Top 10 2014 de Rémi Fréchette

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10 janvier 2015 par Rémi Fréchette

Des excuses, des excuses…

Si vous allez visiter mes listes précédentes, vous remarquerez probablement les mêmes justifications dans le paragraphe d’introduction, venant d’un cinéphile qui n’aura jamais été repu dans ses découvertes; il y en a trop à voir, plusieurs sorties de cette année au Québec ne peuvent pas se retrouver sur notre liste (puisqu’à Point de vues, on se base sur la date de sortie sur IMDb.com et non de la sortie en salles au Québec) et si par malheur on manque le FNC (et c’est mon cas chaque année en raison du Kabaret Kino qui se déroule au même moment), plusieurs films qui apparaissent sur de multiples listes sont pratiquement impossibles à voir autant en salles qu’à la maison. Je pointe ici spécialement UN PIGEON PERCHÉ SUR UNE BRANCHE PHILOSOPHAIT SUR L’EXISTENCE, RÉALITÉ, et TOKYO TRIBE, qui auraient probablement eu une place dans la liste qui suit. Bref, c’est les titres internationaux qui écope, au profite d’une liste un peu plus américaine…

Mais bon. Trêve d’excuses, voici cette fameuse liste annuelle de mes coups de cœur.

The Grand Budapest Hotel

10. The Grand Budapest Hotel – 100 min – États-Unis, Allemagne, Royaume-Uni – Wes Anderson

Wes Anderson est de retour, nous donnant tout ce qu’on connait de lui à la puissance mille, en racontant les aventures du concierge de l’hôtel (interprété par le toujours excellent Ralph Fiennes), qui a vécu de folles aventures entre les deux Grandes Guerres. Avec un film beaucoup moins axé sur les relations entre ses personnages comme on a pu voir dans le passé, il développe plutôt une grande aventure épique dans l’incroyable esthétique qu’il perfectionne depuis ses premiers films. Les cadrages et les mouvements de caméra hyper calculés, l’humour parfois slapstick et les personnages plus grands que nature interprétée par une distribution all star sont les ingrédients parfaits pour un film autant divertissant que complexe au niveau visuel.

9. Nymphomaniac: Volume I & II – 117 min & 123 min – Danemark, Allemagne, Belgique, Royaume-Uni, France, Suède – Lars von Trier

Après deux films très lourds, Lars von Trier revient avec une finale à cette trilogie thématique (divisé en deux volumes pour sa distribution, qui est en fait un seul long film). Mais comparativement à ses prédécesseurs, NYMPHOMANIAC est par moment beaucoup plus léger, parfois même très drôle, malgré le sujet plutôt lourd qui relate la vie d’une nymphomaniaque. Le film peut être long pour un spectateur non averti, mais c’est au final une de ses forces, alors que le développement psychologique de Joe (interprétée par Charlotte Gainsbourg) est très fluide. On la voit grandir, et développer cette hypersexualisation, qui est racontée à travers ses multiples rencontres. Même si pour certains l’ensemble deviendra un vague souvenir, le film multiplie quand même les scènes fortes et marquantes.

Nightcrawler

8. Nightcrawler – 117 min – États-Unis – Dan Gilroy

Une de mes dernières découvertes de 2014, qui un film étrange en tout point. On suit Lou Bloom (Jake Gyllenhaal), qui découvre par hasard le métier de caméraman sensationnaliste, tentant de filmer des scènes de crimes graphiques pour ensuite les vendre à un bulletin de nouvelles. La performance décalée de Gyllenhaal, qui est méconnaissable et loin d’être attachant, nous transporte dans ce qui pourrait être un thriller aux allures lynchien. Le tout est « rythmé » d’une trame sonore à l’antipode du thriller complétant l’ambiance étrange du film. Bref, le film n’a absolument rien de charmant et on s’accroche difficilement aux protagonistes (ce qui pourrait mener à tout sauf à un bon film), mais c’est cette folie étrange et même la curiosité morbide qu’on développe en suivant le personnage de Gyllenhaal qui nous garde en haleine tout au long.

The Raid 2 Berandal

7. The Raid 2: Berandal – 150 min – Indonésie, États-Unis – Gareth Evans

Après un premier volet hyperactif, mais très faible au niveau narratif (ce qui était complètement assumé), THE RAID 2 garde l’énergie de son prédécesseur tout en donnant ce qui manquait. L’histoire reste quand même simple; un agent doit s’infiltrer dans une mafia pour aller éliminer le patron de l’organisation. La façon que cette trame narrative est exploitée peut nous rappeler l’énergie de KILL BILL. Le film fait preuve d’une grande inventivité au niveau visuel, avec entre autres son jeu de caméra qui semble valser avec les comédiens. Comme dans le reste de sa filmographie (dont la scène de secte dans V/H/S 2 qui est un des meilleurs moments du cinéma d’horreur des dernières années), Gareth Evans pousse tout à l’extrême pour donner une expérience explosive au spectateur. Avez-vous déjà vu un combat à coups de marteau dans un wagon de métro? Moi oui, parce que j’ai vu THE RAID 2.

