Top 10 (+5) de Rémi Fréchette

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8 janvier 2014 par Rémi Fréchette

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Pour commencer, un fait : Je n’ai pas vu LA VIE D’ADÈLE. « Mais Rémi!! Comment oses-tu écrire ce Top 2013 sans avoir vu LE favori de l’année cinématographique!? » Toujours des nouveaux films à voir, autant que des classiques à rattraper, je devais me résigner à écrire mon top un jour ou l’autre, même si je n’avais pas encore mis la main sur une copie d’ADÈLE. Certains films que je sous-estimais colleront peut-être plus à ma mémoire que certains dans cette liste qui s’effaceront avec le temps. Et j’en verrai d’autres de 2013. Peut-être bientôt LE MÉTÉORE, qui est passé à la vitesse de la lumière en salle, ou HER qui arrive chez nous au début 2014. Dure dure, la vie de cinéphile.

2013 a aussi amené plusieurs autres beaux moments de cinéma, qui ne donneront pas à leurs films une place dans mon Top 10, mais qui méritent tout de même une mention; Cate Blanchett qui joue à merveille la névrosée dans BLUE JASMINE de Woody Allen, des scènes de combats spectaculaires dans PACIFIC RIM de Guillermo del Toro, un bond dans les drive-in des années 70 avec DISCOPATHE de Renaud Gauthier, pour en nommer que quelques-uns.

Voici donc où j’en suis dans cette critique de l’année 2013, alors que nous commençons tout juste 2014…

10-prisoners

10. PRISONERS

Denis Villeneuve | États-Unis | 153 min | Thriller, drame

Denis Villeneuve est un des deux Québécois à se démarquer cette année dans le cinéma hollywoodien. Avec une intense chasse à l’homme qui baigne dans une atmosphère glauque (sous la direction photo de Roger Deakins), on ne peut qu’associer une telle tension à des classiques comme THE SILENCE OF THE LAMBS. Malgré quelques petites failles au scénario, les personnages complexes soutenus par des performances remarquables et la mise en scène de Villeneuve vous cloueront au bout de votre siège.

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9. THE DIRTIES

Matt Johnson | Canada | 80 min | Drame

Tourné pratiquement sans scénario, THE DIRTIES raconte comment de jeunes cinéastes vont en venir à faire une fusillade dans leur école secondaire. Mené par Matt Johnson, le réalisateur du film et acteur principal (qui garde son nom dans l’histoire), on assiste à une réflexion très poussée sur ce qui pousse des individus à commettre l’irréparable. Mais avec le timing comique de Johnson, le film prend une forme assez unique, passant du (faux) documentaire à la fiction, du comique au dramatique. Une vision unique, sur un sujet qu’on aurait pu croire saturé.

8 12 years a slave

8. 12 YEARS A SLAVE

Steve McQueen | États-Unis, Angleterre | 134 min | Drame, biographie, Histoire

Malgré tous les dires, j’avais peu d’attente face au dernier film de Steve McQueen, craignant le mélodrame destiné à l’Oscar de l’année. Mais en abordant le propos de façon très émotive, et avec une mise en scène qui prend le temps de souligner les moments dramatiques, McQueen nous fait vivre toute l’intensité de cette période de l’histoire qui a rarement été traitée avec un réalisme aussi percutant. En plus de la grande performance de Chiwetel Ejiofor dans le rôle principal, je me dois aussi de souligner les rôles secondaires; Paul Dano (sa deuxième performance décalée de l’année après PRISONERS), Michael Fassbender (et son accent américain), et Benedict Cumberbatch (dans son 72e rôle de l’année).

VIC-FLO-SAW-BEAR

7. VIC + FLO ONT VU UN OURS

Denis Côté | Canada (Québec) | 95 min | Drame, comédie noire

Un autre film complètement décalé signé Denis Côté. Le cinéaste divise beaucoup la critique avec son approche semi-expérimentale habituelle, mais ici on assiste à quelque chose de plus… standard au niveau narratif? Le mot « standard » me semble très étrange pour un film de Côté, alors qu’encore ici il se permet un changement de genre graduel, passant du drame très humain, au thriller corrosif. Le tout est présenté avec des émotions à l’état brut, quelques personnages bien colorés (fidèle à son habitude), et une finale coup de poing. Mon film québécois de l’année.

