Amour Romantique

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3 octobre 2013 par Olivier Bouchard

volcano

VOLCANO risque malheureusement de souffrir de sa diffusion au Québec. Gagnant, en 2011, de la Louve D’Or au Festival du Nouveau Cinéma, le film arrive finalement dans les salles du Québec presque deux années plus tard. Entretemps, AMOUR, la Palme D’Or d’Haneke, qui traite d’un sujet similaire, a eu le temps de laisser sa marque. En fait, les films sont semblables au point de partager des développements communs. La comparaison semble inévitable. Toutefois, si le premier long-métrage de Rúnar Rúnarsson n’atteint pas les sommets du film de son homologue,  il porte un regard assez singulier sur son sujet pour être capable de se valoir en lui-même.

Ce qui démarque VOLCANO, principalement, c’est son essence romantique.

Je parle de romantisme dans le sens de l’histoire de l’art, et non dans le sens fleur bleue, s’entend.

Ainsi, les décors naturels de l’Islande prennent ici une valeur émotive implicite. La nature devient un facteur dramatique important, chose apparente même dans le choix du titre. Ceci dit, Rúnarsson n’en abuse pas, la majeure partie du film se déroulant en intérieur. Les décors naturels ne viennent prendre leur importance que dans des moments clés, ou sont évoqués lors de dialogues, et sont en quelque sorte l’échappée poétique d’un film globalement très terre à terre.

Le protagoniste s’y place en contraste. À la beauté mélancolique d’un monde indifférent est opposé un homme froid et grincheux. Si, et ce sont les principales bévues du film, son caractère antipathique est fortement appuyé et que sa rédemption certaine est attendue, Rúnarsson prend tout de même le temps d’étayer son personnage principal avec des scènes qui présentent sont intériorité de façon plus subtile. Il reste crédible, malgré certains passages plus superflus qui semblent n’être présent que pour le caractériser, et son cheminement, celui qui le mène de vieux grincheux à homme humble, en est touchant et, mieux encore, porteur de sens.

Toutefois, hormis son caractère romantique, VOLCANO lorgne légèrement un type de cinéma austère qui tend un peu trop à s’uniformiser. Ceci dit, il est fait avec assez de maitrise pour être notable et, s’il n’a pas la force de certains de ses semblables, c’est plutôt par retenue que par manque.

Ici, tout sentiment est intériorisé au possible et la mise en scène n’a rien de très expressif. Je reviens sur le point du romantisme : la principale expression vient du décor, c’est tout. Pour le reste, une bonne part est laissée au jugement du spectateur, à qui il revient de déterminer l’intention et, au passage, la valeur des actes du protagoniste.

Somme toute VOLCANO est un film qui ne surprend guère et, peut-être, aujourd’hui, encore moins qu’à l’année de sa production. On ne saurait lui en tenir compte, par contre, tant il préfère sa méticulosité à des effets émotifs. Il s’installe lentement, presque indiciblement, pour créer l’affect de l’intérieur. Ce n’est peut-être pas l’expérience la plus marquante à vivre au cinéma et, sur le long terme, le film risque de se perdre parmi ses semblables, mais il reste tout de même une preuve indéniable d’un cinéaste prometteur et, en lui-même, une œuvre parfaitement honorable.

7

Volcano – 2011 – 99 min – Islande, Danemark – Rúnar Rúnarsson

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