PdV au FNC

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8 octobre 2014 par Paul Landriau

PdV-au-FNC

Vous trouverez ici les impressions et critiques de l’équipe de Point de Vues sur les différents films vus au Festival du nouveau cinéma. Cette page sera mise à jour quotidiennement durant le festival. Critiques: Paul Landriau (P.L.), Mario Melidona (M.M.), Delphine Larose (D.L.), Olivier Bouchard (O.B.), Benjamin Pelletier (B.P.).

Film d’ouverture

THE GOOD LIE – 2014 – 110 min – Kenya, Inde, États-Unis – Philippe Falardeau

Production américaine pour le cinéaste québécois façon histoire vraie touchante. Un long flashback au début du film nous montre la traversée miraculeuse qu’effectue un groupe de jeunes tentant de fuir le Soudan. 13 ans plus tard, ils obtiendront enfin un visa pour émigrer en Amérique. S’en suit un drame humain sur les différences de culture et la capacité d’adaptation des hommes. Si la première partie est très prenante, notamment grâce à un humour léger et sincère, la seconde moitié verse par moments dans le sentimentalisme un peu trop souligné par un piano larmoyant. Travail remarquable de distribution alors que les acteurs principaux sont d’anciens réfugiés ou fils de. Un film sans surprises mais bien construit. (P.L.)

Présentation spéciale

adieu3d

ADIEU AU LANGAGE 3D – 2014 – 70 min – France – Jean-Luc Godard

Lundi 13 octobre 17h @ Cinéma du Parc 1 + Samedi 18 octobre 17h @ Cinéma du Parc 1

PAST PRESENT – 2013 – 76 min – Malaisie – Tiong Guan Saw

Documentaire sur l’œuvre de Tsai Ming-liang, à temps pour faire le point sur sa carrière cinématographique après sa retraite annoncée (et déjà reniée avec le JOURNEY TO THE WEST, également présenté au festival). D’une facture très conventionnelle, le film, très touchant, permet une rare incursion dans l’univers très personnel du cinéaste taïwanais. Il est d’ailleurs le principal interlocuteur, et c’est dans ses mots qu’il nous raconte les souvenirs de ses expériences de cinéma, allant également sur les lieux des dits cinémas, pour la plupart convertis en magasins. Des invités de marque louange le cinéaste auteur, dont Ang Lee, Hou Hsiao-hsien et Apichatpong Weerasethakul, et des extraits de ses films parsèment le documentaire. Bien mais pas le regard définitif escompté. (P.L.)

Mardi 14 octobre 17h40 @ Cinéma du Parc 3

ANA ARABIA – 2013 – 81 min – France, Israël – Amos Gitaï

Un film tourné en un seul plan-séquence, ce qui en 2014 n’est plus si impressionnant. D’ailleurs le film est tourné de manière fort simple, très loin de la complexité d’un ARCHE RUSSE. Une jeune journaliste (la très cinégénique Yuval Scharf) interroge une famille juive et arabe qui vit et cohabite dans les quartiers pauvres en bordure de Tel-Aviv. Plutôt qu’un reportage, on a l’impression de se retrouver dans un jeu vidéo, notre protagoniste marchant nonchalamment, les personnages secondaires débitant leur histoire lorsqu’elle se trouve près d’eux. Une étrange impression d’artificialité s’installe pour ce film qui se veut pourtant très terre-à-terre. Hors du temps, le patriarche de la famille Yussuf regorge d’histoires qu’il narre pour ce qui semble la énième fois. Mineur. (P.L.)

Dimanche 19 octobre 14h45 @ Cinéma du Parc 1

ELEPHANT SONG – 2014 – 110 min – Canada (Québec) – Charles Binamé

S’il y a quelque chose à retenir avec ELEPHANT SONG, c’est la prestation de Xavier Dolan. On savait tous qu’il sait réaliser : mais lorsqu’il est dirigé, il devient encore plus incroyable. Ce dernier joue le rôle de Michael, jeune homme qui est interné depuis toujours et qui est soupçonné d’avoir un lien avec la disparition d’un des médecins de l’établissement. Il nous laisse littéralement sans mots, sa présence à l’écran est foudroyante. Outre Dolan, les autres acteurs de haut calibre (Catherine Keener, Bruce Greenwood) sont excellents dans ce huis clos basé sur la pièce de Nicolas Billon. La direction artistique est superbe; chaque scène devient un tableau avec une composition parfaite. Malgré quelques longueurs, ELEPHANT SONG reste un film qui nous tient hors d’haleine du début à la fin. (D.L.)

