Rémi à Fantasia

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24 juillet 2015 par Rémi Fréchette

rémi à fantasia

Photo © King-wei Chu

Mon nom est Rémi Fréchette, et je suis accro à Fantasia (c’est ici que vous répondez : « Bonjour Rémi! »). Eh oui, comme à chaque année, j’ai épluché les 3 heures 15 de bandes-annonces et j’ai surligné le programme de Fantasia comme un enfant qui décortique le catalogue de jouets durant le temps des fêtes. Et tradition oblige, je tiens un compte-rendu des films auxquels j’ai assisté durant cette édition. Bref, si vous voyez cet article durant le festival, revenez voir les mises à jour de cette page au fil des projections, suivant ainsi mon parcours à travers les miaulements d’impatience du public et les cris de joie face aux éclaboussures d’hémoglobine. Bon festival! (À moi. Mais à vous aussi.)

REMAKE, REMIX, RIP-OFF : ABOUT COPY CULTURE & TURKISH POP CINEMA / 2014 / Cem Kaya
Pour les amateurs de films classés « tellement mauvais qu’ils en sont bons », le cinéma turc des années 70-80 a une place importante. Ce sous-genre méconnu du public nord-américain plagiait le cinéma hollywoodien dans des productions locales à petit budget. Ce documentaire fait l’historique des rip-off turcs dans une forme très simple, mêlant des extraits de films, des photos d’archives et des entrevues. Heureusement, le réalisateur d’origine turque réussit à amener le spectateur au-delà du sujet du nanar, en passant par les artisans qui ont chacun touché à quelques centaines de projets, et en allant jusqu’à la répercussion de ces films dans la culture turque.

TORRENTE 5 / TORRENTE V: MISION EUROVEGAS / 2014 / Santiago Segura
Cinquième volet de la franchise apparemment très populaire en Espagne, TORRENTE, que je ne connaissais pas de mon côté. On s’y retrouve très bien quand même, alors que le personnage de Torrente (interprété par le réalisateur Santiago Segura) sort de prison (d’un crime commis dans le 4e probablement) dans un pays en grande crise économique. Il accepte alors un contrat d’un riche criminel américain interprété par Alec Baldwin (???), et se retrouve dans un grand coup où il tentera de voler le coffre fort d’un casino. Il s’entoure donc d’une équipe composée seulement d’idiots de première, pour au final raconter ce récit qui rappelle une version comique de OCEAN’S 11 (qui est même cité dans le film). C’est très mécanique comme scénario, alors qu’on voit l’équipe se construire, la vision de comment devrait se dérouler le plan et ensuite le récit qui converge à « comment ils vont foirer », mais les dialogues sont très crus et punchés, et le rythme du film est assez rapide pour nous garder bien investis dans l’histoire.

ASSASSINATION CLASSROOM / ANSATSU KYOSHITSU THE MOVIE / 2015 / Eiichirô Hasumi
Que serait Fantasia sans un « WTF Japan »? Basé sur un manga du même nom, le film met en scène un extraterrestre au visage smiley face qui menace de détruire le monde, mais qui juste avant décide d’aller enseigner à une classe d’adolescent, laissant la chance à ceux-ci de le tuer avant la fin de semestre, jour J de son plan de destruction. On s’en doute, la prémisse complètement déjantée n’aura jamais de réel fondement, sauf celui de mettre à l’écran des scènes mêlant la comédie et l’action dans cette histoire où les surprises se multiplient. Très efficace dans son genre, un must à voir dans un festival comme Fantasia.

Assassination Classroom

COOTIES / 2014 / Jonathan Milott et Cary Murnion
Elijah Wood interprète un professeur qui, à sa première journée de cours dans une école, voit tous les enfants se transformer en zombies suite à infection causée par des croquettes de poulet contaminées. Le film nous donne exactement ce qu’il promet avec une prémisse d’enfants-zombies, à travers ses moments gores entrecoupés de répliques croustillantes livrées par un casting all-star (dont l’excellent Rainn Wilson de THE OFFICE). Le petit groupe de survivants dont chacun possède une personnalité forte, prends des clichés du genre en les poussant à l’extrême. On ne peut pas s’empêcher de penser à SHAUN OF THE DEAD, qui a amené cette mode de comédie-zombie qui inspire les réalisateurs depuis une dizaine d’années, mais malgré son troisième acte qui s’étire un peu, COOTIES est un des films provenant de ce genre qui fonctionne le mieux autant au niveau de la comédie, qu’au niveau des moments horrifiques.

