Que les festivités commencent!

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8 juillet 2015 par Paul Landriau

Fantasia 2015Les nouvelles livrées au compte-goutte ne faisaient qu’étancher temporairement la soif du cinéphile. Hier, lors de la conférence de presse du Festival Fantasia, c’est plutôt une plongée tête première dans un bassin éclectique de films qui attendait le critique pas encore tout à fait réveillé. Passé les remerciements d’usage aux partenaires précieux et commanditaires de l’évènement, l’équipe de programmation se passait le relais au micro, dans une salle de l’Université Concordia, pratiquement synonyme du Festival, et ventait chacun quelques perles et évènements tirés de sa propre section. Du français impeccable de l’un à l’anglais rapide parsemé de jurons de l’autre, en passant par les amalgames les plus farfelues, Fantasia est à l’image de sa ville. Polyglotte, multiculturel, ouvert, dynamique, décomplexé, franchement fun. Ce qui ce ressent avant tout, c’est l’enthousiasme certain qui anime chacune des têtes dirigeant l’évènement, qui semble toujours plus gros, plus grand, et plus fou chaque année. L’équipe de Fantasia est composée de cinéphiles d’abord et avant tout, et on l’aime pour ça.

Axis, Documentaires de la marge, Action!, Camera lucida, Mon premier Fantasia; autant de sections pour autant de regards sur le cinéma contemporain, avec parfois des rétrospectives ou des restaurations de films cultes, classiques et autres curiosités (ROAR!). Comme toujours au Festival, l’Asie est à l’honneur, mais on fait des pieds et des mains pour attirer et présenter les films de cinématographies plus modestes, et on aura la chance cette année de voir des films d’Ouganda, Afrique du Sud, Pakistan, etc. Vous pouvez retrouver toute la programmation ici.

Pour la quatrième année consécutive, l’équipe de Point de vues se fera un honneur et surtout un plaisir de couvrir l’évènement. Au menu, critiques, entrevues et podcasts vous attendent pour le mois à venir. Pour ma part, je serai encore une fois occupé à vendre billets, pop-corn et boissons à la horde sans fin de cinéphiles emballés, ce qui expliquera ma contribution plus modeste à notre couverture. Je laisse le champ libre à mes collègues en quelque sorte! (Tout en gardant un œil sur eux, faut pas déconner.)

Le catalogue de plus de 400 pages vous fait peur? Les titres ne vous font pas sonner de cloches? Voici donc mes suggestions personnelles des titres les plus alléchants de cette 19e édition.

Les valeurs sûres

RYUZO AND THE SEVEN HENCHMEN – Takeshi Kitano – 27 juillet 19 h 20
Le retour du cinéaste japonais le plus acclamé de sa génération. Toujours conscient de l’image qu’il projette, et multipliant les tentatives de la saboter, Takeshi a toujours eu une relation conflictuelle avec sa figure personnelle. Connu avant tout comme humoriste et animateur télé au Japon, reconnu comme cinéaste et auteur sérieux dans le reste du monde, il revient ici dans le triple emploi d’acteur / scénariste / réalisateur. Après le diptyque OUTRAGE, sorte de retour aux sources jouïssif pour l’artiste, il livre ici une comédie à propos de… oui des yakuzas, cette fois-ci trop âgés et largués. Ça promet.

I AM THOR – Ryan Wise – 19 juillet 21 h 45
Alors là une suggestion un peu à l’Ouest, mais l’enthousiasme de Mitch Davis, codirecteur de la programmation internationale, m’a convaincu. Culturiste impressionnant et figure de Heavy Metal éphémère, John Mikl Thor n’a pas toujours eu la meilleure des chances dans sa carrière. Ce documentaire tentera d’expliquer la situation et de dévoiler l’homme derrière le mythe. Thor lui-même sera sur place et livrera une performance live en accompagnement de la projection! Ça risque d’être l’un des moments forts du festival.

Méliès et magie (séance de courts) – Georges Méliès – 30 juillet 21 h 45
Présentée par Philip Spurrel du Cinéclub The Film Society qui sera accompagné du magicien Vincent Pimparé, cette séance fera plaisir aux amoureux du cinéma des premiers temps. À la fois divertissantes et instructives, les soirées bilingues organisées par ce cinéclub sont toujours un vif succès. On y projettera plusieurs films de Méliès en 16 mm ainsi que le documentaire LE GRAND MÉLIÈS (1952) de Franju.