BANDE DE FILLES – 2014 – 112 min – France – Céline Sciamma

Panorama

MES SOULIERS ROUGES – 2013 – 80 min – France – Sara Rastegar

Guère plus qu’une vidéo de famille introspective, le documentaire de Sara Rastegar alterne les histoires narrées par ses parents, qui se sont mariés le premier jour de la révolution culturelle en Iran, et les scènes quotidiennes dans leur maison en France. Leur récit a certes quelque chose d’impressionnant et touche à la tragédie universelle, mais le traitement formel maladroit rend ce témoignage plutôt banal. Un moment très fort en milieu de film nous présente un montage de différentes archives vidéo familiales, accompagnées par la correspondance de l’époque lue par les parents de la famille Rastegar. On interroge également les enfants de ces immigrants qui n’ont pas connu la révolution et souhaiteraient également contribuer à l’Histoire. Intime. (P.L.)

Samedi 11 octobre 15h15 @ Quartier Latin A + Samedi 18 octobre 19h20 @ Cinéma du Parc 3

THE TRIBE / PLEMYA – 2014 – 130 min – Ukraine, Pays-Bas – Miroslav Slaboshpitsky

Mardi 14 octobre 18h45 @ Quartier Latin A

FORCE MAJEURE / TURIST – 2014 – 118 min – Suède, Danemark, Norvège – Ruben Östlund

Une famille suédoise voit ses vacances dans les Alpes françaises chamboulées suite à une avalanche. Créant une situation tendue au sein de la famille, l’événement remet principalement la mère en question. FORCE MAJEURE de Ruben Östlund est une réflexion sur le couple, la vie familiale et les mentalités différentes de chaque génération. On nous présente une famille qui ne sort pas de l’ordinaire, mais c’est leur quotidien, leur vie banale qui devient captivante pour le public. FORCE MAJEURE montre que Östlund fait dans la cour des grands; on peut sentir les influences cinématographiques de réalisateurs tels que Michael Haneke dès les premières minutes du récit. Autant on rit, autant on pleure; ce film passe par toute la gamme d’émotions et nous tient captivés du début à la fin. Les acteurs sont justes et poignants : il est facile de comprendre et de sentir chacun d’entre eux. Visuellement, FORCE MAJEURE est très intéressant, très bien construit. Les scènes de ski sont particulièrement à couper le souffle. On souhaite une sortie en salles au Québec bientôt : ce film n’a pas gagné le Prix du Jury de la section Un Certain Regard à Cannes pour rien! (D.L.)

Temps Ø

RÉALITÉ – 2014 – 87 min – France, Belgique – Quentin Dupieux

Vendredi 10 octobre 21h @ Concordia Hall + Samedi 11 octobre 17h @ Quartier Latin A

FIRES ON THE PLAIN / NOBI – 2014 – 87 min – Japon – Shynia Tsukamoto

Samedi 11 octobre 21h30 @ Concordia Hall + Dimanche 12 octobre 13h15 @ Cinéma du Parc 3

L’ENLÈVEMENT DE MICHEL HOUELLEBECQ – 2014 – 96 min – France – Guillaume Nicloux

Vendredi 17 octobre 17h @ Pavillon Judith-Jasmin Annexe

OVER YOUR DEAD BODY / KUIME – 2014 – 93 min – Japon – Takashi Miike

Un des éléments les plus fascinants du retour de Takashi Miike à l’horreur est la façon dont il joue avec le surnaturel. OVER YOUR DEAD BODY raconte l’histoire de deux amoureux, Tamiya Iemon (Ebizô Ichikawa) et Miyuki Goto (Kô Shibasaki), travaillant sur une version du fameux conte japonais de fantôme Yotsuya Kaidan. Pendant les répétitions de la pièce, les comédiens sont victimes d’hallucinations horrifiques et sont manipulés par des forces de l’au-delà qui interprètent la pièce à leur tour, dans la réalité. Ils plongent alors rapidement dans la désillusion et la folie. Malheureusement de nombreux tics de mise en scène de Miike alourdissent l’ensemble, et la violence exacerbée rend le tout risible. Miike s’embourille dans le jeu de mise en abyme. On aurait préféré une version plus viscérale et personnelle du fameux conte. (M.M.)