RAIDERS! : THE STORY OF THE GREATEST FAN FILM EVER MADE / 2015 / Jeremy Coon et Tim Skousen
En 1982, quelques amis décident de faire une adaptation plan par plan de RAIDERS OF THE LOST ARK. Le projet se termine 7 ans plus tard, alors qu’il ne manque qu’une seule scène à reproduire pour compléter le film. En 2014, après un suivi culte de leur production à travers des festivals de genre, ils se retrouvent pour tourner enfin cette dernière scène et compléter leur remake d’INDIANA JONES. Une histoire fascinante pour tout amateur de films, mais aussi un très touchant portrait d’une amitié d’enfance qui a traversé les années, avec ses hauts et ses bas. On ressort du film inspiré par cette passion qui anime les protagonistes.

NOWHERE GIRL / TOKYO MUKOKUSEKI SHOJO / 2015 / Mamoru Oshii
Une jeune fille troublée par un incident survenu dans le passé tente de survivre à travers son semestre dans un programme d’art, martelée par les moqueries de ses camarades de classe et les avances de son professeur. D’un ennui profond, toujours dans le gros mélodrame accompagné de musique de piano classique en boucle, le film est simplement sans intérêt. Spoiler : le contenu fade du film converge vers une scène finale métaphorique où la jeune fille se voit comme un commando, où elle assassine des militaires russes dans son école. Une bonne scène d’action, qui arrive malheureusement beaucoup trop tard, alors que le public est depuis longtemps dans un sommeil profond…

SINGHAM RETURNS / 2014 / Rohit Shetty
Singham est le meilleur policier de l’Inde, et dans cette affaire il va tenter de défaire un complot politique, où un parti « méchant » tente de prendre le pouvoir en usant du blanchissement d’argent, et bien sûr, de quelques meurtres. Y’a pas plus Bollywood que Singham; une star qui ne semble jamais s’essouffler malgré ses prouesses, des scènes d’actions agrémentées de beaucoup d’effets spéciaux pour rendre ça presque surnaturel, une romance brossée à gros traits où la femme est complètement soumise à l’homme, et sans oublier deux numéros musicaux kitsch à souhait. Singham est tout de même très drôle et assez badass, mais le film s’étire beaucoup trop (durant presque 2 h 30).

FULL STRIKE / CHUEN LIK KAU SAAT / 2015 / Chi-kin Kwok et Henri Wong
Dix ans auparavant, NG était une grande championne de badminton, mais sa vie a pris un triste tournant après avoir mis de l’avant son tempérament explosif durant une partie. Elle tente donc de revenir dans son sport fétiche, accompagné d’une bande d’ex-brigands qui veulent de leur côté repartir leur vie à zéro. La structure narrative est conventionnelle pour un film de sport; les « loosers » qui tentent de gagner la coupe contre l’école de badminton high class, les montages d’entrainements et les premiers affrontements qui finissent en humiliation… Quand même, en utilisant la fougue qu’on connaît du cinéma d’arts martiaux de Hong Kong, le film garde un rythme efficace au montage et dans l’enchainement des gags, donnant ainsi cet excellent divertissement.

Full Strike

BUNNY THE KILLER THING / 2015 / Joonas Makkonen
Un Américain se fait capturer en Finlande par un scientifique fou, et se fait injecter un sérum qui le transforme en lapin géant portant un énorme pénis entre les jambes, qu’il utilise pour violer à mort ses victimes. C’est un slasher hyper conventionnel dans un chalet au milieu de la forêt, avec un groupe de personnages (sans protagoniste central), qui se construit à travers les meurtres sanglants et les moments cocasses. Mais au final, on est là pour le lapin, comme on regarde un FRIDAY THE 13th pour Jason, et ça, ça marche. Il y a aussi tout au long un étrange choix de tourner le film en finlandais et en anglais, probablement dans l’idée d’être plus international. Bref, un film à voir avec des amis et des consommations alcoolisées, parce que regarder ça seul… c’est awkward.