TAG / SHINJUKU SWAN / LOVE & PEACE – Sion Sono – 3 août 21 h 45 / 31 juillet 21 h 45 / 26 juillet 21 h 45
Un de mes cinéastes préférés, le grand Sion Sono qui a pris d’assaut la scène mondiale avec son puissant LOVE EXPOSURE il y a quelques années, et visiblement travaille plus que jamais en 2015. En plus des trois(!) longs-métrages présentés ici à Fantasia, deux autres films sortiront bientôt au Japon. Sa seule signature devrait vous convaincre de réserver vos billets pour l’une de ces séances, mais sinon, voici rapidement les pitchs. TAG se voudrait comme un BATTLE ROYALE entièrement féminin. La bande-annonce dévoile le plan de vouloir réduire le nombre des 1,6 million de collégiennes de l’archipel par un jeu national de tag. Si tu es touchée, tu meurs. SHINJUKU SWAN, basé sur un manga, parle de la métropole, du quartier chaud, des Love hotels, de voyous et de jeunesse désillusionnée. LOVE & PEACE semble plus posé, et suit plusieurs personnages tous plus excentriques les uns que les autres, dont une tortue nommée Pikadon qui deviendra gigantesque. Quel film sera le plus dingue? Réponse dans quelques semaines.

THE ARTI: THE ADVENTURE BEGINS – Huang Wen Chang – 19 juillet 13 h
Alors là je vous suggère l’une des propositions les plus singulières du festival. Le concept me plaisait, la bande-annonce m’a convaincu. Épopée d’arts martiaux en animation de marionnettes, appuyée par des effets spéciaux et une trame fantaisiste, le film ressemble grosso modo à TEAM AMERICA au pays de TIGRE ET DRAGON. Ouais.

SCRATCH – Sébastien Godron – 30 juillet 19 h 45
Le film québécois qui me semble le plus intéressant du festival, SCRATCH nous plonge dans la culture hip-hop haïtienne de Montréal. Gangs de rue, musique, pauvreté, succès, on espère grandement que ce film saura réussir là où plusieurs autres se sont plantés.

BATTLES WITHOUT HONOR AND HUMANITY (1973) – Kinji Fukasaku – 1er août 14 h 50
Restauration nous arrivant tout droit de Cannes d’un des films japonais les plus énergiques et inspirant de la seconde moitié du XXe siècle. Fukasaku, bien avant son BATTLE ROYALE, excellait avec ces films de yakuzas vivifiants et crus, sa mise en scène particulière et son utilisation de la musique distincte. Cinéaste du cool, il influencera Scorsese et Tarantino. Il trouvera en Bunta Sugawara sa muse, son alter ego à travers lequel raconter son désir de vivre et sa rage intérieure. Cette icône nous a d’ailleurs quittés il y a peu. Ce film sera le premier d’une saga tentaculaire, sorte de GODFATHER de l’après-guerre nippon, dans les quartiers dévastés d’Hiroshima. Un classique.

LA ISLA MINIMA (MARSHLAND) – Alberto Rodriguez – 24 juillet 21 h 50 et 3 août 17 h 15
On parle d’un film policier néo-noir dans la foulée d’un ZODIAC, et du film espagnol le plus récompensé de l’histoire des Goya avec 10 prix. Si vous avez envie d’un film plus « classique », celui-ci devrait être idéal.

FULL STRIKE – Derek Kwok et Henri Wong – 24 juillet 18 h 20
SHAOLIN SOCCER mais avec le badminton.

***

Et bien sûr tellement d’autres films et évènements font envie, comme cette discussion autour de l’attrait du VHS en 2015, les nombreux films d’animation (MISS HOKUSAI, KAHLIL GIBRAN’S THE PROPHET notamment), des documentaires au sujet prometteur (THE REAL MIYAGI, (T)ERROR, REMIX, REMAKE, RIPOFF: ABOUT COPY CULTURE AND TURKISH POP CINEMA), des films d’action (KUNG FU KILLER, ANT-MAN, ATTACK ON TITAN, SINGHAM RETURNS), les nombreux courts d’ici lors du Fantastique Weekend du Cinéma Québécois, le lancement du livre NANAROPHILIE de Simon Laperrière pour accompagner la restauration du « pire film de tous les temps » MANOS : THE HANDS OF FATE, des inclassables (POISON BERRY IN MY BRAIN, COSMODRAMA, TURBO KID, HARUKO’S PARANORMAL LABORATORY)… Bien souvent, c’est lors de ces séances un peu plus mystérieuses que l’on découvre les moments de cinéma les plus savoureux.

Et bien sûr je m’en voudrais de ne pas mentionner brièvement les films de mes collègues qui ont été sélectionnés. Pascal nous présentera son DRUM DE MARDE, tandis que Rémi, en plus d’un épisode de sa web-série L’ÉTRANGE PROVINCE qui ouvrira une séance, vous montrera THE TROUVILLE ZONE et GOODBYE LAURIE. Félicitations également à tous mes amis in real life qui feront partie de l’aventure.

Je vous souhaite un merveilleux mois cinéma, et à ceux qui n’ont jamais osé visiter le festival (j’en connais plusieurs personnellement) je vous suggère fortement l’expérience. Fantasia, c’est véritablement un festival unique… en son genre.

Toutes les informations sont disponibles au http://www.fantasiafestival.com.

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