Samedi 18 octobre 19h45 @ Quartier Latin A

IT FOLLOWS – 2014 – 107 min – États-Unis – David Robert Mitchell

Essai plutôt malin sur le cinéma d’horreur avec, comme toile de fond, l’adolescence des banlieues américaines. Par la lenteur de la créature qui poursuit l’héroïne, le réalisateur réussit admirablement à créer de lentes progressions dans la tension avant de présenter frontalement l’horreur. Sa mise en scène est maitrisée et non dépourvue d’humour, mais n’évite pas quelques effets stylistiques faciles. De la même façon, la musique électronique de Disasterpiece est efficace quoique trop souvent envahissante. Dans ses meilleurs moments, IT FOLLOWS devient profondément terrifiant, loin des habituels jump scares du cinéma d’horreur populaire et, en fin de compte, sa conclusion astucieuse laisse planer le suspense plutôt que de capitaliser sur un effet de surprise. (O.B.)

Jeudi 16 octobre 19h @ Pavillon Judith-Jasmin Annexe

kings of the wind

KINGS OF THE WIND & ELECTRIC QUEENS – 2014 – 56 min – France, Inde – Cédric Dupire et Gaspard Kuentz

Super documentaire qui sans recours aux mots (ou si peu) nous fait découvrir le monde farfelu de la foire de Sonepure en Inde; un monde où les traditions indiennes côtoient le capitalisme occidental dans ce qu’il a de plus superficiel. Un peu à la manière des documentaires MONDO, on explore ici les facettes étranges (à nos yeux) d’une autre culture, sans toutefois de jugement moral de la part des cinéastes. Il suffit de voir cette arène circulaire de bois où les motocyclistes (puis carrément, des pilotes de petites voitures) multiplient les acrobaties pour 1) éprouver un sentiment de vertige et d’excitation, grâce au travail judicieux des caméras et 2) découvrir une Inde loin des clichés de carte postale auxquels on l’associe parfois. Lorsque quelques dizaines d’Indiennes se maquillent et dansent pour un public masculin, on retourne au royaume des animaux. Trop court, on en voudrait plus! (P.L.)

Samedi 18 octobre 15h25 @ Cinéma du Parc 3

NEAR DEATH EXPERIENCE / NDE – 2014 – 87 min – France – Benoît Delépine et Gustav Kerven

NDE est un film moche. C’est assumé, le duo de réalisateurs Benoît Delépine et Gustav Kerven n’est pas connu pour faire les choses de façon conventionnelle. Ils atteignaient des sommets avec leur film précédent, LE GRAND SOIR, sommets dont ils sont malheureusement loin ici. NDE, pour NEAR DEATH EXPERIENCE, suit un suicidaire, interprété par Michel Houellebecq, en errance. L’homme divague, souvent en voix off, et c’est à peu près tout ce que le film a à offrir. L’exercice, drôle ou même intelligent par moments, tourne rapidement à vide et se répète constamment. Il faut reconnaitre que les réalisateurs, à leur habitude, ont au moins le culot de s’attaquer à des projets casse-gueule. NDE, donc, se casse la gueule. (O.B.)

Dimanche 19 octobre 19h30 @ Quartier Latin B

Compétition internationale

SHE’S LOST CONTROL – 2014 – 90 min – États-Unis – Anja Marquardt

Ronah (Brooke Bloom, très juste) est une thérapeute sociale de l’intime qui aide des clients à (re)trouver confiance et aise avec la gent féminine. Complétant sa maîtrise, elle vit seule dans un appartement dans une grande métropole. Son nouveau client, Johnny (Marc Menchaca), un grand blond, travaille à l’hôpital pas loin de là et doit surmonter son anxiété. D’abord obtus, il s’ouvrira au fil des séances. Mais les sentiments humains ont ce quelque chose d’imprévisible; lorsqu’on joue avec le feu, on se brûle. Drame bien écrit, sobre, dont le développement se dévoile tout en douceur. Mal de vivre de la grande ville, où les millions d’individus ne peuvent même pas se parler, se toucher, vivre. Performances nuancées de ces êtres qui communiquent beaucoup plus que ce qu’ils osent dire. (P.L.)