MONTY PYTHON: THE MEANING OF LIVE / 2014 /  Roger Graef et James Rogan
En 2014, le groupe d’humour british Monty Python a fait un come-back sur scène après quelques décennies d’inactivité pour dix soirs seulement. Ce documentaire suit le développement du spectacle à travers des entrevues avec les Pythons, des répétitions, et beaucoup de confessions qui comparent leurs spectacles de jadis avec cette nouvelle performance. Maintenant presque 30 ans plus vieux, ils discutent de leur carrière depuis la division du groupe, et du sentiment de devoir « remettre ses vieux souliers » avec les numéros qui les ont rendus populaires. Un film pour les vrais fans de la troupe, alors qu’on y voit beaucoup de clins d’œil aux films, aux sketchs et aux chansons qui ont marqué le public. Une bonne dose de nostalgie, qui nous amène à sourire et même parvient à nous tirer une larme.

HE NEVER DIED / 2015 /  Jason Krawczyk
Jack vit seul, sans emploi, sans hobby. Il se tient loin de la population pour la protéger de lui-même, plus précisément de son désir et son obligation à dévorer de la chair humaine pour survivre. Le kidnapping de sa fille, qu’il connaît à peine, l’amène à se confronter à une mafia qu’il infiltrera sans peur, vu son immortalité. Henry Rollins est magnifique dans son interprétation, jouant tout au premier degré, dans un calme et une froideur qui deviennent hilarants, lorsque confrontés aux autres personnages. Un protagoniste principal invincible ça pourrait devenir vite ennuyant, mais avec les répliques croustillantes et l’interprétation donnée par Rollins, le film est devenu une de mes plus grandes surprises du festival.

SOME KIND OF HATE / 2015 / Adam Egypt Mortimer
Un jeune homme persécuté se venge sur ses agresseurs à son école, et se retrouve dans un camp de réforme pour adolescents à problèmes. Graduellement, le fantôme d’une jeune fille qui était aussi méprisée et qui s’est suicidée commence à apparaître, exécutant un à un les bullies du camp. Les personnages ont très peu de profondeurs, nous laissant voir facilement les ficelles narratives et les moments qui se veulent trop dramatiques, et la trame paranormale arrive très lentement. Le réalisateur essaie de donner un portrait réaliste de son personnage, mais le tout devient un peu ridicule avec les apparitions du fantôme et ses meurtres, avec quelques personnages trop colorés pour le film (comme le shérif ultra-cliché), et quelques moments artistiques qui ne collent aucunement avec l’esthétique plus réaliste du reste du film (dont une scène où le fantôme marche au ralenti sur de la musique classique… WTF?).

LOVE & PEACE / 2015 / Sion Sono
Un looser qui habite seul dans un petit appartement, avec un travail de bureau ennuyant, rêve à une vie glamour de rock star. Il achète une tortue, à qui il confie ses rêves et ses désirs. Mais ses collègues le voient avec son animal, et dans un moment de panique, il se débarrasse de la tortue dans une toilette. Celle-ci arrive chez un vieil ivrogne dans les égouts, qui lui donne la capacité de réaliser les rêves de son propriétaire. Grâce à elle, le protagoniste se retrouve en grande montée dans sa carrière musicale. (Très difficile à résumer en quelques mots…!) Sion Sono réalise un nombre record de films dans une année (six en 2015!), mais son style transparait dans toutes ses productions, donnant à tous coups une réalisation dynamique, des scénarios originaux remplis de surprises. Ici dans un style (presque) convenable pour toute la famille, il réussit autant à créer une œuvre captivante que lorsqu’il travaille avec des scénarios sanguinolents et des sujets plus « adultes ». Et bonus : la chanson principale du film (aussi intitulée LOVE & PEACE) vous collera en tête pour les jours qui suivront votre visionnement!

love&peace

LA LUNULE / THE PYX / 1973 / Harvey Hart
Deux détectives (l’étrange duo Christopher Plummer et Daniel Pillon) tentent de résoudre le meurtre d’une jeune prostituée (l’icône d’horreur Karen Black) dans un Montréal années 70. Très intéressant de voir cette enquête dans la ville de jadis, donnant presque des allures d’un vieux Abel Ferrara dans son New York sombre et crade. Le film a vieilli dans son rythme (mais aussi dans son doublage francophone inégal dans lequel il était présenté à Fantasia), mais l’ambiance lugubre, accompagnée de chants religieux ou de la voix enivrante de Karen Black, donne une couleur singulière au film. Même si ce n’est pas un très grand film, c’est toujours une belle surprise de voir ces morceaux perdus de notre cinéma de genre dans leur forme optimale à Fantasia.