Gone Girl

6. Gone Girl – 149 min – États-Unis – David Fincher

David Fincher est maître dans le thriller policier depuis ses débuts, et GONE GIRL est sans doute un des meilleurs films de sa carrière, une réussite dans le genre. On suit Nick Dunne (Ben Affleck), qui tente de retrouver sa femme qui a disparu le jour de leur cinquième anniversaire de mariage. Bien sûr, petit à petit les pièces du casse-tête sont dévoilées et on découvre l’historique trouble du couple. Mais le sujet principal du film est d’abord l’influence des médias sur les grandes histoires comme celle-ci, où une simple apparition publique peut influencer le sort d’un suspect. Le premier coup de génie est le casting de Ben Affleck, qui reflète avec sa propre carrière la relation amour/haine aux yeux du spectateur. Mais ultimement c’est l’histoire incroyablement bien ficelée, racontée avec le doigté de Fincher qui nous tient sur le bout de notre chaise.

Tu dors Nicole

5. Tu dors Nicole – 93 min – Canada (Québec) – Stéphane Lafleur

Une jeune femme n’a rien à faire durant un été. Une prémisse hyper simpliste, qui pourrait paraitre banale. Mais Stéphane Lafleur est le seul qui peut prendre cette histoire fade aux premiers abords, et la rendre drôle, vivante, rythmée et visuellement intéressante. Avec une affection pour ses personnages, il nous montre Nicole dans son emploi d’été, sa relation avec sa meilleure amie, et celle avec son frère qui décide d’enregistrer un album de musique dans la maison familiale. L’humour pince-sans-rire est présenté dans des scènes absurdes, avec des personnages hauts en couleur (malgré l’absence de celle-ci à l’image), par exemple Martin, un jeune homme avec une voix d’homme et une maturité qui dépasse celle de Nicole.

Birdman

4. Birdman – 119 min – États-Unis – Alejandro González Iñárritu

On a beaucoup parlé du progrès technique dans BIRDMAN : le film est un très long plan continu de deux heures (triché, mais quand même), et oui, c’est très impressionnant. Mais au-delà de l’aspect visuel, le film raconte l’histoire d’un acteur hollywoodien qui tente de faire ses preuves comme artiste sur Broadway. Et c’est là que le plan continu devient très significatif; peu importe ce qui se passe, « the show must go on ». Michael Keaton donne une excellente performance qui fait écho à sa propre carrière, et à ses côtés Edward Norton est magnifique dans le rôle de l’acteur qui tente d’éclipser le personnage de Keaton dans sa propre pièce. Bref, au-delà du tour de force technique, c’est avant tout un film avec des personnages forts, joués par des acteurs au top de leur art.

Mommy

3. Mommy – 139 min – Canada (Québec) – Xavier Dolan

Dans ses quatre premiers films, Xavier Dolan avait défini un style cinématographique et narratif bien à lui, mais avec MOMMY il réalise un « ultime film » où tout semble à sa place. Que ce soit le trio d’acteurs principaux qui interprète des personnages complexes, ou sa réalisation maitrisée et ingénieuse, il nous fait passer par une grande gamme d’émotions; MOMMY est un des films les plus tristes de l’année, un des plus drôles, un des plus touchants, un des mieux réalisés. On sort de la salle bouleversé et ému, car Dolan comprend ses personnages et réussit dans son film à donner au public un sentiment d’appartenance avec ceux-ci.

Whiplash

2. Whiplash – 107 min – États-Unis – Damien Chazelle

Quand je suis sorti de la salle après avoir vu WHIPLASH, je tremblais, énergisé par le rythme fou du film (sans blague). Et ce rythme fait bien du sens, puisqu’il s’agit d’un film à propos d’un jeune homme qui tente de devenir le meilleur à la batterie. Le film commence tout doucement, sans prévenir de l’escalade de tension qu’il prendra. C’est à travers une relation explosive avec son professeur (J.K. Simmons) que le jeune musicien (Miles Teller) tentera de montrer ce dont il est capable, et les sacrifices qu’il est prêt à faire pour arriver au sommet de son art. Peut-être ai-je un parti pris dans un film qui traite du désir d’exceller en art, mais en même temps les performances sont tellement impeccables qu’elles peuvent faire comprendre aux non-initiés l’état d’esprit d’un réel artiste passionné.