Mercredi 15 octobre 19h20 @ Quartier Latin B + Vendredi 17 octobre 17h15 @ Cinéma du Parc 3

VIOLET – 2014 – 85 min – Belgique, Pays-Bas – Bas Devos

Deux jeunes ados traînent au centre d’achat et deux inconnus s’en prennent à l’un d’eux. Sous les yeux médusés de Jesse, Jonas sera assassiné. Du jour au lendemain, l’air deviendra plus opaque, le cercle d’amis de Jesse (César de Sutter, très bon) pas toujours accueillant. Ces jeunes traînent dans les rues, multipliant les pirouettes sur leur BMX, mais pour Jesse, il y a une fissure irréparable. Portrait sensible et détaché d’une tragédie qui change une vie, enlevant toute innocence à une communauté. Par la faible profondeur de champ, le cinéaste Bas Devos oppresse son protagoniste. De multiples plans ingénieux parsèment le récit que l’on comparera inévitablement aux ELEPHANT et PARANOID PARK de Gus Van Sant. D’autant plus fort que tout en suggestion. (P.L.)

Jeudi 9 octobre 19h20 @ Quartier Latin B + Samedi 11 octobre 13h15 @ Cinéma du Parc 3

Charlie'sCountryPic#01

CHARLIE’S COUNTRY – 2013 – 108 min – Australie – Rolf de Heer

Un film australien avec en tête d’affiche et force centrale David Gulpilil jouant ici le Charlie titulaire, un aborigène survivant tant bien que mal dans la petite communauté auquel l’a assigné la population blanche et bien-pensante. Regrettant les traditions et le contact avec la terre, avec la nature, il tente de chasser de quoi se nourrir, abattant même un gros gibier avec un habitant du village, avant de voir le gibier, le fusil et même la voiture confisqués par les forces du coin, agissant ainsi pour « protéger » la communauté. Un beau film sur la colonisation et la modernité qui résonnera inévitablement avec nous, habitant une terre prise de force il y a quelques centaines d’années. Lorsque Charlie en a plus qu’assez et décide de vivre une bonne fois pour toutes dans les forêts sauvages, c’est une utopie pure et spirituelle qui se présente à nous. Très beau. (P.L.)

Vendredi 10 octobre 21h30 @ Quartier Latin B + Lundi 13 octobre 13h30 @ Quartier Latin B

SOMETHING MUST BREAK / NANTING MASTE GA SÖNDER – 2014 – 81 min – Suède – Ester Martin Bergsmark

La réalisatrice suédoise Ester Martin Bergsmark nous amène avec SOMETHING MUST BREAK dans un côté plutôt underground de Stockholm. On nous présente le quotidien de Sebastian, jeune homme transgenre qui habite avec sa meilleure amie en banlieue de la métropole. Ce dernier vit deux personnes à la fois; autant il est Sebastian qu’il est Ellie, sa sœur intérieure qui hante son esprit depuis toujours. Sa vie se voit changer lorsqu’il rencontre Andreas, un jeune tombeur qui n’a jamais vécu de relation homosexuelle. Avec des thèmes comme l’acceptation de soi, l’exploration de l’autre et la découverte du Grand Amour, ce film de Bergsmark est efficace, innovateur et révélateur. Tout en étant traité avec une belle cinématographie et de bons jeux d’acteurs, SOMETHING MUST BREAK dresse un portrait juste et réaliste de la communauté LGBT et amène un nouveau public à la découvrir sous plusieurs angles. (D.L.)

Focus

JE SUIS À TOI – 2014 – 102 min – Belgique, Canada (Québec) – David Lambert

Portrait très humain des amours 2.0, alors qu’un jeune prostitué (le très bon Nahuel Pérez Biscayart) se sert d’internet afin de quémander un billet d’avion. Il sera accueilli par le gros bonhomme Henry (Jean-Michel Balthazar, authentique), propriétaire d’une pâtisserie qui en arrache. Sa caissière, une jeune mère (Monia Chokri, juste), attire le jeune homme qui n’est pas l’homosexuel qu’il prétend. Triangle amoureux de ces âmes si solitaires qui ne recherchent qu’un peu d’affection. Les personnages sont bien développés et au-delà des contradictions évidentes, de l’âge, du poids, du sexe, de la culture, c’est un portrait plein d’empathie que nous livre le cinéaste David Lambert. Il faut absolument voir Henry exécuter une chorégraphie gracieuse dans sa cuisine en lançant ici et là des pincées de farine pour le croire! (P.L.)