6 blackfish

6. BLACKFISH

Gabriela Cowperthwaite | États-Unis | 83 min | Documentaire

Après mon écoute de BLACKFISH, j’étais fâché, offusqué, j’ai même pleuré. Documentaire choc sur l’inhumanité derrière les parcs aquatiques comme Sealand où des orques sont gardées en captivités, c’est le genre de film qui nous prend tellement au cœur qu’on commence à s’emporter devant son écran (heureusement, je l’ai vu à la maison, me laissant libre de scander ma colère à mon écran). En plus des entrevues plus classiques, le film est un impressionnant travail de montage, utilisant des archives de catastrophes s’étant produites au travers des années dans ce genre d’endroit.

5 gravity

5. GRAVITY

Alfonso Cuarón | États-Unis | 91 min | Science-fiction, thriller

L’expérience de l’année au cinéma, à voir en IMAX 3D, tout le tralala. Alfonso Cuarón revient avec ses prouesses techniques, donnant un réalisme à cette aventure spatiale, qui donne pratiquement l’impression que le film a été tourné en orbite. Des plans-séquences qui nous gardent en haleine, de magnifiques moments où les personnages flottent dans le vide, une histoire simpliste mais chargée en tension. Cuarón prouve encore que le blockbuster hollywoodien n’a pas besoin d’être destiné à un public à l’intellect d’un enfant de cinq ans pour être efficace!

4 before midnight

4. BEFORE MIDNIGHT

Richard Linklater | États-Unis | 109 min | Drame, Romance

En 2013, j’ai rencontré Jesse et Céline, les personnages de la trilogie BEFORE de Richard Linklater, chacun réalisé à neuf ans d’écart l’un de l’autre. Après deux premiers chapitres quasi parfaits, nous faisant grandir avec eux dans leur relation, comment était-ce possible de viser aussi juste une troisième fois? Pari tenu, on les retrouve neuf ans plus tard dans une nouvelle étape de leur vie. À travers un naturel dans les dialogues comme j’en ai rarement vu, le film offre un troisième discours, autant en symbiose avec les deux premiers films, que complètement original dans son approche. J’ai déjà hâte de retrouver Jesse et Céline dans 9 ans…

3 big bad wolves

3. BIG BAD WOLVES

Aharon Keshales et Navot Papushado | Israël | 110 min | Comédie noire, thriller

Le deuxième film dans mon top 10 à traiter d’un enlèvement d’enfant (avec PRISONERS)… c’est une thématique cette année? Mais le scénario est très différent de ce qu’on peut s’attendre avec comme sujet la pédophilie, et avec entres autres des scènes de torture intense; c’est très drôle. Jonglant entre la comédie et l’horreur de façon hyper fluide, les cinéastes israéliens Aharon Keshales et Navot Papushado présentent cette histoire sordide qu’on a vue plusieurs fois déjà, mais sous un tout nouveau regard. Une belle maitrise d’un sujet délicat, des ambiances remplies de tension, et des « punchs » comiques bien placés. Un peu comme si LES SEPT JOURS DU TALION pouvait nous faire rire à gorge déployée.

Film Fall Preview2. THE WOLF OF WALL STREET

Martin Scorsese | États-Unis | 180 min | Comédie dramatique

Scorsese est de retour en grand, avec une comédie épique de trois heures, qui raconte la montée et la descente d’un « loup » de Wall Street. L’ambition de la production, le rythme délirant du film et les multiples personnages colorés ne peuvent que nous rappeler des classiques du cinéaste comme GOODFELLAS. Bien que controversé, l’humour parfois « premier niveau » prend des proportions extravagantes sous les commandes de Scorsese. Mais celui qui mène ce grand spectacle c’est Leonardo DiCaprio, dans un rôle très complexe, jouant l’évolution du personnage de façon très fluide tout au long du film. Son génie sort spécialement dans une scène particulière, où il reçoit les agents du FBI sur son bateau.

