Quand les émotions dépassent les mots

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21 novembre 2013 par Delphine Larose

demantelement

C’est avec Le DÉMANTÈLEMENT que Sébastien Pilote nous revient en force pour son deuxième long-métrage, suivant l’acclamé LE VENDEUR qui avait vu l’affiche en 2011. On avait beaucoup entendu parler du DÉMANTÈLEMENT suite à sa présence à Cannes en mai dernier, mais c’est seulement depuis vendredi dernier que le public québécois peut apprécier l’œuvre de Pilote.

LE DÉMANTÈLEMENT, c’est l’histoire d’un père de famille qui, vivant seul depuis des années, s’occupe de sa bergerie en campagne profonde québécoise. Gaby (Gabriel Arcand), homme de peu de mots mais d’une grande sensibilité, a vu sa femme et ses filles partir avec le temps, le laissant entouré de son chien et de ses moutons. C’est un jour où sa fille ainée (Lucie Laurier) vient le visiter que ce dernier voit sa vie prendre un tournant différent. Celle-ci qui est en démarche de divorce avec son mari, se voit sans le sou et demande de l’aide à son père. N’ayant que sa maison et ses moutons, Gaby décide de tout démanteler pour permettre à sa fille et ses petits-enfants d’avoir un avenir moins difficile. Du jour au lendemain, l’éleveur change sa destinée, et ce, sans en parler à personne. Entouré de ses moutons, Gaby fait peu à peu son détachement à ce qui a été son univers pendant plus de 20 ans. 

D’une grande sensibilité, Sébastien Pilote a su capter l’essence même de la relation que peut avoir un éleveur avec son troupeau. Avec l’aide d’images à couper le souffle, on nous montre un Gabriel Arcand en union parfaite avec la nature qui l’entoure. Peu de dialogues sont nécessaires dans son cas pour nous transmettre une foule d’émotion, passant par la comédie autant que par la tristesse profonde du personnage. Arcand crève l’écran, et ce, dès les premières minutes du film. La puissance des relations qui l’entoure, que ce soit avec ses moutons, ses filles, ou son ami comptable (à noter la performance de Gilles Renaud qui apporte une grande touche d’humour à certains moments), montre la nature vraie et sincère du personnage d’Arcand. Il faut également mentionner l’excellence de Sophie Desmarais qui est présente que vers la fin du film. Jouant la fille cadette de Gaby, cette dernière vient donner un coup de main pendant les jours précédant le démantèlement de la bergerie. Rempli de compassion, de réconfort et de tendresse, le personnage de Desmarais vient mettre un baume sur l’âme brisée de son père. 

Outre la performance exemplaire des acteurs, la qualité visuelle du DÉMANTÈLEMENT est digne d’un film de Terrence Malick. On retrouve des plans à la DAYS OF HEAVEN, aux effluves pastoraux nous montrant la perfection et la symbiose entre l’homme et la nature. Les scènes où Gaby promène son troupeau au coucher du soleil sont à couper le souffle. L’utilisation de la lumière est exemplaire; que ce soit des plans extérieurs que ceux à l’intérieur de la bergerie.

Il est impossible de rester indifférent au DÉMANTÈLEMENT. Ayant côtoyé ou non le monde de l’agriculture, ce film de Sébastien Pilote touchera tout un chacun d’une certaine manière. Quoi qu’il en soit, LE DEMANTELEMENT reste une ode aux agriculteurs québécois, qui depuis des siècles dédient corps et âme à leur métier.

8

Le Démantèlement – 2013 – 111 min – Canada – Sébastien Pilote

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