Jeudi 9 octobre 19h @ Quartier Latin A + Mercredi 15 octobre 13h20 @ Quartier Latin B

L’ART ET LE TÉLÉPHONE – 2014 – 70 min – Canada (Québec) – Serge Cardinal

Un projet atypique mais qui va de soi pour ceux qui ont eu la chance d’être enseignés par le professeur à l’Université de Montréal. Ce qui commence comme un documentaire respectueux et sobre sur trois personnes particulières, œuvrant chacun dans un univers propre, bascule vers la fiction au 3e tiers avec un coup de téléphone qui malheureusement apparait comme un élément scénaristique artificielle. La partie fictive apparait plaquée et déconnectée. C’est dans le plus vrai que nature que se trouve la beauté de ce film; lorsqu’on observe Claudia faire son rituel hebdomadaire, soit se cuisiner une omelette afin d’accompagner son visionnement de MOONSTRUCK. Ou alors, le trait d’esprit de l’écrivain Robert, qui magnifie les anecdotes personnelles de son verbe, tout en cueillant des baies. Ou l’histoire sensible d’Emmet souhaitant rendre hommage à son frère, illustrateur et bédéiste, qui nous a quittés trop tôt. De beaux portraits. (P.L.)

Mardi 14 octobre 13h15 @ Quartier Latin B

ANTOINE ET MARIE – 2014 – 85 min – Canada (Québec) – Jimmy Larouche

Film austère et laborieux à propos d’une rencontre entre deux âmes errantes qui, sous des circonstances mystérieuses, verront leur destin altéré à tout jamais, ANTOINE ET MARIE de Jimmy Larouche (LA CICATRICE) semble souvent confondre minimalisme avec monotonie. La mise en scène languide, dénuée de nuance, va même jusqu’à nuire aux performances de comédiens talentueux (Sébastien Ricard, Guy Jodoin, Martine Francke, Isabelle Blais) et diminue considérablement l’impact qu’un récit aux thèmes si importants (la crise de la quarantaine féminine, la drogue du viol) aurait pu avoir. Les moments de dialogue, peu nombreux mais bien trop plaqués, nuisent à notre identification aux personnages et au réalisme que Larouche recherche en raison de leur manque de crédibilité. Au final, on a droit à une œuvre fastidieuse qui, malheureusement, se contente de peu, autant au niveau esthétique que narratif. (B.P.)

Dimanche 19 octobre 15h45 @ Quartier Latin B

LA CREAZIONE DI SIGNIFICATO / THE CREATION OF MEANING – 2014 – 94 min – Canada, Italie – Simone Rapisarda Casanova

FNC Lab

Lisbon Revisited

LISBON REVISITED – 2014 – 66 min – Portugal – Edgar Pêra

Un essai 3D pour ce cinéaste portugais qui signait l’un des trois segments de 3X3D l’an dernier. Une dizaine d’acteurs et actrices s’échangent des passages des écrits de Fernando Pessoa et incarnent les différentes personnalités de l’auteur. La narration prend tantôt des airs de confession, de chuchotement, de témoignage ou encore de dénonciation. À l’image, Pêra filme, en négatif et de nuit, des hautes herbes, cactus, palmiers, animaux, statues… Les silhouettes blanchâtres des arbres, le travail sonore ténébreux, on se retrouve à marcher dans une cité qui semble venir de l’au-delà. S’il n’est pas aussi éclaté et libre que celui de Godard, cet essai 3D est fascinant et astucieux. (P.L.)

Lundi 13 octobre 21h30 @ Cinéma du Parc 3 + Jeudi 16 octobre 13h @ Cinéma du Parc 1

Hommage et rétrospective

THE BIG RED ONE: THE RECONSTRUCTION – [1980] 2004 – 162 min – États-Unis – Samuel Fuller

Très belle présentation d’un film saboté à l’époque par les studios alors que la fille du regretté Samuel Fuller est venue introduire le film le plus personnel de son père. C’est d’ailleurs après sa mort qu’elle-même et sa mère (assistées d’historiens du cinéma) ont pris à cœur de reconstruire la version originale du film, ajoutant presque une heure de matériel inédit. La nouvelle reconstruction a d’abord été présentée à Cannes il y a 10 ans. Si les techniques de restoration ont bien évolué depuis — la qualité des plans variant énormément tout au long du film —, nous devons nous compter privilégiés d’avoir enfin accès à la vision souhaitée du cinéaste. Un film de guerre sincère et cru qui abordait certains thèmes encore aujourd’hui tabous, comme certaines tendances homosexuelles qui sont amplifiées par la solitude extrême de ce groupe de soldats. (P.L.)

***

Toutes les informations au: http://nouveaucinema.ca.

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