Boyhood

1. Boyhood – 165 min – États-Unis – Richard Linklater

Si vous ne savez pas ce qu’est BOYHOOD (parce qu’au-delà du film, il y a une incroyable expérience humaine), je crois pouvoir vous vendre le film seulement en vous disant que celui-ci a été tourné pendant douze ans, suivant un jeune garçon de 6 ans jusqu’à ses 18 ans. Se basant sur ce qu’a pu vivre l’acteur à travers ces années, accompagné d’une trame musicale qui pige dans ces douze années, le film est imprégné d’une grande nostalgie. Sa durée de près de trois heures est très peu pour raconter douze ans de vie; la relation avec ses parents, les drames familiaux, son entrée à l’école, ses amours, etc. BOYHOOD est tout simple dans un sens, c’est un film à propos de la vie. Et je le recommande à tout le monde.

***

Et comme dix c’est trop peu, voici en bref quelques coups de cœur additionnels, sans ordre précis.

The Lego Movie

Anim-mention: The Lego Movie

En tant que grand fan de Lego, j’étais déjà conquis avant même de voir le film. Mais reste qu’on aurait pu facilement tomber dans des blagues faciles, ou une animation à l’ordinateur très standard. Le film est en fait un hommage aux Lego, et à ses différentes générations, s’adressant ainsi autant aux adultes qu’aux enfants, et autant aux joueurs moins familiers qu’aux plus grands fans. Le tout est animé par ordinateur, mais tente d’imiter les techniques d’animation image par image, en générant un mouvement un peu saccadé et en utilisant seulement des pièces de Lego (même pour représenter un océan entier). Et finalement, l’humour rate très rarement sa cible, le film étant écrit et réalisé par le duo responsable de CLOUDY WITH A CHANCE OF MEATBALLS, 21 JUMP STREET et 22 JUMP STREET.

Captain America The Winter Soldier

Super-Mention: Captain America: The Winter Soldier

J’en ai plein ma claque des films de superhéros, mais je sentais que je devais mettre une recommandation du genre dans cette liste. Et oui, je suis allé voir le dernier CAPTAIN AMERICA, et quelle surprise ça a été! Bon… la formule que nous connaissons est encore utilisée, mais ce volet de l’univers Marvel est quand même beaucoup plus mature que la plupart des films précédents. Ça reste un film de superhéros, ça reste Captain America avec un grand A, mais au moins le duo à la réalisation et scénarisation creuse plus loin dans la psychologie du personnage, et ils mettent en scène des séquences d’actions à couper le souffle, comme un combat de proximité dans un ascenseur, ou une fusillade dans la rue digne de HEAT.

Cybernatural

Mention Found Footage: Cybernatural

Un autre genre qui semble saturé depuis quelques années : le found footage. Heureusement, quelques réalisateurs trouvent encore des façons originales d’utiliser l’idée, dont Levan Gabriadze qui a raconté un film entier à partir de l’écran d’ordinateur de son protagoniste. C’est un film d’horreur dans la lignée des slashers (la bande d’adolescents qui se font zigouiller l’un à la suite de l’autre), mais le tout se déroule à travers Skype. Et l’intrigue est racontée par des sites web très familiers comme YouTube et Wikipedia, rapprochant l’horreur de cette histoire dans une zone qui est très familière avec le spectateur.

Welcome to New York

Gérard De-Mention: Welcome To New York

(OK, je n’avais pas d’autres idées pour le titre de cette mention…)

Abel Ferrara est bien connu pour choquer dans ses films et pour diviser le public, et c’est encore ce qu’il fait dans cette adaptation de l’affaire Dominique Strauss-Kahn. Je n’étais pas du tout familier avec cette débâcle politique avant d’avoir vu le film, mais l’histoire semble bien dépeindre les dessous de l’affaire, avec bien sûr une grande prise de position sur les évènements (ce qui est peut-être la partie plus malsaine du projet). Le casting de Gérard Depardieu est le coup de génie du film, rendant le personnage de Devereaux dégoutant, alors qu’on utilise l’image publique de l’acteur et son physique peu élégant pour rendre encore plus haïssable le protagoniste.

The Babadook

Mention Horrifique: The Babadook

Une mère monoparentale trouve un livre de contes plutôt horrible dans la chambre de son enfant, réveillant un démon qui commence à hanter sa maison. C’est une histoire de fantôme classique, mais racontée avec des personnages crédibles en grande détresse psychologique. On sent la chute émotive de la mère face à sa perte de contrôle sur la situation, alors que l’esprit du Babadook fait resurgir des réels fantômes de son passé. Le troisième acte tombe un peu dans du cinéma-choc plus facile, mais au final le film reste du cinéma d’horreur très satisfaisant dans une formule appliquée à des personnages crédibles. Ba… ba… dook… dook… DOOK!!

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