RYUZO AND THE SEVEN HENCHMEN / RYUZO TO 7 NIN NO KOBUN TACHI / 2015 / Takeshi Kitano
L’époque des yakuzas est révolue, ceux-ci étant tous à la retraite. Mais Ryuzo en a marre et décide de quitter la demeure de son fils pour revenir en service avec ses anciens partenaires, qui sont tous rendus très vieux et rouillés. S’en suit de la comédie de situation sur une idée bien originale, mais qui manque de punch et de subtilité dans l’exécution. Les personnages sont drôles pour quelques minutes, et certaines séquences fonctionnent, mais la réalisation et le montage (sous le contrôle absolu du grand Takeshi Kitano) ressemblent beaucoup trop à l’image des personnages; fatiguées et dépassées. Quelques blagues de pets qui nous rendent mal à l’aise, une poursuite ennuyante sans rythme, de longues scènes qui auraient pu être facilement coupées; le film semble être réalisé sur un pilote automatique.

HAEMOO / SEA FOG / 2014 / Sung-bo Shim
Le capitaine Kang, qui est au bord de la faillite, donc à deux doigts de perdre son bateau, accepte un contrat pour déplacer illégalement des immigrants. Mais à cause de l’état de son embarcation, un grand drame se produit, donnant à l’équipage l’obligation d’utiliser des moyens extrêmes pour se sortir du trouble. Mais les marins ne seront pas tous d’accord avec les choix du capitaine, qui sombre doucement dans la folie. Un magnifique film tourné dans une ambiance marine lugubre, prouvant encore que la création d’atmosphères est une des forces du cinéma coréen. Avec un scénario qui enchaine les tournures dramatiques inattendues, mais qui les ponctue d’un peu d’humour pour nous aider à nous attacher aux personnages, le film est à une scène près (la dernière) d’être un grand film. Quand même, une des plus belles découvertes de cette édition.

DJ XL5’s Hurly Burly Burlesque Zappin’ Party (programme de courts, présenté par Marc Lamothe)
Comme chaque année, le programmateur Marc Lamothe (connu sous le nom de DJ XL5) nous présente sa compilation kitsch/comique/fantastique/gore/horrifique de courts-métrages, de clips YouTube et d’extraits de vidéoclips des années 60, 70, 80. Cette soirée porte le nom de « zapping party », pour la forme fluide que prend la programmation, alors qu’une transition apparaît entre chaque film, comme si notre DJ avait zappé pour nous. Mes highlights de cette année (autre que les classiques SIMON’S CAT, qui ont amené cette tradition de miauler avant les films à Fantasia) : TARIM LE BRAVE CONTRE LES MILLE ET UN EFFETS, une production française ambitieuse qui parodie les vieux films d’aventure de Sinbad avec les effets de Ray Harryhausen, en mettant en abyme le personnage principal qui se questionne sur son rôle de héros dans cette aventure. Deuxième coup de cœur : FOOL’S DAY, une comédie d’horreur hilarante et très bien rythmée qui raconte comment une classe du primaire tente de cacher le corps de leur enseignante qu’ils ont tuée lors d’un poisson d’avril qui a mal tourné.

AVA’S POSSESSIONS / 2015 / Jordan Galland
Ava vient de se faire exorciser un démon de son corps, et tente de remettre sa vie sur pied après avoir détruit beaucoup de relations amoureuses, amicales et familiales à travers cette possession. Maintenant qu’elle a (presque) toute sa tête, elle tente de remplir ces trous de mémoire qu’elle a eus lorsque le démon était en plein contrôle de sa personne. L’idée est originale et excellente, alors que la possession est l’introduction du film, et l’histoire elle-même est ce choc post-exorcisme. Malgré tout, le film fait sourire mais sans plus, et aucun moment ne semble faire lever l’histoire, gardant le concept sur une ligne plutôt banale malgré tout le potentiel de l’idée. Reste que la direction photo colorée, les interprétations entre le comique et le réaliste et quelques bonnes scènes permettent au film de rester un bon divertissement.

THE GOLDEN CANE WARRIOR / PENDEKAR TONGKAT EMAS / 2014 / Ifa Isfansyah
Dans une Indonésie de jadis, une guru enseigne à quatre apprentis son art du combat. Sa plus grande possession est sa puissante cane dorée, qu’elle offrira à un héritier en plus de lui apprendre le ultimate move. Alors qu’elle a fait un choix sur l’étudiante qui méritera cet honneur, deux autres décident d’assassiner la guru et de voler la canne pour devenir les maîtres. Mais la réelle héritière fera tout pour ramener l’ordre. Malgré les scènes de combats spectaculaires (surtout la toute dernière du film qui vaut franchement la peine) et la magnifique photographie, le film contient la majorité de ce qui est cliché et ennuyant dans plusieurs de ces films d’arts martiaux. D’abord beaucoup de dialogues vides et d’over-acting qui rendent le film risible par moments dans les scènes les plus dramatiques (ça riait souvent dans la salle, alors que le film se prenait très au sérieux). Les scènes de combat sont aussi trop découpées, faisant parfois décrocher des véritables prouesses qui sont accomplies dans les scènes.