1 dallas buyers club

1. DALLAS BUYERS CLUB

Jean-Marc Vallée | États-Unis | 117 min | Drame

D’abord, il y a Matthew McConaughey qui vient de faire un radical 180 dans sa carrière, tenant ici le rôle-titre. Il est méconnaissable, tant psychologiquement que physiquement, tenant un rôle de composition qui garde le film chargé en émotion. À ses côtés, Jared Leto, dans un grand rôle où il se transforme aussi entièrement pour devenir la transsexuelle Rayon, nous faisant s’attacher à lui (elle) dès ses premières scènes. Finalement, il y a le réalisateur Jean-Marc Vallée, qui exécute une mise en scène plus sobre que ses productions québécoises, mais qui répond parfaitement à l’histoire, accompagnée de la magnifique direction photo de Yves Bélanger exécutée presque entièrement en lumière naturelle. Réaliste, captivant, très rythmé et bien balancé à tous niveaux, le film a en plus la qualité d’être très accessible. Je le suggère donc à tous, des moins initiés aux cinéphiles plus pointus. Bien hâte de voir votre prochaine œuvre, monsieur Vallée.

En me limitant à 10 films, plusieurs de mes favoris ne sont pas mentionnés. Et pourtant, ils en valent la peine. Si je pouvais pousser à 15, voici très brièvement ceux qui suivraient…

11 l'inconnu du lac

11. L’INCONNU DU LAC

Alain Guiraudie | France | 100 min | Thriller, drame

Une ambiance froide et unique en huis clos, qui nous fait passer d’une romance (quasi-hardcore) à un thriller. Qu’on adore ou qu’on déteste, L’INCONNU DU LAC est définitivement un des films les plus différents de l’année. Dois-je spécifier le NSFW?

12 thanatomorphose

12. THANATOMORPHOSE

Éric Falardeau | Canada (Québec) | 100 min | Horreur

Dans la lignée des films de la vague Body Horror, notamment les premiers de Cronenberg, Éric Falardeau raconte la décomposition physique et psychologique d’une jeune femme dans son appartement. Bien que très (très très) gore, le tout est bien justifié par la grande intelligence derrière le symbolisme dans le scénario.

13 inside llewyn davis

13. INSIDE LLEWYN DAVIS

Ethan Coen et Joel Coen | États-Unis, France | 104 min | Drame

Un peu plus doux et mélancolique que leurs précédents films, ce dernier des frères Coen traite d’un artiste incompris et tourmenté. Malgré l’antipathie qu’on peut avoir face au personnage, les cinéastes nous font nous attacher graduellement à lui en nous montrant que nous avons tous un Llewyn Davis à l’intérieur de nous.

1170481 - This Is The End

14. THIS IS THE END

Evan Goldberg et Seth Rogen | États-Unis | 107 min | Comédie

(Note de l’éditeur: SPOILER)

Je n’ai pas vu LA VIE D’ADÈLE, mais j’ai vu Seth Rogen sur un segway en compagnie des Backstreet Boys. Probablement le film le plus drôle de l’année, un gros inside joke hollywoodien. Oh! Et on voit le pénis géant de Satan.

15 VHS2

15. V/H/S/2

Simon Barrett, Jason Eisener, Gareth Evans, Gregg Hale, Eduardo Sanchez, Timo Tjahjanto, Adam Wingard | États-Unis, Canada, Indonésie | 96 min | Horreur

Cinq histoires d’horreur tournées en « première personne », par cinq cinéastes qui font leurs places dans le cinéma d’horreur actuel. Le segment se déroulant dans une secte, réalisé par Timo Tjahanto (THE RAID), est un des moments de cinéma les plus intenses que j’ai vécu cette année.

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