur ce blogue, j’ai décidé de m’y lancer à 110 %. Mon choix s’est donc arrêté sur ce film de George Tillman Jr., et j’ai été agréablement surprise.

THE LONGEST RIDE est le genre de récit qui commence au ralenti, puis qui se développe comme par magie avec le temps qui passe. Tout commence avec Sophia (Britt Robertson), belle universitaire un peu coincée qui étudie en histoire de l’art qui assiste un jour à un concours de rodéo avec ses amies de sa fraternité. Cette dernière tombe dans l’œil du beau cowboy Luke (Scott Eastwood, aka le fils de l’autre), qui lui remet son chapeau après avoir valsé sur un cheval comme un champion. Jusque là, je vous l’accorde, c’est le comble du cliché de l’histoire d’amour typiquement américaine où le prince charmant arrive à dos de cheval pour secourir sa douce du haut de sa fenêtre de dortoir universitaire.

L’histoire devient intéressante au moment où le couple de tourtereaux vient en aide à Ira Levinson (Alan Alda), que ces derniers trouvent dans sa voiture suite à un accident de la route. C’est alors qu’on découvre la charmante histoire de cet homme et de l’amour de sa vie Ruth (Oona Chaplin) à travers la lecture de lettres que le vieillard garde précieusement dans une énorme boite en osier. On devient alors témoin d’un récit touchant qui met en vedette Ruth, cette femme qui a de l’ambition et qui détonne totalement de l’image de la « demoiselle parfaite » des années 50. Elle rayonne, elle est curieuse, elle est aimante et surtout, elle est passionnée. Ruth s’intéresse à la Black Mountain College, école d’art qui fût en partie créée lors de la dissolution du Bauhaus en Allemagne en 1932. L’historienne d’art en moi fût agréablement surprise de voir l’exactitude avec laquelle le sujet était approché; autant par les notions de la Black Mountain College que par les artistes qui y sont abordés. Leur histoire d’amour vient donc à tourner autour de l’art et de cette passion qui contient Ruth de remplir les murs de sa maison avec des œuvres des plus grands plasticiens américains modernes et contemporains de l’époque. Le scénario amplifie encore plus cette belle relation, avec des dialogues qui ont le parfait mélange de romantisme et de sensibilité. Juste en écoutant Ira parler de sa femme, on ne peut qu’être attendri par des phrases comme celle-ci : « For me, the great joy of collecting wasn’t in the art itself, but in the person I collected it with. » Un gros 10 sur 10.

Certes, l’histoire de la belle et du cowboy évolue parallèlement et se développe sans sortir de l’ordinaire. Mais l’ombre du petit couple amoureux d’art plane sur eux jusqu’à la toute fin du récit et les fait grandir peu à peu. Évidemment, je dois avoir un parti pris pour ce genre d’histoire parce que ma vie tourne autour de l’art contemporain. Mais reste qu’il était rafraichissant de voir ce genre de personnage féminin, qui a une tête sur les épaules et qui s’intéresse à autre chose qu’aux banalités qui peuvent remplir la société. Autant chez Ruth et plus tard dans Sophia, on voit l’image d’une femme qui désire être plus que la simple bonasse de son bien-aimé. On voit plutôt une femme qui se soucie de sa carrière, une femme qui a des intérêts, une femme qui évolue au fil du temps.

THE LONGEST RIDE n’est pas un grand film, je vous l’accorde. Mais il n’en est pas un mauvais non plus. Grâce à un récit bien écrit et construit qui vient avec en prime des couleurs vives d’œuvres artistiques modernes, ce film de Tillman Jr. vous fera passer un bon moment sans avoir à se casser la tête.

Et, oui, j’ai pleuré.

5

The Longest Ride – 2015 – 139 min – États-Unis – George Tillman Jr.

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