The Golden Cane Warrior

SHINJUKU SWAN / SHINJUKU SUWAN / 2015 / Sion Sono
Un jeune homme sans emploi se fait embaucher par une firme d’escorte pour recruter de nouvelles candidates dans la rue. Alors qu’il se donne comme but d’aider les jeunes femmes à se trouver un emploi et à être heureuses, il embarque rapidement dans un tourbillon infernal avec le crime organisé. Le deuxième film de Sion Sono présenté au festival, qui est malheureusement une petite déception face aux attentes qu’on a envers le réalisateur. Malgré tout, cette adaptation d’un manga, qui est probablement un film de commande pour Sono, reste assez drôle et assez efficace dans sa forme pour divertir jusqu’au bout. Rien de très original au niveau de la réalisation ou dans sa trame narrative, mais pas de faux pas majeur qui nous fait décrocher du film. Un film efficace, sans plus.

TURBO KID / 2015 /  François Simard, Anouk Whissell et Yoann-Karl Whissell
Dans un futur post-apocalyptique, un jeune homme qui se balade en BMX tente de survivre au monde dangereux, et spécialement à l’ignoble Zeus (Michael Ironside), le dictateur qui a pris le contrôle de l’eau. Il s’attache à une jeune femme mystérieusement beaucoup trop positive envers la vie (interprétée par Laurence Leboeuf) qu’il rencontre par hasard, et croise les pas d’un cowboy solitaire champion de bras de fer. TURBO KID est jouissif, venant des esprits éclatés des Roadkill Superstar qui sont devenus hyper reconnus dans les festivals Spasm et Fantasia depuis leur court-métrage LE BAGMAN en 2004. Avec sa trame sonore électro du Matos complètement 80s et les clins d’œil en hommage à la pop culture, le film a été littéralement fait (aux dires des réalisateurs) pour le public de Fantasia. C’est un coup de maitre pour le genre au Québec.

Effarouchés (programme de courts présenté par Isabelle Gauvreau)
Première projection du Fantastique week-end du cinéma québécois que j’ai vue. Voici mon top 3 de la projection : 1- LE PÉDOPHILE d’Ara Ball. La préparation d’un pédophile qui s’en va attoucher une jeune fille, en parallèle avec cette fillette maintenant femme qui se prépare à prendre sa revanche plusieurs années plus tard. Magnifique réalisation, hyper trash et surprenant. 2- AU NOM DES PÈRES, de Jean-Vital Joliat, Alexandre Rufin, Gabriel Maltais et Clara Girault. Un faux documentaire (qui prend son temps à dévoiler la supercherie) à propos d’Africains qui tentent de repeupler l’Abitibi pour créer un Nouvel-Afrique au Québec. 3- (malgré le conflit d’intérêt évident à Point de vues™) DRUM DE MARDE! de Pascal Plante. Une scène d’altercation hilarante entre les membres d’un groupe de musique qui pratiquent pour leur spectacle qui se déroule le soir même.

Mosaïque (programme de courts présenté par Isabelle Gauvreau)
La deuxième projection du Fantastique week-end du cinéma québécois à laquelle j’ai assisté. Voici encore mon top 3 : 1- TU RESSEMBLES À MOI de Pierre Hébert. Un film d’animation expérimental qui déconstruit un visage, sur un texte d’une grande poésie écrit par Jim Corcoran et mis en musique par René Lussier. 2- ABÏGAELLE de Jean Malek. Un jeune homme obèse et effacé à son école fantasme discrètement sur une des filles de sa classe. Un drame qui mêle des ambiances réussies, et qui enlève la voix physique au personnage, mais pas celle de ses émotions. 3- TENTACULE 8, LE RETOUR DE LA CHOSE de Ian Lagarde et Gabrielle Tougas-Fréchette. Un plan-séquence qui dévoile quatre vignettes sur un plateau de tournage, à quatre moments différents dans le tournage. La forme est surprenante; le film aussi.

