Top 10 d’Olivier Bouchard

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29 décembre 2013 par Olivier Bouchard

topbann

C’est le temps des tops 10. Une tradition. J’y adhère. Voilà.

10 grandmaster

10. THE GRANDMASTER[S] (YI DAI ZONG SHI)

Wong Kar-wai | Hong Kong, Chine | 130 min | Action, arts martiaux, drame

Gros numéro 10. Wong représente un trou noir de ma filmographie, n’ayant même pas vu IN THE MOOD FOR LOVE (qu’on me mette sur l’échafaud). Je ne suis pas le plus grand fan, dirais-je. N’empêche que THE GRANDMASTERS, avec un « s » s’il-vous-plaît, m’a émerveillé, malgré les critiques. Le réalisateur maitrise admirablement l’épique-intimiste, quoi que cela veuille dire, et le résultat est magnifique. Alors que la beauté cinéma se limite trop souvent qu’à des images composées, Wong sait, lui, arranger tous ses éléments pour la beauté. Ou la grâce, plutôt. Pourquoi pas. C’est plus beau ainsi. La grâce.

9 manakamana

9. MANAKAMANA

Stephanie Spray et Pacho Velez | Népal, États-Unis | 118 min | Documentaire

Peut-être le plus bizarroïde de ma liste, il m’en faut bien un chaque année. Film expérimental du SEL (Sensory Ethnography Lab), le même groupe qui a donné LEVIATHAN l’an passé. Beaucoup plus calme que ce dernier, toutefois, MANAKAMANA n’est composé que de onze plans tranquilles et contemplatifs qui, coup sur coup, font état d’une société en changement tout comme du sublime naturel.

VIC-FLO-SAW-BEAR

8. VIC + FLO ONT VU UN OURS

Denis Côté | Canada (Québec) | 95 min | Drame, comédie noire

Quoi que l’on dise, Côté me semble être le réalisateur québécois qui a la plus grande reconnaissance internationale. Bien plus que nos talentueux jeunots, il est en parfait contrôle de ses moyens et, par le fait même, de son œuvre. VIC + FLO, conte cruel sacrément violent, est autant un film incroyable que la création d’un artiste qui travaille, à chaque film, son œuvre entière.

7 camille claudel

7. CAMILLE CLAUDEL 1915

Bruno Dumont | France | 95 min | Drame

Dire « le film le plus accessible de Bruno Dumont » est presque une mauvaise farce. CAMILLE CLAUDEL 1915 l’est, ce film, mais reste tout de même un film austère et terrifiant sur toute sa longueur. Dumont n’y atteint peut-être pas les sommets de HORS SATAN, mais il tourne tout de même certaines des plus belles, et des plus subtiles dans leurs émotions, scènes de l’année.

6 grand central

6. GRAND CENTRAL

Rebecca Zlotowski | France, Autriche | 94 min | Drame, romance

Il m’a stressé, ce film. Partiellement, c’est par la justesse avec laquelle le travail dans les centrales nucléaires est présenté qui m’a fait cet effet, mais le film, loin de se contenter à l’esthétique sociale, en fait beaucoup plus. Le milieu social utilisé n’y est pas étendard d’un message bien-pensant, mais plutôt un lieu habité par une violence latente qui s’apprête à faire surface. Ce qui m’a surtout stressé, c’est l’attente de celle-ci, qui est magistralement orchestrée ici.

5 upstream color

5. UPSTREAM COLOR

Shane Carruth | États-Unis | 96 min | Drame

Les films qui prennent les grands airs m’énervent souvent. Pour beaucoup de réalisateurs, il semble que, encore plus aujourd’hui qu’auparavant, de mettre un ralenti sur ses images est la plus grande force d’évocation qu’ils possèdent. Les films sont de plus en plus sujets à l’esthétique des vidéoclips et, à mon sens, on confond beaucoup trop souvent la beauté de l’image à la vulgarité de cette esthétique. C’est le syndrome de plusieurs réalisateurs contemporains de tourner de belles images qui ne répondent en aucun point aux autres éléments de leur film. UPSTREAM COLOR est assurément un film qui prend les grands airs et qui, en quelque sorte, avec ses allures design trop parfaites et sa prédominance de la trame sonore, est habité par l’esthétique vidéoclip. Par contre, et c’est peut-être parce que Shane Carruth se retrouve à tous les niveaux de la production du film, la façon dont tous ces éléments se répondent est, elle, purement cinématographique. D’une réelle beauté cinématographique.

4 la vie d'adele

4. LA VIE D’ADÈLE

Abdellatif Kechiche | France, Belgique, Espagne | 179 min | Drame, romance

Tout a été dit sur ce film.

3 gravity

3. GRAVITY

Alfonso Cuarón | États-Unis | 91 min | Science-fiction, thriller

Il me semble qu’en s’attardant à la relative simplicité du scénario, beaucoup passent à côté de ce qu’est réellement GRAVITY. Le film est devenu sujet à des attentes impossibles lorsque les premiers échos des festivals le comparaient à 2001 de Kubrick, comparaison qu’il a certes entretenue avec une imagerie phallique superflue et un peu bas de gamme. GRAVITY est beaucoup plus JAWS que 2001 toutefois, c’est une réinvention complète du thriller grâce à un nouveau contexte rendu possible grâce à l’avancée technologique. Vu sur cet angle, il est pour moi un grand film.

2 le meteore

2. LE MÉTÉORE

François Delisle | Canada (Québec) | 85 min | Drame, expérimental

En faisant fi du nombre d’entrées (et pourquoi s’y attarder, alors que les plus grands films sont rarement ceux qui font les meilleurs chiffres), ce fût une belle année pour le cinéma québécois. LE MÉTÉORE s’élève facilement, pour moi, au-dessus de tous les autres car, dans une cinématographie qui, avec le temps, est devenue plutôt molle, c’est un film qui, un, demande autant de culot que de vision et, deux, démontre un désir de faire plus avec le cinéma. Des cinéastes prêts à expérimenter avec le médium à ce point, ce n’est pas qu’au Québec qu’ils sont rares (ils y sont presque inexistants), mais tout simplement dans la cinématographie mondiale. LE MÉTÉORE est mon numéro deux et, ce, contre les films du monde entier.

1 inconnu du lac

1. L’INCONNU DU LAC

Alain Guiraudie | France | 100 min | Thriller, drame

Je parlais de réinvention du genre avec GRAVITY, L’INCONNU DU LAC l’est, aussi, une réinvention du thriller, mais aussi beaucoup plus. En premier lieu, il est le film le plus mature par rapport à la sexualité qu’il présente dans une année où la présence d’une scène de sexe simulée est assez pour énerver une presse en manque de scandales. Ici, la sexualité est réelle littéralement comme dans sa présentation. Elle peut être vue comme drôle, érotisant ou non dépendamment du point de vue, et singulière. Aussi, en comparaison avec tous les autres films que j’ai cités, L’INCONNU DU LAC est l’œuvre la moins capricieuse. Alors que plusieurs autres sont habités par des afféteries inhérentes à leur vision, le film de Guiraudie me semble parfaitement contrôlé. C’est un film extrêmement complexe qui prend toutefois son temps et se laisse découvrir sans faire la pose pour le spectateur. C’est une œuvre à part, impossible à catégoriser et, ce, malgré son appropriation du thriller, et qui est, tout simplement, le meilleur film que j’ai eu la chance de voir cette année.

Une réflexion sur “Top 10 d’Olivier Bouchard

  1. […] serais bien tenté de reprendre les mots de mon collègue Olivier Bouchard, tout a été dit sur ce film-évènement. Ou alors de vous […]

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