THE EDITOR / 2014 / Adam Brooks et Matthew Kennedy
Le monteur d’un film italien se retrouve au milieu d’une série de meurtres sur le plateau de tournage. Il se retrouve au centre des accusations de ces actes, en plus d’être confronté à sa femme qui est une actrice déchue dépressive, et aux avances de sa jolie apprentie monteuse. Le film prend tous les codes du giallo et les déconstruit pour prendre la forme d’une mise en abime du cinéma italien des années 70. Le pastiche est hyper réussi, utilisant des éclairages colorés, un acting un peu théâtral, des meurtres sanglants et une musique angoissante de synthétiseur, rappelant évidemment les films de Dario Argento. Un des meilleurs slashers depuis longtemps.

THEY LOOK LIKE PEOPLE / 2015 / Perry Blackshear
Un homme trouve refuge chez un ami en plein délire alors qu’il pense qu’une apocalypse se prépare et que plusieurs personnes sont en fait des créatures qui prennent la forme d’humains. Une production à petit budget, mais avec un scénario qui prend un point de vue différent sur la folie d’un personnage, le gardant dans un contexte plus terre à terre. Par contre, à plusieurs moments on entre dans la tête du personnage principal, nous faisant sortir du réalisme établi, alors que quelques petits effets horrifiques bien placés et des ambiances sonores inquiétantes nous font questionner si c’est juste la folie du personnage principal ou si c’est bien réel.

They Look Like People

MONTRÉAL BLUES / 1972 / Pascal Gélinas
Un film québécois perdu qui a été récemment retrouvé, MONTREAL BLUES est le fruit de la troupe multidisciplinaire Le grand cirque ordinaire qui comptait entre autres Gilbert Sicotte, Raymond Cloutier et Paule Baillargeon. Tous les comédiens gardent leurs noms à l’écran et mettent beaucoup d’eux-mêmes dans les personnages. Le film est un portrait unique de la jeunesse des années 70 au Québec, devenant presque une capsule temporelle. Et contrairement à beaucoup de films québécois de l’époque, les dialogues sont joués avec un grand réalisme, résultat de l’utilisation d’improvisation durant le tournage. Pas un film parfait, mais un film très surprenant pour sa valeur historique alors qu’il préserve ces images d’une génération passée.

TAG / RIARU ONIGOKKO / 2015 / Sion Sono
En se rendant à l’école un matin, une jeune femme voit son autobus scolaire se faire couper en deux par le vent. Celui-ci la poursuit jusqu’à son école… où tout revient pourtant au calme. Hallucination ou réalité? S’en suivront d’autres évènements étranges, plus inattendus les uns que les autres. Le troisième film de Sion Sono au festival, et non le moindre, avec sa structure narrative décousue qui a beaucoup de sens dans son non-sens. La réalisation est dynamique et nous garde en haleine, tout en prenant quand même quelques instants pour se calmer et développer quelque chose de plus grand derrière le film. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, TAG est surprenant et il reste en tête.

En tout, 27 projections; 24 longs-métrages, 2 programmes de courts du week-end fantastique, et la projection du Zapping Party. Encore une superbe année pleine de découvertes, j’anticipe déjà les 20 ans qui seront célébrés l’année prochaine!

Merci Fantasia!!

Pour conclure, mon palmarès de cette édition:
1- LOVE & PEACE
2- TURBO KID
3- TAG
4- HAEMOO
5- COOTIES
6- THE EDITOR
7- HE NEVER DIED
8- RAIDERS! : THE STORY OF THE GREATEST FAN FILM EVER MADE
9- ASSASSINATION CLASSROOM
10- REMAKE, REMIX, RIP-OFF : ABOUT COPY CULTURE & TURKISH POP CINEMA
11- MONTRÉAL BLUES
12- SHINJUKU SWAN
13- THEY LOOK LIKE PEOPLE
14- FULL STRIKE
15- LA LUNULE
16- MONTY PYTHON : THE MEANING OF LIVE
17- BUNNY THE KILLER THING
18- TORRENTE 5
19- AVA’S POSSESSIONS
20- SINGHAM RETURNS
21- RYUZO AND THE SEVEN HENCHMEN
22- SOME KIND OF HATE
23- THE GOLDEN CANE WARRIOR
24- NOWHERE GIRL

Une réflexion sur “Rémi à Fantasia

  1. […] Et comme on ne change pas une formule gagnante, je reprends la forme des critiques express comme pour Fantasia, et je vous donne brièvement mes impressions de chaque film dans l’ordre des visionnements. […]

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